Le Conseil de l’Éducation et de la Jeunesse (Harno) souhaite toucher les jeunes en difficulté à travers les réseaux sociaux, les jeux en ligne et les plateformes de discussion, afin de leur proposer un soutien adéquat. L’agence prévoit d’investir près d’un million d’euros dans des initiatives de travail jeunesse en ligne.
Harno envisage de lancer un service de travail jeunesse en ligne ciblant les jeunes âgés de 15 à 26 ans qui ne sont ni en formation, ni en emploi, ou qui risquent de se retrouver dans cette situation. L’objectif est de faciliter leur retour vers l’éducation ou le marché du travail.
Après avoir constaté que de nombreux jeunes en besoin de soutien restent invisibles, malgré la présence d’intervenants jeunesse dans plusieurs régions et de dispositifs comme la Garantie Jeunes, Harno met l’accent sur ces jeunes qui n’assistent pas aux événements, ne fréquentent pas les centres commerciaux ou les parcs, et souvent ne répondent pas aux messages des spécialistes du bien-être. Cependant, ils sont actifs dans des environnements numériques comme les réseaux sociaux, les jeux en ligne et divers forums.
Pour atteindre ces jeunes en ligne, Harno recherche un partenaire capable de maintenir une présence visible sur des plateformes prisées par les jeunes, telles que Discord, TikTok, Instagram, Twitch et Reddit, ainsi que des environnements de jeux tels que Steam, Minecraft et Roblox.
Olav Kersen, expert principal sur les jeunes en décrochage, a précisé qu’il n’existe pas de méthode complexe pour identifier ces jeunes en difficulté ; un jeune en besoin est celui qui l’exprime ouvertement. Par exemple, un jeune pourrait signaler qu’il n’a plus envie d’aller à l’école, qu’il cumule de petits boulots non déclarés, ou qu’il est en congé académique sans intention de reprendre ses études. Aucune vérification d’identité ou registre de population n’est effectuée, permettant ainsi aux jeunes de rester anonymes s’ils le souhaitent.
Toute interaction avec un travailleur jeunesse en ligne ne conduit pas nécessairement à un suivi ou un travail groupé. L’idée est que la visibilité et l’activité des intervenants incitent les jeunes à prendre contact.
Les services seront fournis exclusivement par des canaux numériques, donnant ainsi l’occasion à un intervenant de discuter avec un jeune de Saaremaa sur Discord, interagir avec des jeunes de Narva sur Minecraft, et animer un livestream avec des jeunes de Valga et Tallinn.
Objectif d’aider 2 500 jeunes
Étant donnée l’ampleur nationale du projet, les travailleurs jeunes en ligne devront être familiers avec les réseaux de soutien locaux afin de référer les jeunes vers des services adaptés à leur région ou les informer sur les opportunités disponibles.
Pour l’instant, le travail jeunesse en ligne en Estonie a été testé dans quelques régions et à une échelle bien plus modeste que ce qui est envisagé. Par exemple, la ville de Tartu emploie un travailleur jeunesse numérique.
Kersen a ajouté que puisque le travail jeunesse en ligne n’avait pas été réalisé en Estonie à une telle échelle, il n’existe pas de concept unifié. Le partenaire retenu aura une grande flexibilité pour la conception et la mise en œuvre du service.
Une fois le partenaire choisi, une équipe sera constituée pour mener à bien le travail jeunesse en ligne. L’objectif est d’acquérir une visibilité suffisante sur différentes plateformes, de manière à ce que les jeunes sachent qu’ils peuvent se tourner vers un intervenant en ligne pour exprimer leurs préoccupations.

Kersen a cité l’exemple des policiers en ligne, qui ont déjà atteint ce niveau de reconnaissance auprès des jeunes. Les travailleurs jeunesse en ligne devront également développer une approche proactive pour établir leur visibilité.
L’objectif de cette initiative est d’atteindre 2 500 jeunes en l’espace de quelques années. Le groupe cible se compose de jeunes ayant uniquement un niveau d’éducation de base, sans qualification professionnelle ou lycée, en mettant l’accent sur ceux âgés de 15 à 17 ans. Parmi ceux atteints, on espère que 65 % se trouveront dans une situation améliorée six mois après leur participation au programme.
Les activités des travailleurs jeunesse en ligne seront documentées et suivies par écrit. Ils seront tenus de collecter des données pseudonymisées sur les jeunes participants, bien que la quantité d’informations récoltées dépende du degré de partage de ces derniers.
La valeur estimée du contrat de fourniture s’élève à 956 700 euros.
Harno estime qu’il y a près de 20 000 jeunes âgés de 15 à 26 ans en Estonie qui ont actuellement besoin ou auront bientôt besoin d’un soutien afin de poursuivre leur éducation ou d’intégrer le marché du travail.
Points à retenir
- Le projet vise les jeunes de 15 à 26 ans, en particulier ceux qui ne sont ni en formation, ni en emploi.
- Les jeunes sont abordés via des réseaux sociaux et des jeux en ligne, où ils sont plus actifs.
- Le partenariat permettra de construire une équipe dédiée au soutien en ligne.
- Les travailleurs jeunesse devront être familiers avec les ressources régionales pour orienter efficacement les jeunes.
- L’objectif est d’améliorer la situation de 65 % des jeunes après leur passage dans le programme.
Il est éclairant de réfléchir à la manière dont les outils numériques, souvent perçus comme des distractions, peuvent se transformer en leviers d’engagement pour des jeunes en difficulté. Cela souligne l’importance d’adapter nos stratégies de soutien pour mieux répondre à leurs réalités. Pour ma part, il est indéniable que cette initiative pourrait poser des questions sur la façon dont la société interagit avec ses jeunes aujourd’hui. Quel rôle les plateformes numériques doivent-elles jouer dans le soutien à la jeunesse ?