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Une femme regarde son smartphone

AUDIO : Pourquoi le scrolling infini des mauvaises nouvelles nous captive (3 min)

Médias sociaux

Mis à jour le 16 août 2026 à 03h36

Se laisser happer par des nouvelles négatives alors que l’on veut arrêter : ce phénomène, connu sous le nom de “doomscrolling”, inquiète les experts pour ses impacts sur le sommeil et la santé mentale. Une étudiante de Thuringe raconte comment elle s’est extrait de ce cercle vicieux.

Rédigé par LesNews

Un téléphone sur un clavier d'ordinateur, affichant le logo Google

Personnaliser les nouvelles

Hanna Catterfeld, étudiante à Gotha, avait initialement prévu d’étudier pour un examen, mais a constaté qu’elle passait de plus en plus de temps sur son smartphone. Elle a alors pris conscience que son utilisation des médias devenait problématique.

Quand des minutes deviennent des heures

« Mon examen est dans cinq jours et je suis collée des heures sur mon téléphone sans rien faire. Ce n’est pas normal, je dois agir. » Elle n’est pas seule dans cette situation. Le phénomène du scrolling incessant des réseaux sociaux, des nouvelles et vidéos a été nommé “doomscrolling”, un terme qui combine le mot anglais “doom” (destin funeste) et l’action de “désirer scroller”.

« Je suis collée des heures sur mon téléphone. »
Hanna Catterfeld, étudiante à Gotha

Pourquoi accrochons-nous aux nouvelles négatives ?

Pourquoi est-il si difficile pour beaucoup de personnes de s’arrêter ?

Tina Horlitz, conseillère psychosociale, explique qu’il existe un mécanisme psychologique appelé “biais de négativité”. Ce biais nous pousse, sur le plan évolutionnaire, à prêter davantage attention aux éléments inquiétants qui peuvent nous mettre en danger.

Les nouvelles négatives attirent plus l’attention que les positives. De plus, les réseaux sociaux proposent souvent d’autres contenus similaires à ceux déjà consultés, renforçant ainsi ce cercle vicieux.

Ce comportement touche particulièrement les jeunes qui apprennent encore à naviguer dans l’univers médiatique.

Conséquences sur le sommeil et la santé mentale

Le “doomscrolling” a des répercussions notables sur le sommeil et le bien-être psychologique. Birgit Dziuk, directrice de la BARMER Sachsen-Anhalt, indique que vérifier les nouvelles le soir peut engendrer des insomnies : « Qui regarde les nouvelles le soir a souvent du mal à s’endormir. »

« Qui regarde les nouvelles le soir a souvent du mal à s’endormir. »
Birgit Dziuk, directrice de la BARMER Sachsen-Anhalt

Les contenus angoissants se retrouvent souvent dans les pensées des individus avant de dormir, rendant l’endormissement difficile et accentuant le stress et l’anxiété.

Hanna se sent également concernée par ces effets, indiquant que son humeur s’est dégradée à cause de ce scrolling incessant. « Quand des contenus tristes m’étaient proposés, cela me touchait vraiment. »

Plus d’un quart des jeunes utilise les réseaux sociaux de manière problématique

La problématique de l’utilisation excessive des médias est étudiée depuis plusieurs années. Selon une récente étude, plus de 25 % des jeunes de 10 à 17 ans affichent une utilisation à risque ou malsaine des médias sociaux. Ce chiffre a plus que doublé depuis 2019.

D’après la DAK, 21,5 % des jeunes utilisent les réseaux sociaux de manière risquée, tandis que 6,6 % sont considérés comme des utilisateurs pathologiques, ce qui représente environ 1,5 million d’enfants et d’adolescents en Allemagne.

Comment lutter contre cette tendance

La psychologue Horlitz propose des solutions pour sortir de ce cercle vicieux. La première étape est de prendre conscience de son comportement : « Le plus grand pas est de réaliser que l’on passe beaucoup de temps en ligne. »

Reconnaître le problème permet de mettre en place des stratégies, comme fixer des horaires dédiés à la consultation d’informations, prendre des pauses numériques et critiquer les notifications push qui nous sollicitent constamment.

Hanna se sauve

Pour elle, la solution a été de se déconnecter temporairement de certaines plateformes. « J’ai supprimé TikTok et Instagram de mon téléphone. »

Aujourd’hui, elle se sent plus en contrôle de sa consommation des médias. Reconnaître le problème a été une étape clé. Son conseil : ne pas hésiter à demander de l’aide ou à établir des règles concernant sa consommation de médias.

Il est presque impossible d’éviter les réseaux sociaux au quotidien, mais il est essentiel de réguler sa consommation d’informations, car quelques minutes peuvent rapidement s’étirer en heures.

Points à retenir

  • Le doomscrolling fait référence à la tendance à défiler des nouvelles négatives sans fin.
  • Il est alimenté par un biais de négativité qui attire plus notre attention sur ce qui est préoccupant.
  • Les jeunes sont particulièrement susceptibles de ce comportement, car ils apprennent à naviguer dans les médias.
  • Les impacts incluent des difficultés de sommeil et une dégradation de la santé mentale.
  • Des solutions existent, comme limiter le temps passé en ligne et être critique vis-à-vis des contenus consommés.

En tant que passionné des médias et des nouvelles technologies, je reste fasciné par l’évolution de notre rapport à l’information. Cette dynamique du doomscrolling soulève des questions essentielles sur notre santé mentale et notre bien-être. Comment allons-nous naviguer dans cet océan d’informations tout en préservant notre équilibre psychologique ? Il est grand temps d’en débattre.


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