L’**intelligence artificielle** (IA) prend de l’ampleur en tant que **législateur**. En 2023, un municipalité brésilienne a déjà adopté une loi entièrement rédigée par une IA, et aujourd’hui, plusieurs **députés américains** l’utilisent également.
L’exemple du Dakota du Sud : l’IA au service des députés
Le magazine The Economist relate l’histoire de **Kent Roe**, agriculteur, entrepreneur dans le secteur des services publics et membre d’un conseil pastoral. En plus de ces rôles, il est également l’un des **70 députés de la Chambre du Dakota du Sud**. Avec tous ces engagements, comment rédige-t-il ses propositions de loi ? Grâce à l’IA : Roe utilise divers chatbots pour ses recherches et pour affiner ses arguments en vue d’éventuels débats. Les 60 employés de l’État chargés de rédiger les textes législatifs doivent donc faire face à une concurrence inattendue.
Roe s’appuie sur Grok, l’IA développée par **Elon Musk**, pour vérifier s’il existe des législations similaires dans d’autres États et s’en inspirer. Il soumet également ses propositions à des « stress tests constitutionnels », demandant à l’IA d’anticiper l’éventuelle inconstitutionnalité de ses projets de loi.
La prévalence de cet outil est soulignée par une étude de la National Conference of State Legislatures, qui révèle qu’en 2025, au moins 44 % des équipes législatives des 50 États américains auront utilisé l’IA dans leur travail, un chiffre qui a plus que doublé par rapport aux 20 % de 2024.
Dans un contexte où le travail abonde et où chacun peut se sentir débordé, pouvoir interroger un chatbot pour obtenir une multitude de données en quelques minutes est un atout précieux. Toutefois, il est crucial de noter que cette « intelligence » n’a pas la finesse d’un juriste expérimenté, ce qui implique qu’il faut souvent ajuster les demandes pour obtenir des réponses acceptables. De plus, il existe un risque que l’IA produise des informations erronées.
Par ailleurs, cette utilisation d’outils numériques peut encourager une certaine paresse intellectuelle, rendant difficile l’analyse approfondie ou l’élaboration de nouvelles solutions juridiques à des problèmes complexes.
Les risques de l’IA en législation : lobbyismes et complexité
Mais quels sont les dangers ? C’est une question que se sont posée l’année dernière **Nathan Sanders** et **Bruce Schneier**, professeurs à Harvard, et leur réponse soulève des inquiétudes : dans une Amérique de plus en plus polarisée, l’IA devient un outil de pouvoir qui pourrait voir les législations se durcir. En effet, lorsque la Chambre est dominée par un parti et le Sénat par un autre, le but devient d’écrire des lois de plus en plus restrictives, limitant ainsi l’action de l’Exécutif.
L’IA pourrait donc contribuer à la rédaction de lois de plus en plus complexes, qui pourraient devenir un frein pour tout président en fonction. De plus, les multiples lobbies présents au Congrès, toujours en demande de lois complètes et détaillées, alimentent cette dynamique. L’IA peut ainsi produire des textes longs, prêts à être votés, ce qui s’inscrit dans un contexte où la production législative fédérale a diminué ces dernières années face aux blocages.
En fin de compte, l’IA se présente comme un outil salvateur, capable de résumer des lois et de répondre aux questions sur des normes cruciales, ou même d’anticiper l’efficacité d’une nouvelle loi dans sa mise en œuvre. Toutefois, il convient de garder à l’esprit que cet outil est programmé par des humains, et badge toujours à risque d’être influencé par les intérêts politiques.
Points à retenir
- L’IA, bien qu’efficace, nécessite souvent des ajustements pour produire des réponses précises.
- Sa montée en puissance dans la rédaction législative pose des questions éthiques et pratiques.
- Les lobbies peuvent renforcer la complexité et le volume des lois proposées.
- Le risque d’une réduction de l’analyse critique est réel avec l’usage d’outils automatisés.
- Une vigilance s’impose quant à l’orientation politique pouvant influencer les décisions algorithmiques.
En tant que journaliste, je suis fasciné par la dynamique actuelle qui lie technologie et législation. Il est essentiel de réfléchir aux implications de cette évolution et à la manière dont elle pourrait transformer notre approche du droit et de la gouvernance. L’avenir nous dira si l’IA sera une aide précieuse ou un obstacle à la justice. Que pensez-vous de cette tendance croissante ?
