Suspension des activités médicales à l’hôpital Bashair en raison de violences croissantes
L’organisation humanitaire médicale internationale Médecins Sans Frontières (MSF) a décidé de suspendre toutes ses activités à l’hôpital Bashair Teaching, l’un des derniers hôpitaux encore en fonctionnement dans le sud de Khartoum. Cette décision fait suite à des "attaques violentes répétées contre les patients et le personnel". L’organisation a également dénoncé "une attaque odieuse contre une ambulance" dans la capitale du Nord-Darfour, El Fasher, survenue vendredi, qui a coûté la vie à un passager.
Dans des déclarations distinctes faites ce week-end, MSF a exprimé sa préoccupation face aux violences persistantes à l’encontre des patients et du personnel à l’hôpital Bashair, situé dans une zone de Khartoum contrôlée par les Forces de Soutien Rapide (FSR). "Malgré des engagements répétés avec toutes les parties prenantes, ces attaques continuent de se produire ces derniers mois. MSF a donc pris la difficile décision de suspendre toutes les activités médicales dans cet hôpital", a indiqué l’organisation.
L’hôpital Bashair a subi de multiples incidents où des combattants armés ont pénétré dans l’établissement, menaçant le personnel médical et exigeant que des membres de leur groupe soient soignés en priorité. MSF a décrit les violations en cours : "La souffrance que nous observons à Khartoum est immense. La violence intense et extrême se poursuit quotidiennement, tandis que les pénuries de nourriture, de fournitures et d’aide humanitaire plongent les habitants dans une lutte pour la survie. Les besoins médicaux sont écrasants", a déclaré Claire San Filippo, coordinatrice des urgences de MSF.
L’hôpital Bashair est l’un des derniers à offrir des soins médicaux gratuits dans le sud de Khartoum. Depuis fin septembre, cet hôpital a enregistré un afflux de patients victimes de traumatismes violents, les combats s’intensifiant. Souvent, des dizaines de personnes arrivent simultanément après des bombardements sur des zones résidentielles ou des marchés. MSF continue de mener des opérations dans 11 États du Soudan, y compris la ville d’Omdurman à Khartoum, et espère pouvoir reprendre ses activités dans cet hôpital à l’avenir.
Attaque d’une ambulance au Nord-Darfour
Dans un communiqué distinct, MSF a condamné une attaque inacceptable visant une ambulance clairement marquée aux couleurs de l’organisation, qui transportait une femme en travail nécessitant une intervention chirurgicale d’urgence. "L’ambulance a été attaquée à El Fasher par un tireur inconnu. Un des accompagnateurs a été blessé par les balles et est décédé après que l’équipe ait atteint l’hôpital saoudien", a déploré MSF. C’est la deuxième attaque de ce type subie par une ambulance de MSF en moins d’un mois dans cette région.
Michel Olivier Lacharité, responsable des opérations d’urgence de MSF, a exprimé son horreur face à cette attaque mortelle contre un personnel humanitaire : "Notre priorité est de soutenir les personnes attaquées et manifestement choquées par cet incident. Nous devons également dialoguer avec tous les acteurs armés présents sur le terrain pour comprendre ce qui s’est passé et obtenir des garanties concernant le respect mené par les ambulances, le personnel médical et les établissements de santé pour continuer leurs opérations."
Points à retenir
- Contexte de la suspension : MSF suspend ses activités en raison d’une escalating violence envers le personnel et les patients dans un hôpital sous contrôle des Forces de Soutien Rapide.
- Vulnérabilité des établissements médicaux : L’hôpital Bashair a subi des intrusions armées, compromettant la sécurité des soins.
- Passage en urgence : Les niveaux de traumatismes violents ont augmenté, rendant la situation médicale alarmante.
- Attaque contre une ambulance: Une ambulance de MSF a été attaquée, entraînant une perte de vie, soulignant le danger pesant sur les opérations humanitaires.
- Engagement persisté : MSF demeure impliquée dans d’autres régions, espérant revenir à Bashair lorsque les conditions le permettront.
Cette situation complexe rappelle la fragilité de l’accès aux soins en temps de conflit et les défis auxquels font face les organisateurs humanitaires. La protection des employés et des patients doit être une priorité, et il est crucial que les forces en présence trouvent un terrain d’entente pour garantir la sécurité des opérations médicales. Quelles solutions pourraient être mises en œuvre pour améliorer la sécurité des lieux de soins et assurer une protection adéquate des ambulances en zone de conflit ?
C’est vraiment triste de voir que les hôpitaux deviennent des cibles. La santé des gens devrait être une priorité, surtout en temps de conflit. Espérons que la situation s’améliore.