sam. Juin 27th, 2026

Hendrik Streeck, responsable des questions de dépendance et de drogue au sein du gouvernement allemand, plaide en faveur de systèmes de classification d’âge et de mécanismes de protection pour les réseaux sociaux, à l’instar de ceux appliqués dans l’industrie cinématographique. « Je pense qu’il serait judicieux de réfléchir à des limites d’âge graduées, semblables à celles de la classification des films », a déclaré Streeck. Il envisage notamment que certaines fonctionnalités ou contenus d’applications ne soient accessibles qu’à partir d’un certain âge. Les algorithmes conçus pour prolonger l’usage doivent être adaptés à l’âge. « Les enfants ont besoin d’espaces de protection, et non de boucles sans fin », a-t-il averti.

La FSK, abréviation de Freiwillige Selbstkontrolle der Filmwirtschaft, est une organisation qui évalue les films et autres médias, fournissant des classifications d’âge légalement contraignantes en Allemagne, afin de protéger la jeunesse.

État des lieux sur les réseaux sociaux

Cette prise de position de Streeck découle d’une étude récente de DAK-Gesundheit, révélant que les enfants et les adolescents consacrent en moyenne 150 minutes par jour aux réseaux sociaux, un chiffre qui grimpe à 224 minutes le week-end. Streeck souligne que ce n’est pas tant la durée d’utilisation qui est préoccupante, mais plutôt ses conséquences : « Ce n’est pas le nombre de minutes qui compte, mais ce qui est sacrifié en cours de route. » Si cela nuit aux amitiés, à l’activité physique, aux passe-temps ou aux résultats scolaires, l’utilisation des médias peut alors devenir problématique.

Hendrik Streeck / Drogenbeauftragter

Hendrik Streeck propose un système de protection pour les réseaux sociaux, insistant sur l’importance de réguler les recommandations pour les enfants.
© FUNKE Foto Services | Reto Klar

Streeck conseille aux parents d’être attentifs et d’établir des règles claires au sein de la famille. « Les parents doivent s’inquiéter lorsque leurs enfants ne peuvent plus se détacher de leur téléphone, même pendant de courtes pauses. Des conversations ouvertes et sans reproches sont essentielles. Le sommeil suffisant et des périodes sans téléphone sont cruciaux : ce n’est pas un manque de confiance, mais de l’attention. »

Rejet d’un interdiction générale

Concernant l’interdiction générale des réseaux sociaux pour les moins de 16 ans, Streeck est sceptique. « Les interdictions ne doivent jamais être le premier recours. Les médias numériques font partie intégrante de la vie des jeunes ; on ne peut pas les ignorer. » Il préconise plutôt de renforcer la participation numérique, l’éducation aux médias et l’autonomie informationnelle. Les jeunes doivent apprendre à évaluer les contenus et à développer leur propre opinion.

Streeck insiste sur la responsabilité de l’État et des opérateurs de plateformes pour protéger les jeunes. « Dans la protection des jeunes, nous ne devons exclure aucune mesure », a-t-il déclaré. Il évoque également la nécessité d’une réglementation stricte et d’une obligation renforcée pour les plateformes de limiter les risques liés aux conceptions addictives. « Par exemple, un enfant regardant une vidéo de Winnie l’Ourson se retrouve immédiatement exposé à un flux incessant de contenus similaires, ce qui complique l’arrêt de la visualisation. Je trouve cela problématique. »

Points à retenir

  • La proposition de Streeck inclut des classifications d’âge pour les applications et les réseaux sociaux.
  • Les parents doivent établir des règles claires et mener des discussions ouvertes sur l’utilisation des médias.
  • La durée d’utilisation des réseaux sociaux n’est pas l’unique facteur de risque.
  • Un système de protection doit être mis en place pour encadrer les jeunes dans l’utilisation des technologies.
  • La formation à l’évaluation critique des contenus numériques est essentielle pour les jeunes.

En tant qu’observateur attentif des évolutions numériques, je pense qu’il est essentiel d’ouvrir le débat autour de l’impact des réseaux sociaux sur notre société. En offrant aux jeunes des outils d’évaluation et de réflexion, nous leur permettons non seulement de naviguer plus sereinement dans cet univers complexe, mais également de mieux appréhender le monde qui les entoure.


Partager : X Facebook WhatsApp LinkedIn Reddit

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *