
Le DSS dépose une plainte contre Sowore, Twitter et Facebook pour un post anti-Tinubu
Le Département des Services de l’État (DSS) a intenté une action pénale de cinq chefs d’accusation contre Omoyele Sowore, candidat à la présidence du Congrès de l’Action Africaine (AAC), ainsi que contre deux géants de la technologie—X Corp (anciennement Twitter) et Meta Platforms Inc., propriétaires de Facebook—devant un tribunal fédéral à Abuja.
Selon des informations recueillies par PRNigeria, ces accusations sont nées du refus présumé de Sowore de retirer ce que le DSS qualifie de posts “faux, malveillants et incitatifs” à l’encontre du Président Bola Ahmed Tinubu sur ses comptes vérifiés X et Facebook.
Le 8 septembre, le DSS avait donné un ultimatum d’une semaine à Sowore pour faire disparaître ces publications, mais la demande a expiré sans réponse. Les deux entreprises ont également rejeté une demande du DSS pour désactiver les comptes de l’activiste.
La plainte a été déposée par M.B. Abubakar, Directeur des Poursuites Pénales au Ministère Fédéral de la Justice, accompagné de quatre autres avocats du DSS—M.E. Ernest, U.B. Bulla, Dr. C.S. Eze, et E.G. Orubor.
Selon le dossier de l’affaire, Sowore aurait publié des messages les 25 et 26 août 2025, qualifiant le Président Tinubu de “criminel” et l’accusant de mensonges sur la corruption au Nigeria lors d’un voyage officiel au Brésil.
Le DSS a affirmé que Sowore était conscient de la fausseté de ces allégations mais les a diffusées dans le but de susciter un désordre public et de la désaffection envers le Président.
Un des chefs d’accusation mentionne : “Que vous, Omoyele Sowore, homme adulte, le ou vers le 25 août 2025, dans la juridiction de cette Cour Honorable, a utilisé votre page officielle X, @YeleSowore, pour envoyer un message que vous savez être faux mais posté dans le but de provoquer une rupture de l’ordre public dans le pays, en particulier parmi les individus ayant des opinions divergentes sur la personnalité du Président et Commandant-en-Chef des Forces Armées de la République Fédérale du Nigeria, Bola Ahmed Tinubu (GCFR), commettant ainsi une infraction contraire à l’article 24 (1)(b) de la Loi modifiée sur les Cybercrimes (Prohibition, Prevention, etc.) de 2024.”
Le second chef d’accusation prétend que Sowore a répété le même post sur sa page officielle Facebook le 26 août. Les troisième et quatrième chefs d’accusation l’accusent de publication de matériel diffamatoire à l’encontre de la personne et du bureau du Président, en violation de l’article 375 du Code Pénal. Le cinquième chef d’accusation lui reproche de diffuser de fausses informations dans le but de créer de la panique et des perturbations publiques, en violation de l’article 59 de la même loi.
Le DSS soutient que les publications de Sowore, laissées sans réponse, pourraient compromettre la sécurité nationale et provoquer une rupture de l’ordre public.
L’affaire n’a pas encore été attribuée à un juge pour entamer le procès à Abuja.
Parallèlement, Sowore a défendu publiquement ses propos en insistant sur son droit constitutionnel à la libre expression et à la responsabilité des dirigeants.
Points à retenir
- Le DSS a déposé cinq chefs d’accusation contre Sowore pour des publications jugées diffamatoires.
- X Corp et Meta ont refusé de désactiver les comptes de Sowore malgré la demande du DSS.
- Les accusations s’accompagnent d’allégations de diffusion d’informations fausses pour inciter à la désobéissance civile.
- Sowore persiste à défendre son droit à l’expression libre, soulignant l’importance de rendre des comptes aux dirigeants.
En conclusion, cette affaire soulève des questions cruciales sur la liberté d’expression et la responsabilité des leaders politiques. Dans un monde où les réseaux sociaux jouent un rôle prépondérant dans la diffusion d’informations, comment peut-on trouver un équilibre entre la protection de la réputation des dirigeants et le droit du public à obtenir une information critique et transparente ?
