Le coup de gueule de l’autorité de régulation
Le géant des moteurs de recherche, Google, prévoit de réintroduire le “fingerprinting digital” dans cinq semaines, un procédé qui le ramène à surveiller les utilisateurs afin de maximiser ses bénéfices publicitaires.
Pour ceux qui ne sont pas familiers avec le terme, le fingerprinting digital est un processus de collecte de données qui analyse tous vos signaux en ligne (de votre adresse IP à des informations complexes sur votre navigateur) afin d’identifier des utilisateurs ou des appareils uniques.
Le Bureau du commissaire à l’information du Royaume-Uni a qualifié la décision de Google “d’irresponsable” et a déclaré que ce changement réduira les choix et le contrôle des utilisateurs sur la façon dont leurs informations sont collectées. Cette évolution de la politique de Google signifie que le fingerprinting pourrait remplacer les fonctions des cookies tiers.
C’est une démarche surprenante, sachant que Google avait précédemment affirmé que le fingerprinting ne répondait pas aux attentes des utilisateurs en matière de confidentialité, car ces derniers ne peuvent pas accepter aussi facilement cette pratique que les cookies. Par conséquent, ils ne peuvent pas contrôler la manière dont leurs données sont récoltées. En 2019, Google a déclaré : “Nous pensons que cela porte atteinte au choix des utilisateurs et est incorrect.”
Le ICO a précisé qu’une fois la nouvelle politique mise en œuvre, le 16 février 2025, les organisations utilisant la technologie publicitaire de Google pourront recourir au fingerprinting sans enfreindre les propres règles de Google.
Cette modification est assez radicale. Là où des restrictions claires existaient auparavant, la nouvelle politique supprime cette prohibition (permettant ainsi ces pratiques) et nécessite désormais seulement une divulgation.
Le message se termine par un avertissement : ceux qui espèrent utiliser le fingerprinting à des fins publicitaires “devront démontrer comment ils se conforment aux exigences de la législation sur la protection des données, y compris en fournissant aux utilisateurs de la transparence, en garantissant un consentement librement donné, en assurant un traitement équitable et en respectant des droits tels que le droit à l’effacement.”
Le chercheur en sécurité et en vie privée, Lukasz Olejnik, s’interroge sur le fait que cette décision de Google pourrait constituer la plus grande érosion de la vie privée depuis dix ans.
Selon lui, cela marque la fin d’une décennie de progrès en matière de confidentialité sur Internet et le web.
Certaines analyses laissent penser que cette approche de la vie privée en ligne pourrait annoncer des attitudes similaires vis-à-vis d’autres produits futurs de Google, notamment dans le domaine de l’intelligence artificielle.
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Points à retenir
- Le fingerprinting digital est une méthode de collecte de données permettant d’identifier des utilisateurs uniques, posant des questions sur la confidentialité en ligne.
- Le Bureau du commissaire à l’information britannique considère cette décision de Google comme une menace pour les droits des utilisateurs.
- À compter de février 2025, les entreprises pourront utiliser le fingerprinting pour des publicités sans contrevenir aux règles de Google existantes.
Dans ce contexte, il est légitime de s’interroger sur l’avenir de la confidentialité sur Internet. Les utilisateurs doivent-ils s’adapter à ces changements ou les entreprises technologiques sont-elles tenues de trouver un équilibre qui respecte leurs droits ? La discussion sur la manière dont les données sont collectées et utilisées revêt une importance cruciale pour une société de plus en plus numérique.
La réintroduction du fingerprinting par Google pourrait sérieusement nuire à la confidentialité en ligne. Pouvons-nous encore faire confiance à des entreprises qui privilégient les profits sur nos droits ?
La décision de Google sur le fingerprinting soulève vraiment des préoccupations sérieuses pour la vie privée des utilisateurs. Il est temps de discuter de l’équilibre entre innovation et protection des données.
La réintroduction du fingerprinting par Google, c’est comme si l’on tenait un pinceau sale sur la toile de nos vies numériques. Notre vie privée mérite mieux, non?