mar. Sep 1st, 2026

L’expression “supervolcan caché” peut sembler un oxymore, n’est-ce pas ? Les supervolcans, de par leur taille impressionnante et leur tendance à projeter d’énormes quantités de lave, de cendres et de roches dans l’atmosphère, sont souvent très visibles. Pourtant, celui-ci se trouve enfoui silencieusement au large de la côte est de l’Angleterre depuis des millénaires.

Sa découverte, révélée dans une récente étude parue dans le GSA Bulletin, éclaire un mystère qui a intrigué les géologues pendant des décennies. Les chercheurs estiment qu’il y a environ 454 millions d’années, ce supervolcan aujourd’hui éteint a provoqué l’une des plus grandes éruptions connues, créant la tephra de Kinnekulle. L’origine de cette vaste couche de cendres volcaniques, présente à travers la Norvège, la Suède, la région balte, la Biélorussie et la Pologne, demeurait inconnue jusqu’à présent.

« C’est seulement maintenant que nous avons ces âges précis que nous pouvons faire ces déclarations audacieuses », a déclaré Tim Pharaoh, auteur principal et géophysicien au British Geological Survey, à la BBC. « C’est extrêmement satisfaisant d’obtenir un résultat aussi précis. »

Reconstruction d’une superéruption antique

Pharaoh et ses collègues du BGS et de l’Université d’Oslo ont réexaminé de minuscules cristaux de zircon, de la largeur d’un cheveu humain, extraits il y a 80 ans de forages distants de 65 kilomètres dans les comtés de Lincolnshire et Norfolk. Ces cristaux se forment dans le magma en fusion avant qu’un volcan n’éclate.

Le zircon contient de faibles quantités d’uranium, un métal radioactif qui se transforme en isotopes de plomb. L’analyse de ces isotopes a permis aux chercheurs de dater précisément les cristaux, révélant qu’ils avaient vu le jour environ 454,4 millions d’années auparavant. Cette découverte indique qu’ils provenaient de la même éruption, survenue environ 200 millions d’années avant l’apparition des dinosaures sur Terre.

Une étude précédente menée par des chercheurs de l’Université d’Oslo avait donné un âge presque identique pour la tephra de Kinnekulle dans la région d’Oslo. Cela suggère que les cendres de l’éruption, qui s’est déroulée dans ce qui est aujourd’hui l’est de l’Angleterre, ont été projetées à travers la mer Tornquist (qui séparait l’Angleterre et la Scandinavie à l’époque) et se sont déposées sur le fond marin de la Scandinavie ancienne.

Selon les chercheurs, l’éruption devait être immense. Ils estiment qu’elle a projeté des dizaines à des centaines de kilomètres cubes (plusieurs centaines à 1 000 kilomètres cubes) de croûte terrestre dans la stratosphère, avec une force équivalente à celle de plusieurs milliers de bombes à hydrogène. Pourtant, à la surface, le supervolcan qui l’a généré reste invisible.

Cela s’explique par le fait qu’il est actuellement profondément enfoui sous terre. Situé sous la Wash, un estuaire de la côte est de l’Angleterre, le supervolcan s’étend sous l’un des paysages les plus plats du pays. Fait intriguant, les données géophysiques laissent supposer qu’il n’est pas seul. Il semblerait en fait qu’il fasse partie d’un vaste système de caldeiras que les chercheurs appellent le “Wash Igneous Complex.” Bien qu’il ne puisse plus entrer en éruption aujourd’hui, son potentiel explosif était autrefois considérable.

Ces découvertes ne résolvent pas seulement le mystère de l’origine de la tephra de Kinnekulle, mais offrent aussi un nouvel éclairage sur l’histoire géologique de l’Angleterre. On ne sait pas ce que d’autres chercheurs pourraient découvrir en continuant d’explorer cette région complexe du sous-sol.

Points à retenir

  • Découverte d’un supervolcan caché au large de la côte est de l’Angleterre.
  • La tephra de Kinnekulle s’est formée il y a environ 454 millions d’années, lors d’une éruption spectaculaire.
  • Des cristaux de zircon ont permis de dater précisément cette éruption.
  • Les cendres de l’éruption ont atteint des régions loin de leur origine, témoignant de la puissance de l’événement.
  • Le supervolcan est aujourd’hui enfoui sous le paysage plat de l’est de l’Angleterre.
  • Cette découverte enrichit la compréhension de l’histoire géologique de l’Europe du Nord.

En conclusion, cette recherche nous rappelle que notre planète garde encore des secrets enfouis, témoins de son histoire mouvementée. Chaque nouvelle découverte offre un aperçu fascinant de la dynamique de la Terre et de ses pouvoir, mais elle nous interpelle également sur la nécessité de mieux comprendre et protéger notre environnement actuel. Que pourrait nous révéler le sous-sol, si nous prenions le temps d’explorer ces zones encore inexplorées ? Pour moi, il est temps d’embrasser cette curiosité qui nous pousse à découvrir ce que la nature a caché.


Partager : X Facebook WhatsApp LinkedIn Reddit

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *