Le logo de TikTok apparaît sur un écran de smartphone, prenant place dans un arrière-plan abstrait aux couleurs de l’application. La Commission européenne a officiellement accusé TikTok de ne pas respecter la loi sur les services numériques (LSN), en raison d’un design jugé addictif, menaçant des amendes élevées si des modifications ne sont pas apportées à Créteil, en France, le 10 février 2026.
Parallèlement, un accord proposé de 400 millions de dollars entre TikTok, sa société mère ByteDance et le Département américain de la Justice a rencontré un obstacle. Un juge fédéral a indiqué qu’il était enclin à rejeter une partie de cet accord.
TikTok et ByteDance avaient convenu en août de résoudre les accusations selon lesquelles l’application de vidéos courtes aurait enfreint les lois américaines sur la protection de la vie privée des enfants en ligne.
Dans le cadre de cet accord, TikTok aurait dû payer 300 millions de dollars immédiatement, en plus de 100 millions de dollars si un tribunal annulait un décret de consentement de 2019 qui avait été imposé par la Commission fédérale du commerce (FTC) à TikTok lors de son changement de nom depuis Musical.ly.
Cependant, le juge de district américain George H. Wu à Los Angeles a laissé entendre qu’il pourrait rejeter la demande visant à mettre fin au décret de consentement et a planifié une audience pour lundi. Il a stipulé que sans plus d’informations, le tribunal “ne peut déterminer si cela constitue une réparation durable ou si la résiliation est suffisamment adaptée à ce qui a été allégué.”
En 2019, la FTC avait déclaré que Musical.ly, qui a ensuite été intégré à TikTok, savait que de jeunes enfants utilisaient l’application, mais n’avait pas obtenu le consentement parental avant de collecter des noms, des adresses e-mail et autres données personnelles. Musical.ly avait alors payé une amende de 5,7 millions de dollars.
Le décret de consentement exige que TikTok maintienne certaines obligations de rapport et de tenue de registres jusqu’en 2029.
Ni TikTok ni le Département de la Justice n’ont répondu immédiatement aux demandes de commentaires.
Ce règlement de 400 millions de dollars découle d’une plainte du Département de la Justice déposée en 2024, accusant TikTok et ByteDance de ne pas protéger la vie privée des enfants et de collecter illégalement leurs informations personnelles.
Les entreprises sont accusées d’avoir enfreint une loi exigeant que les services en ligne destinés aux enfants obtiennent le consentement parental avant de collecter des informations auprès des utilisateurs de moins de 13 ans.
Le gouvernement a fait valoir que TikTok avait subi des changements significatifs depuis le dépôt de la plainte, notamment au niveau de sa structure de propriété, de sa direction, de ses fonctions de conformité et de ses pratiques en matière de confidentialité.
En janvier, ByteDance avait accepté de créer une coentreprise majoritairement détenue par des Américains, visant à protéger les données des utilisateurs aux États-Unis et à éviter une interdiction de l’application utilisée par plus de 200 millions d’Américains.
La coentreprise TikTok aux États-Unis a indiqué dans un dossier judiciaire qu’elle exigeait de tous les utilisateurs qu’ils saisissent leur date de naissance pour utiliser le site et qu’elle avait développé des systèmes sophistiqués de modération d’âge pour identifier les enfants de moins de 13 ans qui auraient menti sur leur âge.
Points à retenir
- La Commission européenne accuse TikTok de promouvoir un design addictif.
- Un juge américain hésite à annuler un décret de consentement concernant la protection des données des enfants.
- TikTok a déjà été sanctionné par la FTC pour des violations de la vie privée en lien avec Musical.ly.
- La coentreprise entre ByteDance et des investisseurs américains vise à protéger les données des utilisateurs américains.
- Des mesures sont mises en place pour vérifier l’âge des utilisateurs sur TikTok.
En tant qu’observateur de cette situation, il est pertinent de réfléchir aux implications de la gestion des données personnelles, surtout pour les plus jeunes. La pression des régulateurs sur TikTok soulève des questions sur la responsabilité des entreprises à l’ère numérique. Comment pouvons-nous, en tant que société, garantir que les enfants soient protégés tout en bénéficiant des innovations technologiques ? Cette question mérite un débat approfondi.
