La menace du réchauffement climatique, en particulier les vagues de chaleur extrême, s’avère plus préoccupante que jamais. Un rapport récemment publié dans la revue The Lancet Planetary Health met en lumière que les températures élevées prolongées toucheront une portion plus large de la population que ce que l’on estimait auparavant, et ce même en dehors des mois d’été.
Selon un précédent rapport de 2025 dans Global Earth System Science Data, la température moyenne mondiale avait déjà grimpé de 1,37 °C, conséquence directe des activités humaines. Les chercheurs américains indiquent que si la température mondiale atteint une augmentation de 1,5 °C par rapport à l’ère préindustrielle, environ 22 % des personnes de plus de 60 ans risqueront d’être exposées à des températures pouvant mener à l’« hyperthermie », une condition où le corps ne peut plus réguler sa température.
Une telle situation met en péril la santé, aggravant diverses maladies préexistantes, en particulier celles touchant le système cardiovasculaire, respiratoire et rénal, avec des conséquences parfois fatales.
Perte de la capacité à réguler la température corporelle
Bien que des recherches antérieures aient exploré les effets du réchauffement climatique sur l’organisme, elles appliquaient les mêmes seuils de température pour tous les groupes d’âge. Or, il est crucial de noter que les personnes âgées sont moins capables de faire face à la chaleur, car leur corps perd cette faculté avec le temps.
En ajustant les seuils de température en fonction des différentes tranches d’âge, l’étude révèle qu’une proportion bien plus importante de la population serait exposée à plus de 180 heures de chaleur excessive. Les chercheurs appellent cela le stress thermique incompensable.
Avec un réchauffement de 1,5 °C, les personnes âgées risquent d’affronter un risque thermique plus élevé que celui des jeunes adultes âgés de 18 à 34 ans sous un réchauffement de 4 °C. Cette étude souligne une amplification significative de la portée et de l’impact des risques par rapport aux rapports précédents.
Les zones les plus vulnérables
En outre, les chercheurs avertissent que si le réchauffement climatique n’est pas contrôlé, les implications pourraient être désastreuses, non seulement pour les personnes âgées. Les régions du sud de l’Asie et du Golfe Persique sont particulièrement préoccupantes. En cas de hausse de température de 3 °C, les personnes âgées y subiraient un stress thermique continu, pendant trois mois, de jour comme de nuit.
Le rapport identifie également 13 pays extrêmement vulnérables, notamment l’Inde, le Pakistan, le Bangladesh, le Myanmar et le Niger, où plus de 50 % de la population vit en pauvreté et où le taux d’adultes âgés est élevé. Ensemble, ces pays concentrent 72,6 % des 2,03 milliards de personnes exposées.
Risques accrus pour la jeunesse
Le rapport indique qu’avec un réchauffement de 2 °C, le stress thermique incompensable toucherait aussi les adultes de 40 à 59 ans en Afrique du Sahel. Chaque degré supplémentaire ferait grimper le nombre de personnes vulnérables de près d’un milliard par an.
Si la température atteint 4 °C, les jeunes adultes de l’est des États-Unis et d’une grande partie de l’Amérique du Sud pourraient se retrouver incapables de gérer les températures extrêmes. Dans l’est de la Chine, le Golfe Persique et le Sahel, l’exposition pourrait dépasser 180 heures annuelles, atteignant même 540 heures dans certaines zones d’Inde et du Pakistan.
Limiter le réchauffement pour protéger les jeunes
Les scientifiques ont également étudié des villes spécifiques exposées à un stress thermique intense. Si nous parvenions à limiter le réchauffement à 2 °C, de préférence à 1,5 °C, l’exposition des jeunes adultes, entre 18 et 34 ans, à des conditions de chaleur extrême diminuerait considérablement. Cependant, les effets seraient moins réversibles pour les adultes de 40 à 59 ans.
Certaines villes, comme Dubaï, resteront exposées même si le réchauffement est limité à 1,5 °C, connaissant jusqu’à 1 000 heures de stress thermique. L’étude vise à orienter les politiques publiques en matière de climat, offrant des pistes pour des plans d’action concrets allant dans le sens de la protection de la santé publique et de l’environnement.
Points à retenir
- Les vagues de chaleur prolongées affectent davantage de personnes que précédemment estimé.
- Les personnes âgées sont particulièrement vulnérables à l’hyperthermie.
- Des régions spécifiques, comme le sud de l’Asie, sont à risque accru.
- Limiter le réchauffement climatique pourrait protéger les jeunes générations des effets du stress thermique.
- La compréhension des impacts du réchauffement climatique nécessite une attention particulière aux divers groupes d’âge.
En tant que passionné des questions environnementales, je suis convaincu qu’il est impératif d’agir dès maintenant. Les données sont alarmantes, mais elles peuvent aussi être un puissant appel à l’action. La santé et le bien-être de nos sociétés, aujourd’hui et demain, dépendent de notre volonté collective de faire face à ces défis. Comment pouvons-nous tous contribuer à un futur plus sûr ?
