Des scientifiques ont réussi à obtenir l’image directe la plus précise à ce jour d’un potentiel compagnon de l’étoile Betelgeuse, le célèbre supergéant rouge situé dans la constellation d’Orion. Depuis plus d’un siècle, les astronomes s’interrogent sur les bizarreries de la variabilité de la luminosité de Betelgeuse et viennent tout juste de découvrir son compagnon insaisissable — une étoile jeune évoluant à proximité de ce géant.

Représentation artistique du système binaire Betelgeuse. Source d’images : ESO
Ce compagnon, nommé Betelgeuse B (également appelé Sivarakh, qui signifie « bracelet » en arabe), a été découvert grâce à des images capturées le 6 décembre 2024 avec le complexe SPHERE du Very Large Telescope (VLT) de l’Observatoire européen austral au Chili.
La possibilité d’une seconde étoile avait été débattue par plusieurs générations d’astronomes, mais les observations précédentes n’avaient pas pu confirmer cette hypothèse, souvent noyée dans le bruit environnant. La nouvelle étude a sensiblement renforcé la validité de l’observation, atteignant un niveau de signification statistique de 6,1 écarts-types, équivalent à ce qui est requis pour une découverte significative. Cependant, les chercheurs conservent le statut de candidat pour l’objet, le suivi de son mouvement orbital autour de Betelgeuse étant nécessaire pour affirmer la connexion gravitationnelle entre les deux étoiles.
Cette surveillance a été réalisée grâce au polarimètre ZIMPOL dans le domaine visible, utilisant l’optique adaptative SPHERE pour corriger les distorsions causées par l’atmosphère terrestre.

Reconstitution visuelle du système
Si la distance estimée de Betelgeuse est bien de 548 années-lumière, le compagnon se trouve à au moins 8,8 unités astronomiques, soit presque neuf fois la distance entre la Terre et le Soleil. Pour une masse de Betelgeuse équivalente à environ 16,5–19 masses solaires, le temps orbital minimal du compagnon est estimé entre 5,5 et 5,9 ans. Cela concorde parfaitement avec le long cycle de variation de luminosité de l’étoile, qui dure environ 2200 jours, soit 6,02 ans. Ce phénomène avait déjà amené les chercheurs à envisager l’existence d’un satellite invisible, influençant la luminosité de Betelgeuse par sa gravité.
Selon les auteurs, Betelgeuse B serait une étoile jeune de la séquence principale, avec une masse estimée entre 2,6 et 3,1 fois celle du Soleil. Cette masse est significativement plus élevée que prévu initialement, ce qui pourrait expliquer pourquoi les télescopes Hubble et Chandra n’ont pas détecté l’émission du compagnon — leur spectre ne prenait pas en compte les longueurs d’onde correspondant à cette étoile. Les prochaines observations prévues l’année prochaine devraient clarifier cette situation et pourraient élever le statut de l’objet en tant que véritable compagnon de Betelgeuse.
Points à retenir
- Découverte le 6 décembre 2024 à l’Observatoire européen austral.
- Betelgeuse B est un candidat compagnon, nécessitant davantage d’observations pour confirmer son orbite.
- Utilisation de technologies avancées comme l’optique adaptative pour capturer des images claires.
- Données suggérant une interaction gravitationnelle entre Betelgeuse et son compagnon.
- Observation du système prévue pour l’année prochaine, promettant des avancées passionnantes.
Il est fascinant de voir comment chaque nouvelle découverte dans l’univers lointain peut redéfinir notre compréhension des étoiles et de leurs interrelations. L’éventuelle confirmation de Betelgeuse B ouvrira sans doute la porte à de nouvelles questions sur la formation des systèmes stellaires. En tant qu’astronome amateur, je suis particulièrement passionné par ces mystères qui, je l’espère, apporteront bientôt des réponses et enrichiront notre connaissance de l’espace. Quelles autres surprises l’univers nous réserve-t-il encore ?