Berlin.
Dans le cadre du débat sur l’âge minimum d’accès aux « réseaux sociaux », le SPD et les Jusos se sont opposés aux interdictions d’utilisation pour les mineurs, plaidant plutôt pour une responsabilité accrue des opérateurs de plateforme.
« De nombreux jeunes ressentent les réseaux sociaux comme une pression – et les plateformes en prennent acte », a déclaré Philipp Türmer, président des Jusos, au RedaktionsNetzwerk Deutschland (RND). Les risques et les éventuels dommages sont acceptés par les opérateurs « parce que l’attention génère des profits », a-t-il ajouté. « C’est pourquoi nous, les Jusos, attendons un engagement fort en matière de régulation des plateformes. »
Jusos : l’UE doit imposer des sanctions
Türmer a évoqué le licenciement de « fact-checkers » chez Facebook, l’utilisation abusive de bots d’IA pour de la « violence numérique sexuelle » sur X, ainsi que les algorithmes « opaques » de TikTok. En ce sens, il a exigé : « Le Digital Service Act européen doit être appliqué de manière effective, avec des responsabilités claires, des sanctions significatives et une réelle transparence sur les algorithmes et la modération. »
Il a également souligné que se reposer sur une seule mesure ne suffit pas : « En plus d’une application stricte du DSA, il est nécessaire de renforcer l’éducation numérique ainsi que de créer des structures de conseil et de rapport accessibles », a-t-il précisé.
La branche parlementaire du SPD s’oppose aussi à des interdictions spécifiques pour les mineurs. Carmen Wegge, porte-parole en droit, a déclaré au RND : « Les plateformes sociales peuvent être addictives et contribuent à la radicalisation des individus. »
Les interdictions générales pour les jeunes ou l’exigence de noms réels ne répondent pas au cœur du problème, a ajouté Wegge : « Nous devons responsabiliser les plateformes et renforcer les droits des consommateurs. Cela implique notamment de pouvoir choisir ce que l’algorithme nous montre. Nous avons également besoin d’éducation aux médias, non seulement pour les jeunes, mais pour toutes les tranches d’âge. »
La gouvernement a déjà mis en place une commission d’experts pour « la protection des enfants et des jeunes dans le monde numérique », composée de chercheurs et de praticiens qui formuleront des recommandations d’ici l’été.
En amont de son congrès fin février, la CDU a déjà commencé à débattre des interdictions d’accès aux réseaux sociaux pour les enfants. Le groupe CDU du Schleswig-Holstein a proposé d’établir un « âge minimum légal de 16 ans pour les plateformes ouvertes », avec une vérification d’âge obligatoire.
Avant-garde : l’Australie
Il y a deux mois, l’Australie est devenue le premier pays à instaurer un interdiction générale des réseaux sociaux pour les moins de 16 ans. Le gouvernement vise à « rendre leur enfance aux enfants » et à les protéger contre le cyberharcèlement et la consommation de contenus dérangeants. Des initiatives similaires sont envisagées en France, au Royaume-Uni, en République tchèque et dans d’autres pays pour interdire l’accès aux moins de 15 ou 16 ans.
Le Parlement européen a également soutenu en novembre un âge minimum de 16 ans pour l’accès aux réseaux sociaux, sous contrôle parental à partir de 13 ans. En théorie, il faut avoir 13 ans dans l’UE pour utiliser ces plateformes, car c’est à partir de cet âge que les jeunes peuvent donner leur consentement pour l’utilisation de leurs données.
En Allemagne, une enquête récente de l’institut YouGov a révélé que plus de 70 % des personnes interrogées souhaitent un âge minimum pour l’accès aux réseaux sociaux. Pendant ce temps, d’autres pays avancent dans ce sens.
Points à retenir
- Les jeunes ressentent une pression liée aux réseaux sociaux, mis en évidence par les Jusos.
- Les opérateurs doivent être plus responsables face aux risques associés à ces plateformes.
- Le Digital Service Act nécessite une mise en œuvre stricte pour garantir la transparence.
- Des mesures éducatives sont nécessaires pour tous les âges pour mieux naviguer sur ces plateformes.
- Le débat sur l’âge minimum d’accès aux réseaux sociaux est en cours dans plusieurs pays, y compris en Allemagne.
À titre personnel, je trouve ce débat essentiel. La question de la protection des jeunes face à l’influence parfois néfaste des réseaux sociaux n’est pas à prendre à la légère. Il est crucial de créer un équilibre entre la liberté d’accès à l’information et la sécurité des plus vulnérables. Comment, selon vous, devrions-nous avancer dans ce domaine ?