mar. Juin 16th, 2026

La start-up d’intelligence artificielle Perplexity a surpris le monde de la tech en proposant une offre de rachat de 34,5 milliards de dollars (soit environ 25,6 milliards d’euros) pour le navigateur Chrome de Google.

Dans une lettre adressée à Sundar Pichai, PDG d’Alphabet, maison-mère de Google, Perplexity explique que confier Chrome à un opérateur indépendant, engagé pour la sécurité des utilisateurs, serait un avantage pour le grand public.

Cependant, certains investisseurs du secteur technologique qualifient cette offre de simple « coup de pub », jugée beaucoup trop basse par rapport à la valeur réelle de Chrome, et soulignent qu’il n’est pas certain que Google envisage réellement de vendre sa plateforme.

Google, qui ne s’est pas officiellement prononcé sur cette proposition, détient actuellement le navigateur le plus utilisé au monde, avec plus de trois milliards d’utilisateurs estimés.

La position dominante de Google sur les moteurs de recherche et la publicité en ligne fait l’objet d’un examen minutieux, avec plusieurs contentieux antitrust en cours aux États-Unis.

Un juge fédéral américain doit rendre une décision ce mois-ci qui pourrait contraindre Google à scinder son activité liée à la recherche en ligne.

Google a déjà annoncé son intention de faire appel d’une telle décision, estimant que l’idée de détacher Chrome constituerait une proposition « sans précédent » nuisible aux consommateurs et à la sécurité.

Un porte-parole de Perplexity a déclaré que cette offre symbolise un engagement fort en faveur d’un web ouvert, de la liberté de choix des utilisateurs et de la continuité pour ceux qui ont adopté Chrome.

Perplexity précise qu’en cas de rachat, Google resterait le moteur de recherche par défaut dans Chrome, avec la possibilité pour les utilisateurs de modifier ce paramètre.

De plus, l’entreprise s’engage à maintenir et soutenir Chromium, la plateforme open source qui sert de base à Chrome et à d’autres navigateurs populaires comme Microsoft Edge ou Opera.

Le financement de cette opération reste inconnu, et en juillet dernier, Perplexity était valorisée autour de 18 milliards de dollars.

Heath Ahrens, investisseur dans la tech et fondateur de start-up, considère cette offre comme une simple « mise en scène », très en dessous de la valeur réelle de Chrome, compte tenu de ses données et de sa portée uniques.

Il souligne toutefois que si un acteur majeur comme Sam Altman ou Elon Musk triplait cette proposition, il pourrait réellement s’imposer dans la course à l’intelligence artificielle.

Enfin, Tomasz Tunguz, de Theory Ventures, ajoute que la valeur réelle de Chrome pourrait être jusqu’à dix fois supérieure à cette offre, qui semble donc bien modeste.

Perplexity s’est fait une place dans la course à l’IA générative, aux côtés d’acteurs référents comme OpenAI avec ChatGPT et Google avec Gemini.

Le mois dernier, la start-up a lancé Comet, un navigateur intégré à une IA avancée.

Plus tôt cette année, Perplexity avait déjà fait parler d’elle en proposant de racheter la version américaine de TikTok, menacé d’interdiction si son propriétaire chinois ne procédait pas à une cession avant septembre.

D’après certaines rumeurs, Perplexity aurait retenu l’attention de géants tels qu’Apple et Meta (anciennement Facebook).

Points à retenir

  • Perplexity, jeune pousse de l’IA, s’insère dans un marché dominé par Google avec une offre de rachat record pour Chrome, le navigateur le plus utilisé au monde.
  • La proposition de 34,5 milliards de dollars est jugée bien en-dessous de la valeur réelle de Chrome par des experts et investisseurs du secteur.
  • Le contexte concurrentiel et réglementaire est tendu, avec des enquêtes antitrust susceptibles de chambouler l’écosystème digital d’Alphabet.
  • Perplexity promet de garder Google comme moteur de recherche par défaut, tout en préservant l’intégrité de Chromium, base open source essentielle du web.
  • Le rachat de TikTok US et l’intérêt manifesté par des géants comme Apple montre l’ambition de Perplexity de devenir un acteur incontournable de la tech.

En définitive, cette offre de rachat pourrait n’être qu’un coup d’éclat parmi tant d’autres – un peu comme un feu d’artifice dans un ciel déjà bien illuminé. Mais qui sait ? Peut-être que sous les paillettes se cache un vrai tremblement de terre pour les géants du web. Après tout, dans ce grand jeu de Monopoly numérique, il suffit parfois d’un pari audacieux pour bouleverser l’ordre établi… ou simplement faire parler de soi. À suivre avec attention, en attendant que les milliards décident du destin de nos navigateurs.


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