lun. Août 17th, 2026

Le sous-genre de la romance sombre, souvent axé sur des intrigues abordant le suicide, le viol, la pédophilie ou les relations toxiques, fait de plus en plus parler de lui parmi les jeunes lectrices à Barcelone. Ce phénomène est largement alimenté par TikTok et d’autres réseaux sociaux. Il coïncide avec un engouement mondial pour la romance, qui est actuellement le genre littéraire le plus vendu, particulièrement prisé par les femmes âgées de 14 à 24 ans en Espagne.

Une discordance s’observe au point de vente. Bien que les médias sociaux incitent les adolescentes à acheter ces livres, les professionnels du livre et de l’éducation estiment que ces lectures ne sont pas adaptées aux jeunes de moins de 14 ans en raison de leur contenu sexuel explicite et de la possible normalisation de comportements violents.

Akihito et La Maquinista : Influence de TikTok sur les achats des mineurs

Belén Garrido, libraire à FNAC à La Maquinista, souligne que de nombreuses jeunes filles se rendent seules dans les librairies après avoir découvert ces titres sur les réseaux sociaux. Elle note que ces romans contiennent des scènes sexuelles explicites, souvent empreintes de caractéristiques pornographiques, et que ce contenu est fréquemment présenté de manière romantisée. Selon elle, les éditeurs ne fixent pas d’âge minimum approprié, car les principaux acheteurs de ces ouvrages sont souvent des adolescents.

Parallèlement, la viralité des contenus pour la jeunesse sur les réseaux sociaux suscite de récents débats, comme celui des défis liés à l’intelligence artificielle, largement diffusés parmi les jeunes utilisateurs.

Appel à une lecture critique par les éducateurs et lecteurs

Laia del Amo, éducatrice spécialisée, considère que ce type de lecture n’est pas adapté aux moins de 14 ans. Elle explique que, à cet âge, le cerveau n’est pas encore préparé au traitement de telles informations.

“Ils pourraient normaliser des comportements toxiques, y compris l’agression physique et verbale.” – Laia del Amo, éducatrice spécialisée

Del Amo lie le succès de ce sous-genre à l’attraction du tabou et du macabre. Pour elle, le problème ne réside pas uniquement dans l’impact d’une scène isolée, mais dans la répétition de schémas de domination et de violence au sein des récits consommés dès le plus jeune âge.

Mixa, présidente de l’Associació de Joves Lectors Catalans, fait remarquer que la romance sombre agit comme une fantasy érotique et ne convient pas à tous les lecteurs. Cependant, elle insiste sur l’importance d’accompagner la lecture d’une pensée critique et d’une supervision adulte.

Elle évoque la pression sociale au cœur de ce phénomène, soulignant que lire les mêmes livres que ses pairs permet d’éviter de se sentir exclu des conversations et des recommandations qui circulent sur des plateformes comme TikTok.

La romance : 15,5 % des lecteurs, 28 % chez les jeunes femmes

Les données de Nielsen BookScan révèlent que la romance est le genre littéraire le plus prisé sur le marché mondial.

En Espagne, 15,5 % des lecteurs choisissent la romance comme genre préféré, un chiffre qui grimpe à 28 % chez les femmes de 14 à 24 ans. Cette différence éclaire pourquoi les maisons d’édition concentrent une partie de leur offre sur ce segment, ainsi que pourquoi le débat sur le contenu atteint désormais les librairies et les familles.

Belén Garrido rappelle que les maisons d’édition ne fixent généralement pas d’âge minimum, constatant que ces titres sont principalement acquis par des adolescents et des jeunes adultes.

Points à retenir

  • La romance sombre attire de plus en plus les jeunes lectrices, influencées par les réseaux sociaux.
  • Les professionnels de l’éducation expriment des inquiétudes concernant l’impact de ce genre sur les jeunes esprits.
  • Il est crucial que les lectures soient accompagnées d’une supervision et d’une réflexion critique.
  • La pression sociale joue un rôle important dans les choix de lecture des adolescents.
  • Les données montrent que la romance est le genre le plus populaire, particulièrement parmi les jeunes femmes.

Il est intéressant de constater qu’un tel engouement pour des œuvres si controversées suscite des débats sur l’influence des médias sociaux dans le choix des livres. En tant que membre de la société, je me demande comment nous pouvons mieux accompagner nos jeunes dans leurs découvertes littéraires, et quelles responsabilités reviennent à l’industrie de l’édition pour orienter ces choix. Ne serait-il pas opportun d’instaurer des dialogues sur les effets des histoires que nous consommons, même lorsque cela touche des sujets sensibles?


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By Sandrine Dubois

Sandrine Dubois est une Journaliste indépendante trilingue, elle est née sur île de la Grenade, puis a fait ses études aux Etats-Unis à l' "University of Northern Iowa" , aujourd'hui elle intervient sur différents médias Web pour partager ses compétences dans les thématiques sociétales, business, lifestyle et culture.

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