Une situation sans précédent s’est produite récemment, marquée par une perte de près de 300 milliards de dollars de capitalisation boursière en une seule journée. Les actions de grandes entreprises telles qu’Oracle, Microsoft et Palantir ont vu leur valeur s’effondrer. La cause de ce choc financier serait liée à une nouvelle extension de la technologie d’intelligence artificielle d’Anthropic, destinée à automatiser différentes tâches administratives souvent réalisées avec des logiciels traditionnels.
Cette annonce a provoqué une vague presque panique de ventes sur les marchés. Certains analystes ont décrit la situation comme un véritable désastre pour les entreprises de logiciel, dont les actions ont fortement chuté. La crainte prédominante est que ces nouveaux outils d’IA pourraient rendre certaines entreprises logicielles obsolètes. Les marchés oscillent ainsi entre calme et anxiété.
« Nous évoluons dans un climat où le secteur est condamné avant même que le processus ne commence », a écrit Toby Ogg, analyste chez J.P. Morgan, en évoquant la situation dans le domaine des logiciels et de l’informatique. Des résultats d’entreprises meilleurs que prévu ne semblent plus suffire à rassurer les investisseurs. « À moins qu’il ne soit prouvé de manière irrécusable que l’IA est un moteur de croissance durable et non un frein à long terme », note-t-il dans son analyse.
Nvidia cherche à apaiser les investisseurs
Lors d’une conférence sur l’IA, Jensen Huang, directeur général de Nvidia, a tenté de rassurer les investisseurs après le choc boursier. Il a affirmé que le logiciel est un outil et que l’idée que l’industrie des outils est en déclin au profit de l’IA est erronée. Il a souligné qu’un certain nombre d’entreprises de logiciels voient leurs actions sous pression car l’IA serait censée les remplacer. « C’est la chose la plus illogique qui soit et le temps le démontrera », a-t-il déclaré.
Pour illustrer son propos, Huang a fait valoir que les outils logiciels demeurent essentiels, qualifiant ces outils de « fondamentaux ». « Seriez-vous un humain ou un robot et réinventeriez-vous vos outils ? » a-t-il interrogé. « La réponse est évidente : vous utilisez les outils existants. » Malgré ses efforts pour calmer le jeu, Nvidia a également connu des pertes importantes en bourse ces derniers temps.
La question de l’éventuelle explosion d’une bulle sur le marché persiste depuis des mois. Cathie Wood, investisseuse renommée, affirme dans ses prévisions pour 2026 qu’il n’y a pas de bulle imminente en matière d’IA, précisant : « Selon nous, une bulle d’IA est encore à des années d’échéance ! » Elle ajoute que les investissements dans l’IA ont atteint des niveaux sans précédent.
Plus de 650 milliards de dollars d’investissements
Quatre des plus grandes entreprises technologiques américaines ont annoncé des investissements totalisant plus de 650 milliards de dollars dans l’IA pour cette année. Ces fonds seront consacrés à d’immenses nouveaux centres de données et aux équipements associés, comme des puces spécifiques à l’IA et des infrastructures réseau. Les projets d’Alphabet (maison mère de Google), Amazon, Meta et Microsoft témoignent d’une volonté de se positionner en tête dans ce domaine.
Cette explosion des dépenses est considérée comme exceptionnelle, selon une analyse de Bloomberg. Les prévisions de dépenses pour chaque entreprise représentent les montants les plus élevés d’investissement des dix dernières années. Par exemple, Alphabet prévoit des investissements de 175 à 185 milliards de dollars pour l’année en cours, ce qui est bien au-dessus des 91 milliards de 2025.
Wood note que l’engouement pour l’IA entraîne des niveaux d’investissement jamais vus depuis la fin des années 1990, citant une augmentation de 47 % des investissements dans les systèmes de centres de données d’ici 2025. Un futur accroissement de 20 % est attendu en 2026, très au-dessus des tendances antérieures.»
Des opportunités d’investissement dans l’IA
Cette vague d’investissement soulève des interrogations sur les entreprises susceptibles de générer des profits. Wood évoque non seulement les acteurs majeurs du secteur, mais aussi des start-ups d’IA en pleine croissance. Elle anticipe que les consommateurs adopteront l’IA à une vitesse deux fois supérieure à celle de l’Internet dans les années 90.
Pour les entreprises, elle considère 2026 comme un tournant : de nombreuses mises en œuvre de l’IA en sont encore à leurs débuts, freinées par des obstacles bureaucratiques. Les organisations devront rapidement intégrer l’IA dans leurs processus pour ne pas être devancées par des concurrents plus agiles.
Ces derniers mois, la société d’investissement de Wood, ARK, a surtout mis l’accent sur le renforcement de ses fonds dans les infrastructures de l’IA et la santé, tout en ciblant également des investissements dans l’automatisation.
Gita Gopinath de Harvard : « La situation pourrait empirer »
Dans une interview récente, l’économiste Gita Gopinath a exprimé des préoccupations contraires à celles de Wood. Elle craint que la situation ne se dégrade, évoquant les coûts de l’IA, surtout ceux des centres de données. Elle estime qu’une détérioration des perceptions vis-à-vis de l’IA pourrait entraîner la perte de 20 trillions de dollars d’actifs en actions aux États-Unis, ce qui dépasserait la crise des dot-com.
Points à retenir
- Une chute de près de 300 milliards de dollars de capitalisation boursière a secoué le marché, notamment pour les entreprises logicielles.
- Les nouvelles technologies d’IA suscitent des inquiétudes quant à leur impact sur le secteur des logiciels traditionnels.
- Toby Ogg de J.P. Morgan souligne que les résultats d’entreprise ne suffisent plus à rassurer le marché.
- Les investissements dans l’IA atteignent des niveaux inédits, avec 650 milliards de dollars annoncés par les grandes entreprises technologiques aux États-Unis.
- Des experts prévoient que l’adoption de l’IA par les consommateurs sera rapide et transformative.
À travers ces bouleversements, il est fascinant de réfléchir à l’avenir de l’IA. Comment les entreprises vont-elles s’adapter à cette nouvelle réalité ? Au-delà des investissements massifs, les véritables défis consisteront à tirer parti de ces technologies tout en naviguant dans leurs implications éthiques et économiques. La question demeure : serons-nous prêts pour cette transformation audacieuse ou regarderons-nous avec appréhension une évolution déjà en marche ?
