dim. Juin 14th, 2026

Mon partenaire de longue date, âgé de 44 ans, souffre de TDAH et gère sa propre entreprise. Il a toujours eu des difficultés avec les tâches administratives et les activités banales, mais l’intelligence artificielle (IA) a transformé sa façon de travailler. Je m’inquiète cependant de sa dépendance à l’IA ; il ne semble plus capable d’agir sans elle. Il utilise intensivement ChatGPT, même lorsque des alternatives non-IA seraient plus appropriées. Par exemple, il préfère demander les horaires de train à ChatGPT plutôt que d’utiliser des applications plus fiables, ce qui est préoccupant. Récemment, il a obtenu son rapport de ChatGPT et se classe parmi les 0,3 % des utilisateurs les plus actifs au monde.

Je m’interroge sur sa capacité à penser de manière autonome, ainsi que sur l’impact environnemental de cette dépendance. Bien que l’IA soit un outil utile dans son travail, il l’utilise pour presque tous les aspects de sa vie quotidienne.

Je suis consciente que je peux paraître insistante, et que son TDAH peut accentuer son comportement obsessionnel. J’aimerais donc obtenir des conseils sur la meilleure façon d’aborder cette question avec lui.

La gestion d’une entreprise peut être stressante. Bien que le TDAH de mon compagnon soit un facteur, je me demande s’il ne ressent pas une forme d’anxiété, et si son recours à l’IA n’est pas un symptôme de cette condition plutôt qu’une cause.

J’ai partagé cette situation avec le psychologue clinicien et psychanalyste Dr Stephen Blumenthal, ainsi qu’avec Henry Shelford, PDG d’ADHD UK.

Dr Blumenthal s’interroge sur la possibilité d’un nouveau syndrome émergent : le « syndrome de dépendance au chatbot », alors que nous devenons de plus en plus reliant à l’IA. Utilisée judicieusement, l’IA peut être bénéfique, mais la dépendance à celle-ci pourrait avoir des conséquences désastreuses sur notre capacité à fonctionner normalement.

« L’IA peut nous entraîner dans un labyrinthe, mais elle peut aussi nous soutenir, structurer nos pensées, organiser nos tâches et nous aider à accomplir nos objectifs. »

Cette dynamique est particulièrement pertinente pour les personnes ayant un TDAH. En effet, ceux qui en souffrent ont souvent du mal à se concentrer et à planifier, rendant l’IA particulièrement attrayante. Cependant, cette dépendance excessive peut également poser des problèmes.

Il semble que l’utilisation de l’IA par mon partenaire dépasse les simples besoins utilitaires. Cela laisse penser qu’il doute de lui-même, ce qui pourrait avoir des conséquences néfastes sur sa confiance en lui.

Des experts suggèrent que les problèmes surviennent lorsque l’usage de l’IA s’étend au-delà de la simple résolution de problèmes. Il semble qu’une sorte de relation se développe avec cet outil, et que cela peut engendrer des attentes irréalistes de validation et de réconfort.

Que faire ? En effet, éviter de critiquer est une bonne approche, car cela pourrait accentuer sa réticence. Comme tout dialogue délicat, il est essentiel de choisir un moment où vous êtes tous deux calmes.

Henry Shelford conseille de demander à mon partenaire : « Qu’est-ce que vous retirez de cette expérience ? Pourquoi cet outil est-il si essentiel pour vous ? » Ensuite, il serait utile d’explorer d’autres solutions ou façons d’utiliser l’IA de manière constructive.

Dr Blumenthal souligne également l’importance de reconnaître la dépendance. Au lieu de critiquer, l’accompagnement avec compassion est crucial, car se passer de ChatGPT peut sembler menaçant pour lui.

La bonne nouvelle, c’est que mon partenaire a un historique de succès sans recours à l’IA. J’espère qu’il pourra se souvenir de ses capacités et trouver un équilibre où l’IA vient compléter ses compétences, sans remplacer sa confiance en lui. Il est clair qu’une source d’anxiété existe, et il est impératif de l’identifier pour avancer sereinement.

Points à retenir

  • Le TDAH peut intensifier la dépendance à l’IA, rendant son usage problématique.
  • Une évaluation de l’usage de l’IA est nécessaire pour déterminer ses impacts sur l’autonomie.
  • Un dialogue ouvert et bienveillant est essentiel pour aborder des sujets sensibles.
  • Il est important de différencier entre l’outil utile et une dépendance néfaste.
  • Le soutien psychologique peut être bénéfique pour gérer l’anxiété liée au travail.

En tant qu’observateur de cette situation, je suis intrigué par la manière dont l’IA s’est intégrée à notre quotidien et la façon dont elle peut modifier nos relations. Il est passionnant de réfléchir à l’impact de ces outils sur notre capacité d’autonomie et sur notre rapport à nous-mêmes et aux autres. La dépendance à l’IA peut-elle finalement devenir un obstacle à notre épanouissement personnel ? Une question à méditer.


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