Sur les réseaux sociaux, une mobilisation massive a été orchestrée en amont de la crise de Ceuta. Un nouvel événement est annoncé pour ce samedi. L’ancien commissaire Thierry Breton évoque une « situation de menace hybride ».
Migrants ayant franchi la frontière à Ceuta. Reuters / Pedro Nunes
Le 31 juillet, environ 60 000 migrants ont afflué vers l’une des rares frontières terrestres de l’UE avec l’Afrique, à la frontière espagnole de Ceuta. Tragiquement, au moins 90 d’entre eux ont perdu la vie et d’autres sont portés disparus. À la fin juillet, des informations circulaient sur TikTok, Facebook, WhatsApp et parfois sur X, indiquant les meilleures façons de rejoindre Ceuta depuis le Maroc. Des témoignages locaux, vidéos et publications de migrants ayant réussi à atteindre Ceuta, ainsi que des conseils sur les itinéraires, se sont répandus.
Des publications incitant à rejoindre une action collective le 15 août, soit ce samedi, deviennent de plus en plus fréquentes. Récemment, les autorités espagnoles ont mis en garde, indiquant que l’ampleur de l’événement pourrait dépasser celle de fin juillet. Une enquête de « Maldita » a révélé la présence de 422 560 membres dans plus de dix groupes préparant leur départ vers la côte, avec « El Tarajal / Bab Sebta » như point de rendez-vous récurrent.
Après avoir critiqué TikTok et d’autres plateformes sur leur rôle lors des événements des 30 et 31 juillet, la Commission européenne a annoncé de nouvelles mesures. Comme l’a déclaré la commissaire européenne Henna Virkkunen, les plateformes doivent désormais surveiller la désinformation de manière plus ciblée, surtout en prévision d’une nouvelle vague attendue le 15 août. Meta et TikTok se sont engagés à faire vérifier les contenus concernant les traversées frontalières avant publication. L’objectif est d’empêcher les réseaux criminels d’attirer des migrants potentiels par des fausses informations, ce qui a entraîné des tragédies dans le passé.
L’ancien Commissaire européen au marché intérieur, Thierry Breton, a critiqué l’absence d’enquête sur la désinformation concernant la crise de Ceuta. Selon lui, il s’agit d’un « premier grand assaut hybride algorithmique ». Dans une interview accordée au quotidien italien « La Stampa », il plaide pour une initiative qui relierait les réglementations actuelles relatives à la lutte contre l’immigration au Digital Services Act (DSA). Ce dernier prévoit déjà des mesures pour atténuer les risques systémiques et des mécanismes d’alerte en cas de crise.
Breton exhorte à élargir ces systèmes de reconnaissance des risques à la question migratoire. Depuis 2026, les nouvelles règles du pacte migratoire s’appliquent aux frontières extérieures de l’UE. Pour lui, Ceuta est un avertissement : « Sans comprendre le mécanisme algorithmique, chaque future crise à Ceuta risque de déboucher sur un nouveau blocage. »
Points à retenir
- La crise de Ceuta a vu l’afflux de 60 000 migrants le 31 juillet, entraînant des pertes humaines tragiques.
- Des informations sur les voies d’accès à Ceuta circulent activement sur les réseaux sociaux.
- Une nouvelle action collective est prévue pour le 15 août, avec un point de rendez-vous identifié.
- Les autorités espagnoles craignent une intensification des événements par rapport aux jours précédents.
- La Commission européenne accuse les plateformes de médias sociaux de ne pas lutter efficacement contre la désinformation.
Ce sujet me touche profondément, car il soulève des questions sur la sorte de société que nous voulons construire. La quête de sécurité aux frontières ne doit pas se faire au détriment des vies humaines. La gestion de la migration nécessite une réflexion collective et bienveillante. Et vous, que pensez-vous des solutions envisagées face à cette situation complexe?
