Des chercheurs de l’Université d’Auckland, en Nouvelle-Zélande, ont mené une expérience avec des cellules hybrides résultant de l’association entre l’homme et la plante, intégrant des fragments significatifs de l’ADN d’Arabidopsis thaliana. Cette plante, appartenant à la famille des crucifères, est souvent utilisée en recherche génétique en raison de son cycle de vie court et de son génome réduit.
Les résultats ont révélé que l’activité de l’ADN végétal, qui est en grande partie aléatoire pour les cellules humaines, se situe à peine en dessous de celle de l’ADN non codant humain.
La fonction principale de l’ADN est de stocker les instructions pour la production de protéines. Cependant, seulement 1,2 % du génome humain est impliqué dans ce processus. Le rôle du reste du génome a longtemps été débattu. Le projet ENCODE, en 2012, a affirmé que plus de 80 % du génome humain étaient actifs, et donc non considérés comme de l’« ADN poubelle ».
Cependant, la recherche actuelle remet en question ces affirmations. Les auteurs de l’étude ont mesuré le nombre de points de départ de transcription (la conversion de l’ADN en ARN) sur 1 000 paires de bases d’ADN non codant. Ils ont découvert que l’activité de l’ADN végétal représente environ 80 % de celle de l’ADN non codant humain.

« Une grande partie de cette activité pourrait être interprétée comme un bruit de fond », affirme Brett Aidy de l’Université d’Auckland. « Cela semble corroborer l’idée d’ADN poubelle », ajoute-t-il.
Chris Ponting de l’Université d’Édimbourg souligne que cette recherche démontre à quel point la biologie peut être « bruyante ». Dan Graur de l’Université de Houston ajoute que cette étude confirme un fait évident : une grande partie du génome humain serait inutile.
Les scientifiques n’ont pas encore élucidé pourquoi l’activité de l’ADN humain dépasse de 25 % celle de l’ADN végétal. Ils supposent qu’une partie de l’ARN produit à partir de l’ADN humain pourrait néanmoins jouer des rôles fonctionnels. Actuellement, les chercheurs exploitent l’apprentissage automatique pour dissocier l’activité significative du bruit de fond.
Points à retenir
- Les hybrides homme-plante sont étudiés pour explorer la fonction de l’ADN.
- Un pourcentage notable de l’ADN humain n’est pas impliqué dans la codification des protéines.
- La recherche sur l’ADN “poubelle” continue de susciter des débats au sein de la communauté scientifique.
- Les méthodes d’apprentissage automatique facilitent l’interprétation des données génétiques complexes.
- Certaines parties de l’ADN humain pourraient avoir des fonctions encore non découvertes.
En conclusion, cette étude invite à repenser la notion d’« ADN poubelle » et à approfondir notre compréhension des mécanismes subjacents à l’activité génétique. En tant que passionné de biologie et de recherche, je suis fasciné par les implications que ces découvertes pourraient avoir sur notre compréhension de l’ADN et de la génétique humaine. Ce débat sur l’importance de chaque segment du génome soulève des questions cruciales sur ce que cela signifie réellement d’être humain. Quelles autres surprises la biologie nous réserve-t-elle ?
