ven. Juin 26th, 2026
Ai-Da, le robot artiste ultra-réaliste, lors du Sommet mondial de l'ONU sur l'IA pour le bien commun
Ai-Da a récemment présenté son portrait du roi Charles III au Sommet mondial de l’ONU sur l’intelligence artificielle pour le bien commun.

Créatrice du premier robot artiste ultra-réaliste, Ai-Da soulève avec son œuvre de nombreuses interrogations sur notre rapport à nous-mêmes, confie son inventeur.

Conçu à Oxford par Aidan Meller, expert en art moderne et contemporain, et fabriqué au Royaume-Uni par la société Engineered Arts, Ai-Da est un robot humanoïde capable de créer de l’art. Elle vient de dévoiler un portrait inédit du roi Charles III.

Portrait du roi Charles III réalisé par Ai-Da, dévoilé au Sommet mondial de l'ONU
Avec l’autorisation du palais de Buckingham, le portrait du roi Charles III a été présenté officiellement.

Pour créer ses œuvres, Ai-Da scrute le monde à travers des caméras intégrées dans ses yeux. Grâce à des algorithmes d’intelligence artificielle, elle analyse puis transpose en coordonnées ses observations, ce qui lui permet de manœuvrer un pinceau pour peindre ou dessiner en temps réel.

« On peut la rencontrer, discuter avec elle via son modèle linguistique, et elle vous peint ensuite sur le vif », explique Aidan Meller.

« Beaucoup imaginent encore les robots à la manière des années 50, mais en réalité, Ai-Da est tout sauf un automate désengagé. Le moment où un robot vous regarde dans les yeux et prononce votre nom est la véritable entrée dans ce nouveau monde de science-fiction que nous vivons désormais », poursuit-il.

Portrait du roi Charles III réalisé par Ai-Da
Le choix du roi Charles comme sujet reflète aussi les débats technologiques et environnementaux actuels.

Invitée à exposer lors du Sommet mondial de l’ONU sur l’IA à Genève, Ai-Da a déjà vendu un triptyque dédié à Alan Turing, mathématicien célèbre pour avoir déchiffré le code Enigma, aux enchères pour plus d’un million de livres sterling.

Cette année, elle oriente son regard sur le roi Charles III, un choix qui fait sens, selon Aidan Meller, au regard des avancées technologiques et des questions environnementales majeures.

Bien qu’Ai-Da n’ait pas rencontré personnellement le roi, le palais de Buckingham a accordé sa bénédiction pour la présentation officielle de l’œuvre.

Quant à la sélection de ses sujets, Meller confesse : « Le plus surprenant, c’est que nous lui demandons tout simplement, presque avec un brin d’appréhension ». Connectée à Internet, Ai-Da puise dans une immense quantité de données, ce qui lui permet de parler longuement des personnalités qu’elle choisit de représenter.

En 2023, elle avait déjà immortalisé la reine Elizabeth II, mère du roi Charles.

Ai-Da et son créateur Aidan Meller devant une toile verte
Aidan Meller souligne que l’objectif d’Ai-Da est d’avoir une technologie capable non seulement de créer, mais aussi de s’auto-analyser et critiquer.

Après six années de travail avec Ai-Da, Meller est frappé non pas par le réalisme humain du robot, mais plutôt par la robotisation de notre propre comportement.

« Collaborer avec un robot soulève beaucoup de questions sur la façon dont nous nous percevons et avec laquelle nous nous traitons nous-mêmes », confie-t-il.

Il espère que les œuvres d’Ai-Da inciteront à ouvrir un dialogue sur ce sujet crucial.

Points à retenir

  • Ai-Da combine caméras, IA et mécanique fine pour créer des œuvres en temps réel, bousculant l’image caricaturale du robot des années 50.
  • Ses créations ont déjà été exposées dans des lieux prestigieux comme l’ONU et vendues pour des sommes conséquentes, témoignant de l’intérêt croissant pour l’art généré par l’intelligence artificielle.
  • Le choix de représentants royaux, comme le roi Charles III et la reine Elizabeth II, révèle une volonté de questionner la tradition à la lumière des technologies modernes et des enjeux environnementaux.
  • Le palais de Buckingham donne son aval, signe d’une curiosité royale bien au-delà des simples institutions artistiques.
  • Malgré son aspect technologique, Ai-Da interpelle davantage sur notre propre humanité — ou notre manque de celle-ci — que sur la froideur supposée des machines.

Il semblerait donc que les robots ne se contentent plus de jouer les assistants muets. Ai-Da, avec son pinceau en main et son algorithme affûté, pose la question qui fâche : qui, du robot ou de l’humain, est vraiment programmé… pour quoi ? À méditer, si vous n’êtes pas encore rincé de ces discussions sur l’intelligence artificielle et ce qu’elle fait de nous. Après tout, peut-être que ce n’est pas elle qui est déshumanisante, mais bien notre propre version décalquée et robotisée que nous adressons à la société. Pas de panique, je vous laisse avec cette douce ironie, le temps que la machine prenne sa palette pour tenter de nous dessiner sous un autre jour.


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