sam. Juin 27th, 2026

Les temps changent. L’équilibre des pouvoirs dans ce qui semble être une lutte éternelle entre les experts et le grand public s’est sensiblement modifié, avec les premiers en perte de vitesse et les seconds gagnant en influence.

Cette évolution s’est particulièrement manifestée à travers les récentes annonces et selfies provenant du flamboyant domaine de Mar-a-Lago. Les experts ont souvent tendance à se moquer de ce qu’ils perçoivent comme une vision simpliste de la vie des riches. En revanche, ceux qui sont plus à l’écoute des aspirations du public rétorquent que cet endroit a été bâti grâce à des bénéfices issus de la vente de céréales pour le petit-déjeuner.

Le changement le plus frappant a été observé ce mardi, non pas à Mar-a-Lago ou à Washington, mais dans la Silicon Valley, avec Mark Zuckerberg, le propriétaire de Meta et de Facebook, portant un pull à manches longues, une chaîne en or et une montre estimée à 900 000 dollars.

Par le passé, Zuckerberg a souvent été du côté des experts, cherchant à contrôler l’information accessible au public. Après l’élection de 2016, sous la pression des élites libérales qui accusaient la “désinformation” d’avoir contribué à la chute d’Hillary Clinton et à l’élection de Donald Trump, Zuckerberg a recruté des entreprises de vérification des faits pour restreindre les informations diffusées sur Facebook.

En suivant les conclusions de ces “vérificateurs de faits”, Facebook a coopéré à la suppression des informations révélées par le New York Post concernant le contenu de l’ordinateur portable de Hunter Biden.

De plus, comme je l’ai mentionné en 2021, Facebook avait également bloqué activement des articles stipulant que le virus responsable de la COVID-19 provenait d’une fuite de laboratoire en Chine, bien qu’il ait atténué ses efforts lorsque la Maison Blanche Biden a ordonné une enquête sur cette hypothèse.

À ce moment-là, il était embarrassant de constater que Facebook agissait sous les ordres du Parti démocrate et d’experts, tels que le Dr Anthony Fauci. Au lieu de faciliter la circulation d’informations, Facebook étouffait des vérités gênantes au profit des élites.

Cependant, Zuckerberg a récemment suggéré que cette stratégie n’était peut-être pas la meilleure. “Nous avons atteint un point où il y a trop d’erreurs et trop de censure,” a-t-il reconnu, annonçant qu’il cherchait à “restaurer la liberté d’expression sur nos plateformes”.

D’ailleurs, il a pris des mesures concrètes en annonçant la fin des vérificateurs de faits au profit de notes communautaires, inspirées de X. Le libre marché s’est de fait exprimé avec des commentaires élogieux pour le changement de direction, tels que ceux d’Alex Tabarrok, qui a affirmé qu’“Elon achetant Twitter, c’est sauver le monde”.

Selon Zuckerberg, “les vérificateurs de faits” ont été trop politiquement biaisés et ont détruit plus de confiance qu’ils n’ont créé. Comme beaucoup d’experts auto-proclamés, ils reçoivent des critiques de la part du grand public.

De plus, une nouvelle “équipe de modération de contenu” sera déplacée de Californie au Texas, afin de réduire les inquiétudes sur une censure excessive par des employés jugés biaisés. En d’autres termes, on peut s’attendre à des jugements plus objectifs dans un État trumpiste que dans la région de la Baie de San Francisco, qui a voté massivement pour Kamala Harris.

Enfin, cet entrepreneur de la tech, qui avait investi des centaines de millions pour encourager la participation électorale dans les circonscriptions démocrates lors des élections de 2020, promet de “collaborer avec le président Trump pour contrer les gouvernements du monde entier” qui exercent des pressions pour censurer davantage, un défi particulièrement difficile pendant les années Biden.

Il est possible que nous assistions à un changement opportuniste de la part de celui qui, jadis, était critiqué comme le plus grand suppressor de la parole dans l’histoire américaine. Il ne faut pas oublier que Trump lui-même menace la liberté d’expression en attaquant par exemple l’enquêtrice des sondages d’Iowa, Ann Selzer, pour des résultats erronés.

Il est intéressant de noter que les électeurs les plus instruits, souvent fiers de leur prétendue éthique, ont été les plus fervents défenseurs de la suppression de la “désinformation”, alors qu’une grande partie de celle-ci s’est révélée être vraie ces dernières années.

Les libéraux aisés semblent avoir une aversion au risque, désireux d’imposer des restrictions liées à la COVID-19 qui n’offraient que peu de protection tout en engendrant des dommages, ou des mandats environnementaux, tels que les subventions pour les véhicules électriques, qui limitent légèrement les émissions de carbone tout en menaçant les moyens de subsistance de milliers de personnes.

Cette aversion au risque est en tension avec l’audace et la créativité de pionniers comme Zuckerberg et Elon Musk, ainsi qu’avec les aspirations du grand public, qui est prêt à faire des sacrifices pour de bonnes causes tout en refusant d’être trompé et privé de vérité par des experts qui se considèrent comme leurs supérieurs moraux.

“Changement de paradigme”, conclut Jason Willick du Washington Post. Reste à voir si cette dynamique perdurera.

Article original rédigé par : Michael Barone.

Points à retenir

  • La transition de Zuckerberg de la censure à la promotion de la liberté d’expression pourrait marquer un tournant dans la perception de la modération des contenus sur les réseaux sociaux.
  • Les critiques persistentes vis-à-vis des experts et des vérificateurs de faits soulignent une méfiance croissante du public envers l’autorité traditionnelle.
  • Les changements structurels dans les équipes de modération pourraient engendrer une évolution dans la manière dont l’information est gérée et diffusée.

Le débat sur la régulation de l’information et le rôle des plateformes sociales est plus que jamais d’actualité. La lutte entre la nécessité de contrôler la désinformation et le droit à la liberté d’expression soulève des questions fondamentales sur la nature de la démocratie moderne. Quel équilibre devrions-nous rechercher pour garantir un débat public éclairé tout en préservant la diversité des opinions ?


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One thought on “Barone : Facebook libère la parole — victoire des masses, défaite des experts !”
  1. C’est fascinant de voir comment les géants de la tech réévaluent leur rôle dans la diffusion de l’information. Cela pourrait vraiment changer notre façon de consommer les nouvelles.

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