Ancienne dirigeante de Meta, Sarah Wynn-Williams fait face à des difficultés financières majeures depuis la publication de son livre explosif dénonçant les pratiques de l’entreprise, notamment ses relations avec la Chine et son impact sur les adolescents.
Lors d’un débat au Parlement, la députée Louise Haigh a alerté sur la situation de Wynn-Williams, ex-directrice de la politique publique mondiale chez Facebook, avant la transformation de la société en Meta. Selon elle, l’entreprise de Mark Zuckerberg chercherait à « faire taire et à punir » Sarah Wynn-Williams, laquelle risque une amende de 50 000 dollars (environ 37 000 euros) à chaque violation d’une injonction légale l’empêchant de critiquer Meta.
Publié cette année, Careless People livre une série d’accusations sur la culture interne de Meta, dont des allégations de harcèlement sexuel démenties par la société. Meta affirme que Sarah a été licenciée pour « performance médiocre » et comportement « toxique ».
Après avoir publié son témoignage, la lanceuse d’alerte a été empêchée de promouvoir son livre à la suite d’une décision judiciaire obtenue par Meta, qui possède Facebook et Instagram. Elle a également témoigné devant une sous-commission judiciaire du Sénat américain, où elle a affirmé que Meta collaborait étroitement avec Pékin en matière de censure, une accusation niée par l’entreprise.
La maison d’édition Pan Macmillan annonce avoir vendu plus de 150 000 exemplaires toutes éditions confondues, et le livre figure parmi les meilleures ventes de livres en dur du Sunday Times en 2025. Une version poche est prévue pour début 2026.
Louise Haigh a souligné que la prise de parole de Sarah Wynn-Williams l’avait mise au bord de la faillite. Elle a dénoncé l’utilisation continue des clauses de confidentialité dans les cas de harcèlement sexuel, malgré les déclarations publiques contraires de Meta.
« Meta a imposé une clause de silence à Sarah et tente de lui infliger une amende de 50 000 dollars à chaque infraction. Elle est en passe de faire faillite », a affirmé la députée, appelant le gouvernement à soutenir la protection des lanceurs d’alerte.
Le montant évoqué correspond aux pénalités prévues par un accord de séparation signé par Wynn-Williams en 2017, qui incluait une clause de non-dénigrement signée volontairement. Meta précise que, jusqu’à présent, aucune sanction financière n’a été appliquée.
La société refuse pour l’instant de commenter l’intervention parlementaire, précédemment qualifiant le témoignage de Sarah devant le Sénat de « déconnecté de la réalité » et de contenant des « fausses accusations » concernant la Chine et le traitement des adolescents.
Meta, tout en assurant que Sarah a été renvoyée pour « mauvais résultats » et comportement toxique, souligne qu’une enquête a invalidé ses accusations de harcèlement. L’entreprise considère que la décision de justice interdisant la promotion du livre confirme que celui-ci est « faux et diffamatoire » et n’aurait jamais dû être publié.
Cette injonction contraint Sarah Wynn-Williams à cesser la promotion de son ouvrage et, autant que faire se peut, d’arrêter sa diffusion, sans que la maison d’édition Pan Macmillan soit concernée par cette mesure.
Depuis son audition au Sénat en avril, Sarah est restée silencieuse en public. Dans une déclaration écrite récente, elle s’est dite reconnaissante que le Sénat poursuivre l’enquête sur Meta. Elle a exhorté les salariés du secteur technologique à partager leurs informations avant que davantage d’enfants ne soient impactés.
Son avocat confirme qu’elle reste empêchée de parler des sujets investigués par le Congrès, malgré les appels unanimes de celui-ci à ce que Meta mette fin à ses procédures d’arbitrage, qui risquent de la mener à la ruine.
Points à retenir
- Sarah Wynn-Williams, ex-dirigeante de Meta, dénonce la culture d’entreprise et les pratiques de la société envers ses employés et la Chine.
- Elle fait face à des mesures judiciaires de la part de Meta, dont une injonction l’empêchant de parler librement de son livre et des sanctions financières lourdes en cas de non-respect.
- Le livre Careless People a rencontré un succès commercial notable malgré les tentatives de blocage.
- Le débat parlementaire met en lumière la persistance des clauses de confidentialité dans des dossiers sensibles, y compris le harcèlement sexuel.
- L’affaire soulève des questions sur la protection des lanceurs d’alerte dans le secteur privé et sur les pratiques des géants de la tech.
Au-delà de la bataille judiciaire, ce dossier illustre la tension entre les grandes entreprises technologiques, leurs responsabilités sociales, et la liberté d’expression des anciens collaborateurs. Cela pose une question simple : comment, dans un monde où le pouvoir économique croise le politique, protéger ceux qui osent briser le silence sans risquer la ruine ?
Et puis, entre nous, si Meta s’amuse à punir ses ex-employés à coups de clauses et d’injonctions, c’est presque trop facile. Peut-être qu’il faudrait qu’ils songent à réviser leur manuel de management avant que ça finisse en saga judiciaire façon feuilleton Netflix. Mais bon, qui suis-je pour leur donner des conseils ?
