mar. Juin 23rd, 2026

New York, le 22 septembre 2025 (OPS) – La nécessité urgente d’explorer l’interaction entre les maladies infectieuses et les maladies non transmissibles (MNT), qui représentent ensemble les plus grands défis de santé publique dans les Amériques, a été soulignée par le Dr Jarbas Barbosa, Directeur de l’Organisation Panaméricaine de la Santé (OPS), lors d’un événement tenu à l’occasion de la 80ᵉ Assemblée Générale des Nations Unies.

Organisée en collaboration avec la Fondation Mérieux, le Weill Cornell Medical College, les Centres GHESKIO et l’OPS, la session intitulée “Raccourcir les écarts : Maladies non transmissibles et infectieuses dans un paysage de santé mondial en mutation” a rassemblé des experts mondiaux de la santé au Weill Cornell Medicine pour explorer des solutions intégrées en faveur d’un avenir plus sain.

“Les MNT, principalement les maladies cardiovasculaires, le cancer, le diabète et les maladies respiratoires chroniques, représentent les plus grands défis de santé publique de notre époque”, a affirmé le Dr Barbosa. “Dans les Amériques, elles ont causé 6 millions de décès en 2021, dont 38 % sont survenus prématurément chez des personnes de moins de 70 ans, dans leurs années les plus productives.” Il a également souligné que plus de 240 millions de personnes dans la région vivent avec des MNT et nécessitent un traitement et un suivi constants.

Le Dr Barbosa a insisté sur le fait que des facteurs liés au mode de vie, tels que le sédentarisme, les aliments ultratransformés, l’obésité, le tabagisme, la pollution de l’air et l’urbanisation rapide, alimentent cette épidémie. Il a également mis en avant le vieillissement de la population comme moteur important des MNT dans la région. Toutefois, il a souligné un aspect souvent négligé : le lien bidirectionnel entre les maladies infectieuses et les MNT, où chacune peut aggraver l’autre.

“Nous avons expérimenté cette interaction de manière dramatique durant la pandémie de COVID-19, lorsque les personnes atteintes de MNT étaient plus susceptibles à l’infection et confrontées à un risque accru de maladies graves et de décès”, a-t-il commenté. “Ainsi, durant la pandémie, l’OPS a veillé à la continuité des services pour les personnes atteintes de MNT, s’assurant que les comorbidités soient traitées adéquatement”, a-t-il ajouté.

Un exemple significatif est la relation entre le diabète et la tuberculose. “Chaque condition amplifie l’autre, compliquant tant le diagnostic que le traitement”, a-t-il expliqué. “Le diabète augmente la susceptibilité à la tuberculose et peut mener à des résultats sous-optimaux dans le traitement ou à un risque accru de résistance médicamenteuse. D’un autre côté, la tuberculose peut perturber le contrôle glycémique, déclencher un diabète, ou interférer avec sa gestion à cause d’interactions médicamenteuses”, a-t-il précisé. Dans des zones fortement touchées comme le Pérou, l’OPS s’efforce de faciliter le dépistage précoce et le traitement adéquat de ces deux conditions, en s’appuyant sur les recommandations mondiales concernant la tuberculose et ses comorbidités.

Les cancers d’origine infectieuse ont également été abordés. “Le cancer du col de l’utérus, qui touche près de 80 000 femmes chaque année en Amérique, est causé par l’infection persistante du virus du papillome humain (VPH)”, a affirmé le Dr Barbosa. “Le VPH est une infection transmissible sexuellement, et tant la vaccination que le dépistage sont des moyens rentables pour le prévenir. L’OPS aide les pays à accroître la couverture vaccinale pour atteindre les objectifs d’élimination : 90 % de vaccination contre le VPH, 70 % de dépistage et 90 % de traitement.”

De même, le cancer du foie, lié à l’hépatite B et C, est intégré au programme d’immunisation de l’OPS. L’Organisation collabore avec les gouvernements et la société civile pour vacciner les nouveau-nés contre l’hépatite B dans les 24 heures suivant leur naissance et promouvoir le traitement de l’hépatite B et C pour prévenir le cancer du foie.

Les recherches émergentes mettent également en lumière le rôle du microbiome intestinal dans les MNT telles que l’obésité, le diabète et les maladies cardiovasculaires. “Les études montrent que le microbiome intestinal, incluant les génomes bactériens, influence des conditions comme l’obésité, le diabète, les maladies cardiovasculaires, ainsi que des troubles immunitaires et des cancers”, a-t-il signalé. “On s’attend à ce que la charge de MNT associée à des causes infectieuses augmente à mesure que nous apprenons davantage sur la microbiote”, a-t-il ajouté.

Il a également souligné que les déterminants sociaux comme la pauvreté et l’inégalité contribuent à la propagation des maladies infectieuses, telles que le VIH, la tuberculose et l’hépatite, tout autant que des MNT. “Aborder ces déterminants sociaux est essentiel non seulement pour prévenir les maladies infectieuses, mais constitue aussi un pilier fondamental pour toute réponse efficace envers les MNT”, a-t-il affirmé.

Pour faire passer le dialogue à l’action, le Dr Barbosa a exhorté les pays à renforcer des approches de santé intégrées qui traitent conjointement les maladies infectieuses et les MNT. Il a appelé les gouvernements et les partenaires à prioriser le dépistage précoce des comorbidités, maintenir la continuité des soins durant les crises, élargir les interventions rentables comme la vaccination contre le VPH et l’hépatite B, et combattre les inégalités sociales et économiques qui affectent les résultats de santé. Ces mesures sont essentielles pour bâtir des systèmes de santé plus résilients, inclusifs et durables.

Bon à savoir

  • Les MNT incluent des maladies comme le diabète et les maladies cardiovasculaires, qui touchent un nombre croissant de personnes dans le monde.
  • La lutte contre des infections comme le VPH et l’hépatite est cruciale pour réduire la charge de certains types de cancer.
  • Le lien entre des facteurs socio-économiques et la santé souligne l’importance d’une approche holistique en matière de santé publique.

En considérant l’interconnexion entre les maladies infectieuses et non transmissibles, il devient essentiel de repenser notre approche de la santé publique. Cela représente non seulement un enjeu pour les professionnels de santé, mais aussi pour la société dans son ensemble, qui doit collaborer pour relever ces défis croissants. Quelles stratégies devrions-nous adopter pour garantir un avenir plus sain pour tous ?


Partager : X Facebook WhatsApp LinkedIn Reddit

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *