Les banques ont abandonné leurs efforts pour améliorer l’efficacité par le biais de réductions d’effectifs. Elles se lancent désormais dans une compétition pour recruter et élargir leurs équipes, en mettant un accent particulier sur des profils techniques capables de développer et d’améliorer leurs capacités technologiques, notamment dans le domaine de lintelligence artificielle. Ce choix conditionne d’ailleurs l’avenir de l’emploi dans le secteur bancaire.
Au cours de l’année dernière, CaixaBank et BBVA ont augmenté leur personnel de plus de 2% en Espagne, rapportent les résultats financiers de l’exercice 2025, avec un ajout de plus de 1.700 employés. Plus précisément, CaixaBank a recruté 1.106 personnes, portant son effectif à 47.120. Cette augmentation se concentre sur le recrutement de « profils techniques », entraînant une hausse des coûts liés au personnel de 5,2%.
Le président de CaixaBank, Gonzalo Gortázar, a donc lancé le premier de trois exercices de son plan stratégique 2025-2027. Ce plan inclut une allocation de 5 milliards d’euros pour la technologie et la promesse de recruter 1.000 professionnels du secteur technologique avec pour objectif de doubler l’effectif actuel. Il prévoit également d’embaucher 3.000 personnes de moins de 35 ans pour rajeunir ses équipes.
Cette stratégie, qui engendre des dépenses à court terme, vise à maîtriser les coûts à long terme par l’intégration de l’intelligence artificielle et d’autres technologies dans la gestion bancaire et le service client. À l’avenir, l’évolution de l’emploi dans le secteur dépendra de l’utilisation de l’IA : « Nous sommes face à une grande question, non seulement en banque, mais dans d’autres secteurs. Il est clair qu’il y aura des gains de productivité, mais il faudra observer leurs effets », a commenté Gonzalo Gortázar.

INFO INTÉRESSANTE
CaixaBank a réalisé le plus grand plan de départ volontaire de l’histoire bancaire en 2021 (6.452 employés), et depuis, n’a plus négocié de coupes d’effectifs avec les syndicats, qui souhaitent maintenant un plan de départs anticipés similaire à celui de BBVA, qui a également agrandi ses équipes l’année dernière. La banque prévoit de clôturer 2026 avec un équilibre entre embauches et départs, après avoir enregistré une hausse de 635 employés l’an passé.
En ce qui concerne BBVA, son directeur général Onur Genç a indiqué : « Nous recrutons dans la banque d’investissement et corporative, ainsi qu’en IA et technologies, en plus de profils en data et logiciels », lors de la présentation des résultats annuels.
Des sources financières confirment que les banques luttent pour attirer des jeunes talents techniques. Elles se mesurent à d’autres grandes entreprises du Ibex et à des spécialistes du secteur technologique pour recruter des profils susceptibles d’accélérer la digitalisation et d’optimiser l’utilisation des technologies, en particulier l’IA générative, pour améliorer tant les processus internes que les interactions avec la clientèle.
Ces profils sont plus difficiles à attirer et à fidéliser. Malgré cela, les banques estiment avoir surmonté l’image négative laissée par la crise de 2008, qui pesait sur leur capacité à séduire les travailleurs les plus qualifiés. De plus, au cours des dernières années, des politiques de télétravail ont été instaurées pour rendre les emplois dans le secteur plus compétitifs. Toutefois, ces profils coûtent également plus cher, s’élevant à un minimum de 40.000 euros par an avec peu d’expérience, ce qui augmente les dépenses d’exploitation. Les banques estiment cependant que c’est le moment d’investir dans le capital humain pour pouvoir, à l’avenir, procéder à des économies grâce à l’automatisation croissante de nombreux processus.
Ces profils sont plus difficiles à retenir et à capter. Ils sont plus chers, entrant à partir de 40.000 euros par an avec peu d’expérience.
Pour sa part, Santander ne fournit pas de données sur ses employés par région dans son rapport annuel. Au total, le groupe a réduit son personnel de 4%, pour atteindre 198.403 employés, sans communiquer de chiffres spécifiquement pour Espagne. Cependant, bien que les coûts d’exploitation du groupe aient diminué de 1,7%, ils ont légèrement augmenté de 0,3% sur le marché espagnol.
En ce qui concerne Banco Sabadell, cette entité catalane a élargi son personnel, excluant TSB, de 77 employés, atteignant ainsi 14.117 travailleurs, tandis que Bankinter a maintenu sa tendance habituelle d’augmentation continue des effectifs chaque année. En 2025, le banco dirigé par Gloria Ortiz a recruté 112 nouveaux employés, portant son effectif à 6.674. Le seul établissement côtier ayant procédé à des réductions est Unicaja, qui a diminué son personnel de 283 employés après un plan de départs incitatifs, totalisant 7.281 employés.
Points à retenir
- Les banques cherchent à élargir leurs équipes en recrutant principalement des profils techniques.
- CaixaBank et BBVA ont signalé une augmentation de leur effectif en Espagne de plus de 2% en 2025.
- Les investissements en technologie et en intelligence artificielle sont les priorités des grandes banques.
- BBVA prévoit un équilibre entre embauches et départs d’ici 2026, tandis que CaixaBank s’efforce de rajeunir ses équipes.
- La concurrence pour attirer des jeunes talents techniques se renforce sur le marché.
- Les banques adaptent désormais leurs stratégies pour intégrer le télétravail et attirer des profils plus qualifiés.
En somme, je trouve cette dynamique dans le secteur bancaire fascinante, car elle révèle un tournant stratégique vers des compétences techniques qui pourraient redéfinir notre approche des services financiers. En tant qu’observateur passionné de l’évolution de ce secteur, je me demande quelles seront les répercussions à long terme de ces changements sur l’emploi dans la banque. L’intégration croissante de technologies comme l’IA incitera-t-elle vraiment à un nouveau modèle d’emploi, avec un accent sur des compétences spécialisées ? La question demeure ouverte.