Musique générée par l’IA : Deezer voit plus de la moitié des nouvelles mises en ligne issues de l’IA
La plateforme française Deezer a annoncé mardi que les morceaux créés par intelligence artificielle représentaient désormais plus de la moitié des nouvelles mises en ligne chaque jour — un cap symbolique qui confirme l’envolée de cette technologie dans l’écosystème musical.

Un tournant annoncé
Selon le communiqué de Deezer, les uploads générés par l’IA ont culminé en juin, avec en moyenne 90 000 titres détectés sur le mois. La direction estime qu’il s’agit du premier franchissement significatif du seuil des 50 % des ajouts quotidiens sur la plateforme.
Alexis Lanternier, le PDG de Deezer, a qualifié ce constat de « moment décisif » tout en assurant que la société dispose des outils nécessaires pour suivre et encadrer cette évolution. Il a rappelé les efforts menés par Deezer pour protéger les créateurs, notamment contre la fraude et la dilution des rémunérations liées à l’IA.
Une progression régulière
Le volume de contenus générés par l’IA a augmenté de façon soutenue depuis début 2025 : Deezer rapporte une montée allant d’environ 10 000 titres par jour en janvier 2025 à des niveaux proches de 90 000 aujourd’hui. Malgré ce flux massif, la consommation réelle par les auditeurs reste faible — évaluée entre 1 % et 3 % des écoutes totales sur la plateforme — et la plupart des écoutes associées à ces morceaux ont été identifiées comme frauduleuses et déconnectées de toute rémunération.
La plateforme précise qu’elle supprime les pistes liées à des fraudes d’écoute, ainsi que celles qui n’obtiennent aucune lecture pendant six mois, afin de préserver l’écosystème des artistes réels.
Des réponses variées chez les acteurs du secteur
Face à cette montée de l’IA, les plateformes ont adopté des stratégies différentes. Bandcamp, réputée pour son soutien aux artistes indépendants, a choisi d’interdire purement et simplement les morceaux générés par IA. Tidal a opté pour la coupure de toute monétisation associée à ces contenus. Apple Music propose un système volontaire d’étiquetage IA, tandis que Spotify a mis en place sa propre politique encadrant l’usage de l’IA dans la production musicale. Deezer rappelle par ailleurs que son outil de détection est en service depuis début 2025 et qu’en 2025 plus de 13,4 millions de titres générés par IA y ont été repérés et étiquetés — une initiative que la plateforme française affiche comme pionnière.
Points à retenir
- Deezer indique que plus de la moitié des nouvelles mises en ligne chaque jour proviennent désormais de l’IA.
- Le volume de contenus IA a fortement augmenté depuis janvier 2025, pour approcher aujourd’hui des dizaines de milliers de titres détectés.
- La consommation effective de ces contenus reste faible (1–3 % des écoutes) et de nombreuses écoutes associées ont été jugées frauduleuses et déconnectées de la monétisation.
- Deezer supprime les morceaux liés à la fraude et ceux qui n’obtiennent aucune lecture pendant six mois pour limiter la pollution du catalogue.
- Les plateformes adoptent des réponses contrastées : Bandcamp bannit, Tidal coupe la monétisation, Apple Music propose un étiquetage volontaire et Spotify applique sa propre politique — chacune apporte sa contribution au débat.
- Deezer se présente comme l’un des premiers acteurs à avoir développé et déployé un outil de détection et d’étiquetage des morceaux générés par IA.
En tant que journaliste, je constate que nous sommes à la croisée des chemins : l’IA transforme la production musicale, mais elle pose aussi des questions concrètes sur la rémunération, la visibilité des vrais talents et l’intégrité des catalogues. Pour moi, il est crucial d’ouvrir un dialogue large — entre plateformes, créateurs, législateurs et auditeurs — afin d’élaborer des règles claires qui protègent la créativité sans étouffer l’innovation.
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