ven. Juin 26th, 2026
Découvrez le barbier star de TikTok qui utilise une pelle et un fer à repasser pour couper les cheveux !

Le barbier qui révolutionne la coiffure à Nairobi

Dans une modeste cabane en bord de route à la périphérie de Nairobi, Ian Njenga s’installe pour une coupe de cheveux peu ordinaire.

Entouré d’outils agricoles accrochés aux murs en bois – une pelle, des cisailles, et une clé à molette – il ne vient pas pour du matériel. Il est là pour l’art distinctif de Safari Martins, un barbier qui a su rassembler un million de followers sur Instagram et TikTok sous le nom de Chief Safro.

M. Martins explique sa méthode : « J’utilise simplement des outils peu conventionnels. » Quelques instants plus tard, le bord tranchant d’une pelle glisse sur le crâne de M. Njenga, ôtant habilement les cheveux dans des mouvements précis, pour un résultat remarquablement soigné.

Cette approche unique, filmée par un aide avec un smartphone pour son vaste public en ligne, a permis à M. Martins de devenir l’une des figures les plus emblématiques du secteur de la coiffure au Kenya.

L’émergence de ces “barbiers influenceurs”, à l’image de M. Martins, marque une tendance croissante au Kenya, alimentée par l’explosion de l’engagement sur les réseaux sociaux.

Des plateformes comme TikTok servent non seulement de source de divertissement, mais aussi de tremplin lucratif pour des projets d’entrepreneuriat, transformant les métiers traditionnels en spectacles numériques.

Originaire du Rwanda et basé à Nairobi, M. Martins a commencé à raser des cheveux au lycée en 2018. Avec des tondeuses empruntées, il offrait des coupes à la sortie des classes et dans des dortoirs exigus.

Cinq ans plus tard, il a intégré une caméra et abandonné la tondeuse conventionnelle, ne revenant jamais en arrière.

M. Martins a fait le tour du web grâce à ses méthodes de barbier excentriques, mais il intègre aussi des contes traditionnels africains en voix off dans ses vidéos. « Je puise ma motivation dans la culture et les récits africains. » Il précise que l’un de ses outils, une boîte en fer aiguisée, a été bénie par des anciens du village.

La popularité de ce barbier repose sur ses coupes, appréciées de ses clients, qui aiment également l’idée d’être mis en avant sur l’un des comptes les plus captivants du Kenya.

« Comparé à d’autres barbiers, son talent est exceptionnel, » affirme M. Njenga, qui a découvert M. Martins l’année dernière. « Ici, je me sens très à l’aise… en marchant dans les rues, je gagne en confiance. »

L’attrait d’une expérience de coiffure unique et de quelques minutes de notoriété sur les réseaux sociaux suffit à convaincre les clients de débourser un prix élevé. M. Martins facture jusqu’à 1 500 shillings kényans, soit environ 8,60 euros, pour une coupe.

C’est un tarif relativement élevé à Nairobi, où un homme peut payer une fraction de ce prix pour une simple coupe.

La popularité de M. Martins et d’autres barbiers créateurs de contenu a suivi la croissance fulgurante des réseaux sociaux au Kenya. En janvier 2023, il y avait 10,6 millions d’utilisateurs de réseaux sociaux dans le pays. Ce chiffre devrait atteindre 15,1 millions d’ici janvier 2025, selon DataReportal, un groupe de recherche de marché.

Alors que la monétisation du contenu sur les réseaux sociaux est souvent comparée aux tarifs de publicité numérique en Occident, réussir en ligne peut également constituer une chance pour les Kényans.

Environ 15 % des Kényans engagés dans la création de contenu en ligne dépendent de cette activité comme principale source de revenus, selon l’Institut kényan de recherche et d’analyse des politiques publiques.

Néanmoins, M. Martins regrette que les barbiers ne profitent pas des mêmes bénéfices que d’autres créateurs de contenu, et il n’a pas tort. Les créateurs les mieux rémunérés sont souvent ceux qui produisent du contenu sur les jeux vidéo, l’éducation ou le style de vie, grâce à la grande applicabilité des partenariats de marque dans ces niches.

« Les barbiers vont viral sur les réseaux sociaux, mais je sens qu’ils ne sont pas respectés, » déclare M. Martins. « Même si vous avez des vues et de l’engagement, vous n’êtes pas payé en tant que créateur de contenu. »

Points à retenir

  • La boutique de Safari Martins fait partie d’une tendance culturelle émergente au Kenya, alliant coiffure et art numérique.
  • Les réseaux sociaux, notamment TikTok, deviennent des plateformes essentielles pour les artisans et créateurs de contenu.
  • Les coupes de cheveux deviennent des expériences de renommée, tant recherchées par les clients.
  • Les barbiers comme M. Martins mettent en avant l’importance de la culture africaine à travers leur travail.
  • En dépit de leur succès, les barbiers peinent à obtenir la reconnaissance et les bénéfices financiers adéquats comparés à d’autres créateurs de contenu.

En tant qu’observateur de cette évolution, je me demande si cette nouvelle forme d’artisanat pourrait redéfinir nos perceptions du travail manuel et créatif. Les barbiers, souvent sous-estimés, détiennent un potentiel énorme pour influencer et inspirer, non seulement par leur métier, mais aussi par leur histoire. Qu’en pensez-vous ?


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By Sandrine Dubois

Sandrine Dubois est une Journaliste indépendante trilingue, elle est née sur île de la Grenade, puis a fait ses études aux Etats-Unis à l' "University of Northern Iowa" , aujourd'hui elle intervient sur différents médias Web pour partager ses compétences dans les thématiques sociétales, business, lifestyle et culture.

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