En Piémont, chute de 17 % des contrats. L’assesseur Cameroni : « Une bonne nouvelle, les jeunes travaillent »
Autrefois, l’image du stagiaire était celle d’un jeune diplômé, souriant et plein d’espoir, prêt à tout faire, même les tâches les plus ingrates. Sa disponibilité à travailler gratuitement pour garnir son CV et acquérir de l’expérience semblait être la norme. Cependant, cette époque de stages souvent désillusionnants arrive à sa fin. Selon les données de l’Observatoire du marché du travail de la région Piémont, les stages extra-scolaires ont chuté de manière significative. On constate une baisse continue : -17 % en 2025, -11 % en 2024, avec seulement 26 000 nouvelles activations. En dix ans, ce sont environ dix mille postes qui ont disparu, dont six mille à Turin.
Nouvelle réglementation
Dans un monde où la précarité règne, les stages ne disparaissent pas, mais prennent de nouvelles formes. Avec l’instauration d’un salaire minimum (entre 300 et 800 euros), l’attrait pour les stages s’amenuise pour les entreprises. En réponse, on observe une augmentation des contrats d’apprentissage et d’autres types de collaboration. De plus, l’UE a imposé une directive visant à garantir des stages de qualité, exigeant des « contenus d’apprentissage significatifs ». Une demande de stages se tarit également : à l’exception des professions où le stage est obligatoire, la Génération Z semble abandonner l’idée de travail non rémunéré en tant qu’étape vers un emploi de rêve. Selon Dario Odifreddi, président de la Fondazione Piazza dei Mestieri, les jeunes recherchent un emploi stable, échaudés par les désillusions de leurs aînés.
Les entreprises
Tandis que la demande diminue, l’offre suit le même chemin. En Piémont, la proportion d’entreprises offrant des stages a chuté de 3 % en deux ans, passant de 12 à 9 %, d’après les données d’Inapp. Ce déclin est également observé au niveau de l’administration publique, qui est tombée à 4 %. L’émergence de la technologie et de l’IA a considérablement réduit le besoin de stages en automatisant des tâches simples qu’autrefois, des stagiaires accomplissaient. Chiara Grando, associée directrice d’Op Solution, souligne que des tâches basiques, jadis formatrices, sont désormais prises en charge par des algorithmes, transformant l’accès au marché du travail.
L’avenir du stage
Pour la région, cette baisse n’est pas inquiétante. Le pourcentage de jeunes ni en études ni en emploi a chuté de 15,4 % en 2022 à 9,3 % en 2025. « Cette tendance n’indique pas un marché du travail affaibli, mais au contraire, un marché qui s’améliore », assure l’assessore régional, Daniela Cameroni. La proportion de jeunes au chômage a diminué, passant de 15,2 % à 12,1 % en trois ans. Cependant, le Nidil Cgil, syndicat des travailleurs précaires, interprète cette tendance comme un signe de fuite d’un outil souvent mal utilisé, où le stagiaire est relégué à des tâches de base sans véritable formation.
Points à retenir
- Les stages extra-scolaires en Piémont ont connu une chute de près de 17 % cette année.
- Une nouvelle réglementation impose un salaire minimum aux stagiaires, ce qui impacte leur nombre.
- La technologie, notamment l’IA, modifie la nature des tâches traditionnellement attribuées aux stagiaires.
- Le marché du travail montre des signes d’amélioration, avec une diminution de la précarité pour les jeunes.
- Le sentiment de désillusion envers les stages gratuits est croissant parmi la jeunesse.
L’évolution du monde du travail que nous observons soulève de nombreuses réflexions. Il est fascinant de voir comment les jeunes d’aujourd’hui redéfinissent leurs attentes et rejettent certains anciens modèles. Alors que l’automatisation prend de l’ampleur, je me demande : quels défis et opportunités se présenteront aux générations futures ? Comment la nature même du travail va-t-elle continuer à évoluer, adaptant le lien entre apprentissage et expérience professionnelle ? Cela mérite d’être poursuivi.
