Alors que Mark Zuckerberg étoffe le nouveau laboratoire de superintelligence de Meta, il propose aux meilleurs chercheurs des rémunérations pouvant atteindre 300 millions de dollars sur quatre ans, avec plus de 100 millions de dollars dès la première année, révèle une enquête poussée.
Meta aurait fait au moins dix offres financières particulièrement élevées à des collaborateurs d’OpenAI, selon plusieurs sources. L’un des chercheurs très en vue aurait même été sollicité pour un poste de scientifique en chef, mais il a décliné, d’après des informations de première main. Si le package inclut des actions, une partie de celles-ci est immédiatement accessible dès la première année.
« C’est à peu près ce qu’il faudrait pour me faire venir chez Meta », confie un employé d’OpenAI sous couvert d’anonymat, ne pouvant pas s’exprimer publiquement. D’autres personnels réfléchissent, pesant le montant contre l’impact potentiel qu’ils pourraient avoir chez Meta par rapport à OpenAI. Plusieurs estiment pouvoir agir davantage chez OpenAI.
Un porte-parole de Meta, Andy Stone, dément ces chiffres : « Ces affirmations sont inexactes — la taille et la structure de ces rémunérations sont largement exagérées », précisant que certains amplifient les faits à leur avantage.
Un ingénieur senior interrogé confirme un salaire autour de 850 000 dollars annuels chez Meta, une somme conséquente mais faible face aux propositions actuelles. Ceux au niveau supérieur (E7 chez Meta) gagneraient en moyenne 1,54 million de dollars par an, d’après les données des utilisateurs de Levels.FYI.
Lors d’une séance de questions-réponses avec les employés, Andrew Bosworth, directeur technique de Meta, a tempéré l’information sur les offres à 100 millions de dollars : « Le marché est chaud, mais pas à ce point. Ce sont des mensonges. Nous recrutons quelques profils de dirigeants, et ces personnes ont effectivement un salaire important. » Il a ajouté que cette somme n’est pas un bonus de bienvenue, mais le total de plusieurs éléments, et a reconnu la concurrence d’OpenAI sur ces talents.
Pour mettre en perspective, Satya Nadella, PDG de Microsoft, a perçu 79,1 millions de dollars en 2024, principalement en actions, tandis que Dara Khosrowshahi, PDG d’Uber, a touché environ 39,4 millions de dollars la même année.
Lundi, Mark Zuckerberg a annoncé la création de l’équipe dédiée à la superintelligence chez Meta. Alexandr Wang, ancien PDG de Scale AI, devient directeur de l’intelligence artificielle, accompagné de Nat Friedman, ancien responsable de GitHub. Ensemble, ils co-dirigeront ce que Zuckerberg appelle les Meta Superintelligence Labs. Aucun scientifique en chef ou responsable de la recherche n’a été nommé. Ni Wang ni Friedman ne sont considérés comme chercheurs au sens traditionnel. Aucun employé d’OpenAI recruté n’aurait reçu l’offre exorbitante de 300 millions de dollars, selon une source interne.
Points à retenir
- Meta cherche à attirer des talents d’OpenAI avec des rémunérations record, flirtant avec des sommes dignes de blockbusters hollywoodiens.
- Les offres mirobolantes font débat : certaines sources les relativisent, d’autres y voient une façon de pimenter la bataille des cerveaux.
- Le marché de l’IA se révèle un terrain de jeu où l’argent ne semble plus avoir de limite, mais l’impact réel des chercheurs garde toute son importance.
- Meta joue la carte du leadership avec deux figures clés du secteur, mais sans miser sur des chercheurs traditionnels pour encadrer l’effort.
- La concurrence entre géants — Meta, OpenAI, Microsoft — transforme chaque recrutement en véritable négociation digne d’un western numérique.
Alors oui, on peut se demander si cette course à l’or financier autour de l’intelligence artificielle va réellement faire avancer la science ou simplement remplir encore un peu plus les poches déjà bien garnies. Entre nous, si je devais me lancer dans cette aventure, ce ne serait certainement pas pour un chèque en cent millions, mais plutôt pour le frisson de changer le monde. Mais bon, chacun son truc !