Paris, France | 16 Juin 2025
Date limite de soumission | 4 Avril 2025
Contexte
Les coûts liés aux catastrophes côtières ont atteint des niveaux record au cours de la dernière décennie et devraient continuer à augmenter, selon les projections climatiques jusqu’en 2100, principalement à cause du changement climatique (NOAA 2023, Kirezci et al. 2020). Malgré cela, l’adaptation côtière, en particulier dans les zones urbaines, peine à se mettre en place (Wannewitz et al. 2024). Les solutions d’adaptation, notamment la reconstruction post-désastre, engendrent souvent des dépenses élevées et peuvent être sources de tensions (Elliott 2021). Les zones côtières urbaines, à l’interface de l’urbanisation et des processus de côtoyage, se montrent particulièrement vulnérables et sont en première ligne des efforts d’adaptation. Ces régions sont cruciales pour les économies régionales et mondiales, où les activités commerciales, industrielles et touristiques se concentrent dans des environnements fragiles. Alors que les débats sur la faisabilité et les modalités de relocalisation s’intensifient, ils se heurtent souvent aux spécificités des espaces urbains, notamment ceux des ports.
Cela soulève plusieurs questions clés : Quels sont les risques liés au changement climatique pris en compte ou négligés à l’échelle locale : risques territoriaux et environnementaux, risques sociaux, et comment interagissent-ils ? Quelle combinaison de solutions techniques (infrastructures grises ou infrastructures bleues/vertes) et de transformations socio-économiques est observée, comment sont-elles mesurées et surveillées, et selon quels critères peuvent-elles être évaluées ? Comment l’évolution des risques et les politiques qui en découlent affectent-elles les différentes formes de justice (procédurale, distributive, réparatrice, territoriale, intergénérationnelle) ? Enfin, comment pouvons-nous gérer les trajectoires temporelles de ces adaptations, en équilibrant des actions urgentes avec l’anticipation des événements futurs ? Ces questions doivent être examinées à une échelle locale, car l’adaptation nécessite des transformations spécifiques dans les espaces de production, de vie et de représentation (Grafakos et al. 2018). Le degré et la faisabilité de ces transformations doivent également être remis en question.
Les solutions d’adaptation demeurent fragmentées. Dès 2008, l’OCDE a mis en lumière la vulnérabilité des villes portuaires et a proposé des mesures conventionnelles de gestion des risques (Nicholls et al. 2008). Des villes telles que New York, Rotterdam, Jakarta et Hong Kong cherchent à innover tant en matière d’infrastructures que de gouvernance, cependant, leurs propositions sont souvent jugées insuffisantes par les populations concernées (Aerts et al. 2013, Goh 2021). Les solutions hybrides (combinant infrastructures et approches basées sur la nature) sont de plus en plus mise en avant (Sutton-Grier et al. 2015), mais leur mise en œuvre reste complexe et appelle une réflexion sur les cadres épistémiques et participatifs de l’action publique (Bongarts Lebbe et al. 2021). Malgré des initiatives comme “Sea’ties”, qui favorisent le partage des pratiques d’adaptation, l’implémentation concrète de ces dernières reste insuffisante, créant un “déficit d’adaptation” (Valente et Veloso-Gomes 2020). Bien que la recherche sur les zones côtières urbaines soit avancée dans certains pays, elle a encore du mal à prendre en compte les défis spécifiques des zones urbaines souvent négligées au profit des zones côtières non urbanisées (Bazin 2022). Il devient urgent d’identifier, de caractériser et d’évaluer les diverses formes de besoins et de pratiques d’adaptation côtière urbaine qui émergent dans le monde.
Le workshop
Ce workshop vise à renforcer le dialogue interdisciplinaire et à mieux structurer la recherche sur les risques liés aux changements climatiques dans les zones côtières urbaines. En France, avec plus de 5 800 km de côtes, ces problématiques sont particulièrement critiques. Les comparaisons internationales des recherches et des pratiques d’adaptation seront essentielles pour faire avancer la discussion.
Le workshop sera organisé autour de quatre thèmes principaux :
- Définitions et Connaissance des Risques Climatiques et des Stratégies : Quels sont les risques identifiés et mis à l’ordre du jour dans les zones côtières urbaines, et quelles formes de réponse en découlent ?
- Gouvernance et Action Publique : Comment évoluent les relations multi-acteurs, les politiques publiques et leurs instruments pour faire face aux risques climatiques à l’échelle locale ?
- Controverses et Justice Climatique : Comment les enjeux de justice sont-ils intégrés dans les politiques d’adaptation des zones côtières ?
- Évaluation et Suivi : Quels outils et pratiques sont utilisés pour définir, surveiller, évaluer et guider l’action publique locale sur l’adaptation climatique ?
Ces discussions visent à mieux comprendre et structurer les solutions aux défis croissants des risques climatiques. Pour interroger la spécificité des zones côtières urbaines, nous encourageons également des perspectives comparatives entre zones côtières urbaines et non urbaines, ou entre espaces urbains côtiers et non côtiers. Cet événement se propose de croiser différentes perspectives disciplinaires, y compris la géographie, les études urbaines, la science politique, la sociologie et l’économie politique. La conférencière principale sera Rebecca Elliott.
Hôte du workshop : Cassandre Rey-Thibault, chercheuse postdoctorale du Fonds Bruno Latour, Sciences Po, CEE.
Ce workshop est organisé avec le soutien du groupe de recherche sur les Politiques environnementales du LIEPP (Sciences Po, Université Paris Cité).
Contact : [email protected]
Note pour les contributeurs
Soumettez un résumé à [email protected]. Lors de la soumission de votre candidature, veuillez indiquer si :
- vous souhaitez participer en personne ou en ligne,
- s’il y a déjà un financement à votre disposition et quels seront vos coûts prévus. Nous disposons d’un financement limité pour couvrir les dépenses, selon le nombre de candidats.
Directives pour le résumé : Les résumés ne doivent pas excéder 700 mots (incluant les coordonnées et l’affiliation des auteurs) et doivent décrire la question de recherche, la méthodologie, ainsi que les résultats ou contributions théoriques attendus.
Dates clés
- Date limite pour le résumé : 4 Avril
- Décision sur le résumé : 11 Avril
- Inscription pour les présentateurs : La conférence est gratuite et comprend les repas.
- Les présentateurs doivent organiser leur propre voyage et hébergement. L’inscription est requise
d’ici le 18 Avril 2025. - Workshop : 16 Juin 2025
Comité d’organisation
- Joel Ansha, doctorant, Sciences Po, CERI
- Anne-Laure Beaussier, Sciences Po CSO
- Max Cocard, assistant au groupe de recherche Environnement du LIEPP
- Charlotte Halpern, Sciences Po, CEE, LIEPP
- Martin Hendel, ESIEE Paris, LIED, LIEPP
- Andreana Khristova, LIEPP, Sciences Po
- Cassandre Rey-Thibault, chercheuse postdoctorale du Fonds Bruno Latour, Sciences Po, CEE
- Roberto Rodriguez, Sciences Po, LIEPP, CEE
Notre Opinion Tech
Dans le cadre de la lutte contre les impacts du changement climatique, il apparaît primordial de développer des solutions d’adaptation plus cohérentes et intégrées. L’approche actuelle, souvent fragmentée, nécessite un engagement renforcé entre les acteurs urbains, les chercheurs et les citoyens. En exploitant les nouvelles technologies et en favorisant une gouvernance participative, nous avons l’opportunité de transformer la vulnérabilité des zones côtières en résilience durable. Cela implique de repenser nos méthodes d’évaluation des risques et de prioriser des actions basées sur l’inclusivité et la justice sociale.
Les enjeux climatiques dans les zones côtières sont souvent négligés. C’est essentiel d’intégrer la voix des citoyens pour des solutions qui comptent vraiment.
Les zones côtières sont comme des toiles blanches, fragiles mais pleines de potentiel. Trouvons ensemble des couleurs d’adaptation pour qu’elles rayonnent même face aux tempêtes.
Cet atelier semble être une belle occasion d’unir les compétences et les idées pour mieux faire face aux défis climatiques. La collaboration est essentielle pour des solutions durables !
C’est fascinant de voir comment des villes comme New York et Rotterdam s’attaquent au changement climatique. Avec de bonnes idées et un peu de coopération, on peut vraiment faire la différence !