L’intelligence artificielle (IA) offre un potentiel considérable pour améliorer la vie dans de nombreux domaines, notamment grâce à des avancées notables en science et en médecine, ainsi qu’à des applications quotidiennes qui simplifient divers processus pour une grande partie de la population. Cependant, elle présente aussi un aspect préoccupant avec plusieurs risques : la possible suppression de millions d’emplois, son utilisation abusive (comme l’a récemment illustré le cas des images de mineurs), l‘influence sur les jeunes ou encore sa capacité à altérer des comportements. Ces problématiques relèvent toutes d’une dimension éthique qui a été portée à l’attention de l’Organisation des Nations Unies (ONU).
Inquiétudes à l’ONU
Lors d’une récente conférence à Genève, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a fait état de ses inquiétudes concernant l’utilisation croissante de la technologie, en particulier de l’intelligence artificielle, qui selon lui, « menace les droits humains et exacerbe les inégalités ». Il a souligné que certaines avancées technologiques « exposent les personnes marginalisées à de nouvelles formes de discrimination, tant en ligne qu’hors ligne », et ce, lors de l’ouverture de la 61ème session du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU.
Guterres a ajouté que les espaces numériques sont « contaminés par la désinformation et la haine », ce qui conduit, selon lui, à des « dommages dans le monde réel ». Dans son discours devant des représentants de haut niveau des pays membres de l’ONU, il a dénoncé une « offensive coordonnée » contre les droits humains, où l’espace civique est réduit pendant que de nombreux journalistes et activistes sont emprisonnés, de nombreuses ONG sont fermées, et les droits des femmes sont menacés.
Migration et reculs sociaux
Après avoir réitéré sa condamnation à la répression violente des manifestations en Iran, Guterres a également alerté sur le fait que les migrants « sont harcelés, arrêtés et expulsés sans respect pour leurs droits et leur dignité humaine », tandis que les réfugiés et les membres de la communauté LGBTIQ+ se retrouvent stigmatisés, laissant entrevoir un recul sur des acquis autrefois considérés comme établis dans de nombreuses sociétés.
Face à cette offensive, le secrétaire général a plaidé pour que les droits humains soient défendus, car ils ne sont « ni un luxe ni des éléments négociables, mais la clé d’un monde plus pacifique et sûr ». « Ne laissons pas ces droits devenir le prix acceptable de la commodité politique ou de la compétition géopolitique », a-t-il conclu.
Points à retenir
- L’IA, bien qu’utile, soulève des questions éthiques importantes.
- Les systèmes numériques peuvent amplifier la désinformation et les discours de haine.
- Les droits humains doivent être priorisés face aux défis technologiques et politiques.
- Les migrations et les droits liés aux réfugiés sont des sujets de préoccupation croissants.
- Le respect des droits des femmes reste un enjeu fondamental dans de nombreuses régions.
En tant qu’observateurs de la réalité actuelle, il est essentiel de réfléchir aux implications de ces avancées technologiques. La place que nous accordons à l’éthique dans le développement de l’IA ne déterminera pas seulement notre avenir technologique, mais également notre cohésion sociale. À chaque progrès, il est de notre responsabilité collective de maintenir le cap sur la dignité humaine, de façon à ne pas perdre de vue les valeurs fondamentales qui unissent nos sociétés. Je suis convaincu que, de cette réflexion, surgiront des solutions viables pour intégrer l’innovation tout en respectant notre humanité.