mer. Juil 15th, 2026
Ayad Akhtar
Ayad Akhtar.
Photo de courtoisie

Les opinions concernant l’intelligence artificielle (IA) varient considérablement, oscillant entre un optimisme débordant et un pessimisme accru. D’autres choisissent simplement d’ignorer cette technologie qui évolue à une vitesse fulgurante. C’est à travers sa pièce récente, “McNeal”, que le dramaturge et romancier lauréat du prix Pulitzer, Ayad Akhtar, aborde le sujet de l’IA, mettant en scène son protagoniste, le romancier Jacob McNeal, aux prises avec les limites de la créativité et les potentialités qu’offre l’intelligence artificielle.

Akhtar semble avoir une véritable affinité pour évoquer l’IA dans ses œuvres théâtrales. Sa pièce “McNeal”, avec Robert Downey Jr. dans le rôle principal, a pulvérisé tous les records de ventes à Broadway. Par ailleurs, sa précédente œuvre, “Disgraced”, qui traite de l’impact de l’intelligence générative sur la cognition et la création, a reçu le prix Pulitzer en 2013.

« J’ai constaté les avancées impressionnantes réalisées par les modèles linguistiques, et cela m’a vraiment surpris », confie Akhtar. « Il était évident que cela aurait un impact considérable sur ce que je fais. »



Il soutient que l’IA représente simplement une autre forme, plus complexe et sophistiquée, de la cognition automatisée que nous côtoyons et qui nous influence depuis quinze ans. Selon lui, la technologie transforme notre manière d’être et notre société depuis un certain temps, que ce soit dans la navigation, le marketing ou la livraison de biens. Il met en évidence le fait qu’elle nous divertit tout en amplifiant notre intolérance face à l’ennui et notre propension à la distraction.

« Chaque activité humaine a été redéfinie par la cognition automatique au cours des quinze dernières années », déclare-t-il. « La notion selon laquelle l’intelligence artificielle représenterait une forme de cognition différente de la nôtre semble erronée. Nous l’avons créée, et elle émerge de notre créativité. Ce que j’ai appris (en étudiant et en interagissant avec GPT et d’autres modalités), c’est ce que je savais déjà : une grande partie du processus de création de nouvelles connexions repose sur le recyclage de connexions anciennes. »



Bien que la pièce ait rencontré un succès sans précédent, de nombreux critiques l’ont attaquée avec virulence, s’en prenant à Akhtar pour son supposé soutien à l’IA. Il estime que l’IA est véritablement remarquable, mais précise que son intention n’est pas de porter un jugement à son égard.

« J’essaie simplement de comprendre ce que cela signifie, ce que cela révèle sur nous et sur l’art. Ce n’est pas à moi de dire si c’est bien ou mal. Je suis plus intéressé par la connaissance de ces choses que par le fait de savoir si elles sont bonnes ou mauvaises », insiste-t-il, répétant, que, qu’on le veuille ou non, « cela arrive ; c’est une force de l’ingéniosité humaine. »

Cependant, il met en garde : « Nous sommes déjà bien engagés dans un cycle où notre humanité s’estompe », ajoutant que la technologie transforme les individus en zombies, avec un tiers de notre temps perdu devant des écrans et un tiers passé à dormir. Il souligne néanmoins que l’IA n’est pas pire que la cognition automatisée qui nous entoure depuis environ quinze ans.

« (La cognition automatisée) a modifié nos relations, notre sexualité, notre neurologie — donc, abordons véritablement ce sujet. Évitons des débats simplistes sur l’intelligence artificielle », affirme-t-il. « L’intelligence artificielle est neutre. Elle peut vous donner de bonnes choses ou des choses moins bonnes, et au final, elle ne connaît pas la différence. C’est à nous, humains, de décider. »

Pour Akhtar, le véritable danger réside dans l’ignorance de ces nouvelles technologies, qui sont en passe d’apporter des changements significatifs dans le milieu du travail, l’économie et la société.

« Diaboliser l’IA n’encourage pas l’apprentissage ou l’innovation », souligne-t-il, rappelant que Hollywood a toujours été au cœur des avancées technologiques, que ce soit pour l’ajout de son au cinéma muet, l’utilisation des effets spéciaux, ou aujourd’hui, l’intégration de l’IA.

C’est la première visite d’Akhtar à Aspen. Lors de son intervention dans le cadre des Winter Words, il partagera des récits et allouera un temps important aux questions, conscient que ce sujet suscite de nombreuses interrogations et des craintes.

Points à retenir

  • Ayad Akhtar explore la relation entre l’art et l’IA dans sa pièce “McNeal”, abordant ses implications créatives.
  • Il souligne l’importance d’affronter le débat sur l’humanité dans le contexte des avancées technologiques.
  • Akhtar avertit sur le risque de diaboliser l’IA, préconisant une approche de compréhension plutôt que de rejet.

Dans un monde où la technologie progresse à un rythme effréné, la discussion autour de l’intelligence artificielle s’avère cruciale. Il est essentiel de réfléchir à notre relation avec ces avancées et d’envisager des approches constructives face à une réalité qui semble inévitable. À quelle évolution de notre créativité et de notre humanité devrions-nous nous attendre à l’avenir ?


Partager : X Facebook WhatsApp LinkedIn Reddit
One thought on “Winter Words : Ayad Akhtar ouvre le bal !”
  1. L’approche d’Akhtar vis-à-vis de l’IA est rafraîchissante. Au lieu d’ignorer ses implications, il choisit d’explorer ses effets sur notre créativité et notre humanité.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *