sam. Juin 27th, 2026

La récente vente massive sur le marché obligataire plonge un voile d’incertitude sur la stratégie gouvernementale concernant l’intelligence artificielle (IA). Investisseurs et électeurs s’interrogent sur les sources de croissance de l’économie britannique.

Keir Starmer et la chancelière Rachel Reeves estiment que l’IA représente une part significative de cette réponse.

Le Royaume-Uni possède de réelles atouts en matière d’IA, qui peut être définie comme des systèmes informatiques effectuant des tâches normalement réservées à l’intelligence humaine – allant de la synthèse de documents à l’évaluation des symptômes d’un patient en passant par la rédaction d’emails.

Parmi ces atouts figurent des recherches de haute qualité et des talents d’ingénierie issus des universités britanniques, ainsi qu’un certain nombre d’entreprises de premier plan dans le domaine de l’IA, avec en tête Google DeepMind, fondée au Royaume-Uni.

Cependant, le gouvernement est conscient des défis, notamment la difficulté de construction de centres de données, essentiels pour les systèmes d’IA, au Royaume-Uni. De plus, l’accès à l’énergie nécessaire pour alimenter ces centres pose problème, tout comme la mobilité des talents, frustrés par ces contraintes, et la nécessité de trouver un équilibre dans la réglementation, des aspects de sécurité au droit d’auteur.

« L’IA n’est pas une panacée. Ce n’est pas de la magie », déclare Theo Bertram, directeur du think tank Social Market Foundation. « Mais si vous devez miser sur une opportunité de croissance économique, c’est ici qu’il faut le faire. »

Pourquoi donc le gouvernement place-t-il tant d’espoir dans ce plan élaboré par l’investisseur technologique Matthew Clifford ? La réponse repose en partie sur la productivité, qui mesure l’efficacité d’un travailleur sur une période donnée. Le Fonds monétaire international a prédit que l’IA pourrait accroître la productivité au Royaume-Uni de 1,5 % par an.

La faible productivité a longtemps été un problème pour le Royaume-Uni, notamment en raison de faibles investissements dans des technologies novatrices. On espère que l’IA pourra aider les travailleurs britanniques à produire davantage, ce qui devrait entraîner une augmentation des salaires et permettre un réinvestissement du capital disponible, surtout avec une population vieillissante où le nombre d’actifs va diminuer.

« Si la population en âge de travailler diminue, il faut voir une augmentation drastique de la productivité pour espérer une croissance économique », explique James Knightley, économiste en chef pour ING.

Cette logique s’applique aussi au secteur public, avec une proposition de mise en place de services d’IA au sein des administrations.

En toile de fond, cette perspective d’efficacité, grâce à l’automatisation par l’IA, implique potentiellement des suppressions de postes. L’institut Tony Blair (TBI) estime que plus de 40 % des tâches effectuées par les employés du secteur public pourraient être automatisées, permettant ainsi au gouvernement de réaliser des économies sur la masse salariale.

Le TBI prévoit aussi que l’IA pourrait entraîner la disparition de 1 à 3 millions d’emplois dans le secteur privé, bien qu’il souligne que la hausse nette du chômage devrait rester limitée à quelques centaines de milliers, car cette technologie créera également de nouveaux emplois. Les professionnels du droit, de la finance, les développeurs informatiques, les graphistes et les rédacteurs devront accepter cette perspective dans l’incertitude qui l’entoure.

Néanmoins, pour garantir que le Royaume-Uni joue un rôle prépondérant dans le développement et le déploiement approprié d’une technologie transformative, une stratégie industrielle coordonnée est indispensable. La mise en place de plans industriels à long terme est complexe et nécessite la coopération entre divers secteurs, allant des compétences à l’infrastructure énergétique, en passant par les cadres réglementaires. Ainsi, le gouvernement s’est engagé à mettre en œuvre 50 recommandations, qui incluent la création de « zones de croissance de l’IA » avec des privilèges de planification accélérée et l’amélioration des compétences liées à l’IA.

Cependant, certains éléments de la politique d’IA suscitent des préoccupations, notamment la proposition de constituer des ensembles de données nationaux à partir de données publiques et la récente initiative d’autoriser les entreprises d’IA à entraîner leurs modèles à partir d’œuvres protégées, largement contestée par les secteurs créatifs et les éditeurs.

Pour Starmer et Reeves, la croissance prime avant tout.

Dame Wendy Hall, professeur d’informatique à l’Université de Southampton et membre de l’organe consultatif de l’ONU sur l’IA, affirme qu’il est « impératif » pour l’économie que le gouvernement réussisse ce plan. « Ce n’est pas une question de savoir s’ils peuvent y arriver. Ils doivent y parvenir. »

Points à retenir

  • Le gouvernement britannique mise sur l’IA pour améliorer la productivité et stimuler la croissance économique.
  • Des challenges subsistent, notamment le coût de l’énergie et la réglementation autour de l’IA.
  • Plusieurs recommandations ont été émises pour établir une infrastructure solide autour de l’IA, y compris la création de zones spéciales pour encourager son développement.

En somme, l’intelligence artificielle pourrait bien être un levier important pour l’économie britannique face à des défis démographiques et de productivité. La réussite de cette transition est cependant conditionnée à une mise en œuvre stratégique et réfléchie, permettant d’équilibrer innovation et enjeux sociétaux. Quel impact cette évolution pourrait-elle avoir sur l’emploi à long terme, et comment se préparera-t-on à ces changements ?


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2 thoughts on “Starmer et Reeves misent sur l’IA pour booster la croissance au Royaume-Uni”
  1. L’IA pourrait vraiment transformer notre économie, mais il est crucial de garder un équilibre pour protéger notre créativité et nos emplois. Espérons que les bonnes décisions seront prises !

  2. Sandrine, l’IA peut réellement transformer notre société, mais attention aux conséquences sur l’emploi. L’équilibre entre innovation et éthique est essentiel.

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