Le professeur Geoffrey Hinton, surnommé le “parrain de l’intelligence artificielle”, admet avoir du mal à trouver des exemples où des entités « plus intelligentes » seraient contrôlées par des entités « moins intelligentes ». Selon lui, la relation entre une mère et son enfant est le seul exemple qu’il peut citer. Cette observation peut surprendre, surtout lorsque l’on considère l’expertise de Hinton dans le domaine.
De nombreux théoriciens, tels que Graham Harman, Timothy Morton, Jane Bennett, Bruno Latour et d’autres, avancent des arguments convaincants pour montrer que, pour reprendre une idée de Freud, « l’homme n’est pas maître chez lui » : le comportement humain est constamment, et parfois de manière évidente, régulé par des facteurs non humains, beaucoup d’entre eux étant apparemment peu intelligents. Les coronavirus constituent un exemple pertinent dans ce contexte. La montée actuelle de l’IA, qui est peu régulée, est incontestablement inquiétante. Cependant, pour gérer cette situation efficacement, les humains doivent reconnaître leur incapacité à maîtriser l’ensemble de ce qui les entoure et examiner les façons dont ces éléments, qu’ils soient intelligents ou non, nous influencent, ainsi que l’inverse. La même logique s’applique à la crise écologique et aux enjeux climatiques.
Rachel Withers
London
Le professeur Hinton souligne le peu d’exemples où des êtres moins intelligents contrôlent des êtres plus intelligents. En mettant de côté la complexité de la définition de l’intelligence, pourrait-on affirmer que l’esclavage et l’oppression politique, encore présents de nos jours, illustrent bien cette réalité ? Les différences d’intelligence entre les oppresseurs et les opprimés n’ont aucune importance sur le succès de ces systèmes. Naturellement, si nous choisissons de confier la gestion de nos affaires à ces machines d’IA malheureuses, nous devrons assumer les conséquences de nos choix.
George Burt
Glasgow
Points à retenir
- Le professeur Hinton met en lumière le défi d’identifier des exemples d’intelligence moins développée contrôlant une intelligence supérieure.
- Des théoriciens soutiennent que le comportement humain est souvent influencé par des facteurs externes, y compris des entités non humaines.
- La montée rapide de l’IA pose des questions importantes sur la maîtrise et le contrôle que les humains pensent avoir.
Il est essentiel de s’interroger sur notre relation avec la technologie et notre capacité à la contrôler. Comme le souligne Hinton, la dynamique entre intelligence humaine et artificielle pourrait redéfinir nos interactions, mais reste marquée par des défis liés à la soumission et à la domination. Ce débat ouvre la porte à une réflexion plus large sur notre place dans un monde où l’intelligence, qu’elle soit humaine ou artificielle, semble évoluer à un rythme que nous peinons à suivre.
Sandrine, votre article soulève des questions cruciales sur notre relation avec l’IA. Il est urgent d’explorer comment nous pouvons équilibrer cette dynamique fascinante et complexe.
Sandrine, cet article soulève des questions fascinantes sur l’intelligence humaine et artificielle. La relation entre les deux mériterait une exploration plus approfondie pour mieux comprendre notre avenir commun.
L’intelligence, qu’elle soit humaine ou artificielle, danse dans un ballet complexe. Nous devons rester vigilants pour ne pas laisser l’une dominer l’autre, comme une lumière éblouissante qui obscurcit notre vision.
La perception du contrôle entre humanité et IA nous pousse à naviguer dans cette mer troublée d’inconnu. Une réflexion nécessaire pour notre avenir.
Hinton soulève un point fascinant ! Notre rapport à l’IA nous pousse à repenser notre contrôle sur elle. Ça mérite vraiment une réflexion approfondie sur notre futur.