La Commission européenne a annoncé vendredi une première constatation indiquant que TikTok a enfreint la Loi sur les services numériques de l’Union européenne. Cela est dû à des manquements systématiques à la protection des mineurs contre l’exposition publique et les contacts non désirés. En effet, il a été établi que les utilisateurs âgés de 16 et 17 ans peuvent rendre leurs comptes visibles au public, permettant ainsi à des inconnus de consulter leur contenu sans authentification. De plus, l’algorithme du fil « Pour vous » recommande de manière algorithmique les publications des mineurs à des utilisateurs non identifiés, créant ainsi ce que les responsables appellent « une fenêtre sur la vie d’un enfant ». Cette situation favorise des comportements tels que le cyberharcèlement et l’exploitation, car elle permet à des individus mal intentionnés d’accéder à un contenu personnel qui pourrait rester en ligne indéfiniment.
Même lorsque les mineurs choisissent des paramètres de compte privés, leurs profils restent découverts à travers les listes de followers et d’abonnés d’autres utilisateurs. En outre, leurs photos de profil demeurent accessibles au public, quels que soient leurs choix de confidentialité. La Commission a donc conclu, de manière préliminaire, que ces configurations ne respectent pas les exigences de la DSA concernant la protection des enfants, exposant efficacement les jeunes utilisateurs à des risques que la réglementation vise à éviter.
Champ d’application de l’enforcement et de l’enquête
« Une protection élevée ne devrait pas être une option, mais la norme », a déclaré Henna Virkkunen, vice-présidente exécutive de la Commission pour la souveraineté technologique, la sécurité et la démocratie. TikTok a l’opportunité de prendre connaissance des documents d’enquête et de soumettre des réponses écrites. Le Conseil européen des services numériques sera également consulté sur les conclusions préliminaires, selon la Commission.
Si l’évaluation préliminaire est confirmée après le processus de révision, la Commission pourrait émettre une décision formelle de non-conformité et imposer des amendes pouvant atteindre 6 % du chiffre d’affaires mondial annuel du fournisseur de la plateforme. Ces constatations s’inscrivent dans le cadre de procédures formelles lancées en février 2024, qui examinent également les systèmes de recommandation de la plateforme et le risque que les mineurs soient confrontés à des contenus inappropriés après avoir menti sur leur âge. Toutefois, la Commission a précisé que l’annonce faite vendredi ne préjuge pas du résultat final de l’enquête.
Points à retenir
- Les utilisateurs de TikTok âgés de 16 et 17 ans peuvent rendre leurs comptes publics, exposant ainsi leur contenu à des inconnus.
- Le fil « Pour vous » recommande des publications de mineurs à des utilisateurs non identifiés, augmentant les risques de cyberharcèlement.
- Les paramètres privés ne suffisent pas à garantir la confidentialité, les profils restant accessibles via des listes d’abonnés.
- La Commission européenne a souligné que la protection des mineurs doit être la norme, et non une option.
- Une éventuelle décision de non-conformité pourrait entraîner des amendes élevées pour TikTok.
En tant qu’observateur de l’évolution des plateformes numériques, il est crucial de se demander si ces géants de la tech prennent suffisamment au sérieux la sécurité des jeunes utilisateurs. Comment assurer un équilibre entre la créativité des jeunes et leur protection en ligne? Ce débat soulève des enjeux éthiques fondamentaux qui méritent d’être explorés plus en profondeur.
