Les jeunes plébiscitent des interdits sur les réseaux sociaux.
Une récente enquête en ligne menée par la Techniker-Krankenkasse dévoile que les jeunes sont très présents sur les plateformes de médias sociaux, mais leur utilisation est moins superficielle qu’on pourrait le penser. Fait surprenant, 55 % des répondants, âgés de 12 à 17 ans, se prononcent en faveur d’interdits sur les réseaux sociaux, malgré une évaluation majoritairement positive de leur expérience en ligne.
Il est essentiel d’examiner de près les résultats de cette enquête réalisée au printemps. En effet, seulement 8 % des sondés ont soutenu un interdit total sur les réseaux sociaux, tandis que 47 % préfèreraient une limite d’âge, se situant en moyenne à 14 ans. Les filles sont plus enclines à demander des interdits que les garçons, et les adolescents plus âgés tendent également à soutenir cette idée. Ce positionnement pourrait paradoxalement contribuer à affaiblir les demandes pour des interdictions plus strictes, qui sont actuellement à l’ordre du jour dans plusieurs pays.
« De nombreux jeunes n’arrivent pas à réduire leur consommation de médias sociaux par eux-mêmes. »
Lilli Berthold Bundesschüler*innenkonferenz
En Allemagne, le débat politique tend également vers des mesures d’interdiction. Toutefois, il y a un manque évident : les jeunes concernés sont peu ou pas du tout consultés. L’objectif de la Techniker-Krankenkasse était de rompre avec cette dynamique en collectant l’avis des enfants et des adolescents. Leur évaluation, pourtant majoritairement positive, mérite d’être entendue.
En effet, 65 % des jeunes estiment que les réseaux sociaux leur apportent plutôt du bien, et 15 % un bienfait significatif. La majorité utilise ces plateformes pour se divertir, partager des vidéos, des mèmes, et participer à des défis. D’autres se connectent avec des amis (64 %), tout en recherchant des idées pour des activités comme le sport ou la cuisine. Un tiers des répondants suit des influenceurs.
À l’inverse, seuls 14 % des jeunes perçoivent ces plateformes principalement de manière négative. YouTube reste le réseau social préféré, suivi de TikTok, Instagram, Snapchat et Roblox. Parmi les critiques, 57 % des utilisateurs évoquent l’excès de publicités, un point souvent soulevé par les garçons. De plus, 52 % s’inquiètent des fausses informations, et 36 % estiment passer trop de temps en ligne. Le harcèlement et les contenus indésirables représentent également des préoccupations majeures avec des chiffres de 35 % et 31 % respectivement.
Les jeunes qui passent plus de quatre heures par jour sur les réseaux sociaux rapportent plus souvent des impacts négatifs sur leur bien-être, tels que des déprimes, des troubles anxieux, une insatisfaction corporelle ou des problèmes de sommeil. Près de la moitié de ces « heavy users » signalent fréquemment une mauvaise humeur, accompagnée de douleurs physiques comme des maux de tête et des tensions musculaires.
Ces résultats mettent en lumière des enjeux que parents, écoles et autres acteurs doivent prendre en compte. Lilli Berthold, invitée par la TK pour présenter les résultats, déclare que les interdits ne fonctionnent pas puisque les jeunes trouvent toujours des moyens de contourner les restrictions. Par exemple, de nombreux élèves apportent des téléphones de secours à l’école, même lorsqu’on leur demande de les laisser à la maison.
Berthold suggère que la solution ne repose pas sur des interdictions mais sur l’acquisition de compétences médiatiques. De nombreux jeunes expriment leur besoin d’accompagnement, avec en priorité des vidéos explicatives fournies par les plateformes elles-mêmes, des discussions avec leurs parents ou des groupes de pairs, ainsi que des ateliers et projets, toutes des formes de soutien plébiscitées par au moins 40 % des répondants.
Points à retenir
- 55 % des jeunes soutiennent des restrictions sur les réseaux sociaux, malgré une utilisation jugée positive.
- Une majorité se prononce contre un interdit total, préférant une limite d’âge en moyenne à 14 ans.
- Les préoccupations principales sont la surabondance de publicités et les fausses informations.
- Les impacts négatifs sur le bien-être se manifestent principalement chez les jeunes utilisateurs intensifs.
- Il semble crucial de développer les compétences médiatiques plutôt que d’imposer des interdictions.
En tant que journaliste, je ressens un besoin croissant de dialogue autour de ces questions. Comment pouvons-nous mieux éduquer nos jeunes face aux défis que représentent les réseaux sociaux ? Les solutions passent par des conversations ouvertes et une compréhension approfondie plutôt que par des choix restrictifs. Qu’en pensez-vous ?
