Les actualités éducatives du Nigeria ont récemment rapporté un test de Continuité d’Évaluation (CA) peu conventionnel à l’Université d’Ibadan, où des étudiants en informatique étaient invités à rédiger des codes Python sur des feuilles de papier en une heure, sans accès à un ordinateur. Cette situation a suscité de vives discussions parmi les étudiants et les enseignants, remettant en question les méthodes d’évaluation dans les établissements d’enseignement supérieur nigérians.
D’après les informations recueillies, ce test faisait partie du cours CSC 231 : Test 1, centré sur la programmation Python. Les étudiants devaient fournir des solutions écrites à des questions pratiques de programmation dans le temps imparti. Ce format atypique a suscité des interrogations sur la pertinence de l’évaluation des compétences en codage dans un cadre hors ligne.
Une des questions demandait aux étudiants de faire la distinction entre les langages dynamiquement typés et statiquement typés, en précisant à quelle catégorie appartient Python. Ils devaient également écrire un programme Python acceptant un nombre et indiquant s’il était pair ou impair. Bien que beaucoup aient trouvé cette partie relativement simple, ils admettent que la rédaction correcte de la syntaxe sans possibilité de faire fonctionner le code représentait un défi.
Une autre section du test concernait la représentation et l’analyse des données à l’aide de NumPy. Les étudiants recevaient les notes de deux élèves dans quatre matières : Étudiant A avec [70, 80, 90, 60] et Étudiant B avec [85, 75, 95, 70]. Ils devaient représenter les données sous forme de matrice et calculer la moyenne des scores de chaque étudiant ainsi que la moyenne pour chaque matière. Pour ceux habitués au codage interactif, effectuer de tels calculs à la main a soulevé des inquiétudes supplémentaires.
Dans la Question 2, les étudiants étaient chargés de créer un programme pour le système de réduction d’une cafétéria universitaire. Le scénario décrivait comment les étudiants bénéficient de réductions sur les repas selon le montant total de leur facture. Les factures de 5 000 N et plus attiraient une réduction de 15 %, celles comprises entre 2 000 et 4 999 N, une réduction de 10 %, tandis que les factures inférieures à 2 000 N n’étaient pas soumises à de telles réductions. Les étudiants devaient écrire un programme acceptant le nom et la facture d’un étudiant, avant de calculer la réduction et d’afficher tous les détails.
De nombreux étudiants ayant passé le test ont avoué en ligne que cette question était particulièrement délicate, car elle combinait logique conditionnelle, opérations arithmétiques et affichage formaté, le tout étant écrit manuellement sans possibilité de débogage. Pour les apprenants en programmation, c’était comparable à résoudre des problèmes mathématiques sans calculatrice.
La question la plus exigeante semblait être la Question 3, qui demandait aux étudiants d’écrire une fonction Python simulant un distributeur automatique. Cette tâche nécessitait de créer une fonction atm_simulator() qui invite d’abord l’utilisateur à saisir un code PIN à 4 chiffres. Avec le code PIN correct étant 1234, les étudiants devaient mettre en œuvre une logique permettant seulement trois tentatives. Si le code était entré incorrectement trois fois, le programme devait afficher “Accès refusé” ; sinon, il devait imprimer “Accès accordé.”
Les réactions de la communauté académique sont partagées. Certains éducateurs ont défendu le test, soutenant qu’il encourageait les étudiants à comprendre la logique du codage plutôt qu’à se fier uniquement aux ordinateurs. D’autres, en revanche, ont critiqué cette approche, arguant que la programmation devrait être évaluée dans des environnements d’exécution réels où les erreurs et les corrections peuvent être traitées de manière pratique.
Plusieurs étudiants ayant partagé leurs expériences en ligne se sont plaints que le test était injuste. Ils ont argué que, bien que la compréhension théorique soit importante, l’essence du codage réside dans la résolution de problèmes à travers une mise en œuvre réelle et un débogage. Pour eux, le test ressemblait davantage à un défi de calligraphie et de mémoire qu’à une évaluation de compétences en programmation.
D’un autre côté, certaines voix ont salué cette initiative, notant que la capacité à écrire du code correct sur papier sans le tester démontre une maîtrise plus approfondie des concepts de programmation. Pour ces commentateurs, cet exercice représentait une méthode d’antan qui inculque discipline et attention aux détails.
Les actualités éducatives du Nigeria ont également rapporté que des pratiques similaires ont été observées dans d’autres universités nigérianes, où des tests et examens de programmation se déroulent sans ordinateurs. Cela met en lumière à la fois des défis infrastructurels, comme le manque de laboratoires informatiques, et les philosophies institutionnelles concernant l’équilibre entre théorie et pratique dans l’enseignement de l’informatique.
Le débat porte désormais sur la pérennité de cette méthode. Alors que les étudiants militent pour des évaluations plus pratiques et informatisées, certains enseignants soutiennent que la méthode papier et crayon garantit qu’aucun étudiant ne peut se contenter de connaissances superficielles. Elle constitue également une mesure de protection dans les établissements où les ressources pour des tests en masse basés sur ordinateurs font défaut.
Quelle que soit la position que l’on choisisse, le test de l’Université d’Ibadan met en lumière une question cruciale de l’enseignement supérieur nigérian : comment mieux enseigner et évaluer les compétences en codage dans un environnement confronté à des lacunes infrastructurelles ? Les étudiants de CSC 231 ne sont pas près d’oublier le jour où ils ont écrit des programmes Python sur des feuilles de papier au lieu d’utiliser des ordinateurs.
Bon à savoir
- Les tests pratiques en informatique sont souvent sujets à débat, notamment sur l’efficacité des méthodes d’évaluation.
- De nombreux établissements rencontrent des enjeux similaires en raison de l’accès limité à la technologie.
- Les compétences en codage incluent à la fois des connaissances théoriques et la capacité à résoudre des problèmes pratiques.
Dans un contexte où les méthodes d’évaluation doivent évoluer avec la technologie, il serait intéressant de réfléchir à l’équilibre entre l’apprentissage théorique et pratique. Comment peut-on mieux préparer les étudiants à relever les défis du monde numérique tout en tenant compte des réalités des infrastructures éducatives ?