mer. Juin 24th, 2026
Intelligence artificielle et Islam : Opportunités et défis dans les sciences islamiques et les domaines religieux

Selon l’Agence de presse Taghrib, Abdullah Naruei, érudit religieux sunnite et directeur de l’Institut Khatam al-Nabiyyin, a exprimé dans une note :

L’une des grandes bénédictions de Dieu pour l’humanité est celle de l’intellect ; un don qui permet aux hommes d’évoluer, d’affronter les difficultés et d’améliorer leurs conditions de vie ainsi que leurs relations avec tous les éléments de l’existence. Cette bénédiction, tout comme celle de contrôler les créatures grâce à la connaissance, a produit des résultats brillants et conformes à la raison.

Avec l’avènement de la révolution numérique, la créativité et l’innovation s’accélèrent, entraînant des transformations majeures dans nos modes de vie et nos pensées—des changements sans précédent. Parfois, ces avancées font naître chez les individus un sentiment d’émerveillement face aux innovations apportées par l’intelligence artificielle (IA) et la programmation électronique.

Cette métamorphose résulte essentiellement de la capacité de l’IA à simuler l’intelligence humaine, ébranlant notre compréhension sur de nombreux sujets, y compris la prévision de l’avenir. Elle suscite des inquiétudes quant à un potentiel dépassement du contrôle humain, menaçant ainsi l’avenir de l’humanité. L’IA a fait des avancées remarquables, notamment grâce à des techniques d’apprentissage profond et d’analyse complexe des données textuelles, produisant des prédictions similaires à celles de l’esprit humain.

Certains voient ces progrès comme une réalisation scientifique sans précédent, promettant un avenir meilleur, car les avantages et les utilisations pratiques des inventions et des innovations sont primordiaux. D’autres, en revanche, craignent que ces avancées ne portent atteinte à la dignité humaine, faisant perdre aux individus leur humanité.

Les institutions qui conçoivent et contrôlent l’IA visent souvent un profit rapide, construisant des empires aux ressources légendaires. Ainsi, l’IA est perçue comme une menace potentielle à l’humanité, poussant le monde vers une ère “post-humaine”. Entre ces perspectives optimistes et pessimistes, d’autres opinions émergent, n’ayant pas encore totalement saisi l’ampleur du défi que représente l’IA. Ces voix choisissent de se concentrer sur des analyses spécifiques à des domaines où une expertise est requise.

L’IA s’est introduite dans divers domaines, tels que la médecine, l’industrie, l’économie et l’éducation, mais son application en droit islamique et judiciaire soulève également des préoccupations.

L’importance croissante de l’IA dans les sciences islamiques s’exprime particulièrement avec l’accroissement des données numériques et la nécessité d’analyser ces informations pour en extraire des points de vue. Cette importance est renforcée par les résultats positifs observés dans l’émission de fatwas et le soutien à la déduction jurisprudentielle.

Il est essentiel d’approfondir cette question, en examinant les applications de l’IA dans les sciences islamiques, ainsi que ses avantages et inconvénients. Son importance pour l’analyse des données permettrait de renforcer les objectifs de la Sharia et d’aider à résoudre de nouvelles questions juridiques, tout en respectant des principes éthiques. Un point essentiel demeure que les rulings jurisprudentiels doivent être en accord avec les objectifs de la Sharia.

Dans le domaine des études coraniques et de leur interprétation, l’IA peut alléger le travail d’interrogation des versets et de leur compréhension. Cet outil précieux facilite l’exégèse thématique, rendant l’humain moins dépendant des sources interprétatives volumineuses.

Néanmoins, des défis persistent, tant dans la compréhension correcte des textes religieux que dans la vérification de leur authenticité. Malgré les aides offertes par l’IA dans la recherche jurisprudentielle, une question demeure : peut-on considérer l’IA comme un référent un juriste, et peut-elle être utilisée pour émettre des fatwas à la place des juristes ? Le recours à la technologie de l’IA pour émettre des fatwas, bien que bénéfique, peut s’avérer périlleux si d’autres conditions nécessaires à la fatwa—comme une compréhension profonde et une corrélation adéquate avec les réalités—ne sont pas respectées.

Des défis semblables se posent dans des domaines pratiques tels que le diagnostic médical et l’amélioration des capacités biologiques humaines. D’autre part, les systèmes judiciaires commencent à intégrer l’IA dans les processus de litige, englobant presque toutes les étapes des procédures légales.

Tandis que certains soutiennent une utilisation totale ou partielle de l’IA, d’autres expriment leurs préoccupations, soucieux de l’impact sur la justice impartiale et le respect de la vie privée des individus.

Bien que cette technologie ait considérablement amélioré certains domaines, sa dépendance pourrait compromettre le principe d’égalité des chances dans les litiges, rendant l’accès à une justice idéale encore plus compliqué. Malgré son importance dans l’optimisation des délais de jugement, les défis et risques liés à l’utilisation d’algorithmes d’IA dans la gestion des temps judiciaires doivent être abordés. Il serait également pertinent de questionner la compétence légale des robots.

En outre, il est nécessaire d’étudier la responsabilité civile des robots en cas d’erreurs, ainsi que les moyens de traiter ces erreurs d’un point de vue jurisprudentiel—comme cela a été fait pour les erreurs médicales. Ces questions relèvent des nouveautés jurisprudentielles, exigeant un nouvel effort d’interprétation. Un domaine important à explorer est l’application de l’IA en droit islamique. Ici, des logiciels et systèmes intelligents, tels que ChatGPT, sont utilisés pour répondre rapidement à des questions, produisant des résultats parfois surprenants, bien qu’il ne soit pas conseillé de leur accorder une confiance totale.

La note aborde aussi l’utilisation de la technologie blockchain pour une gestion efficace et un financement des waqfs, renforçant la bonne gouvernance par le biais des technologies numériques modernes. Inspiré par l’expérience de la Malaisie, l’auteur se penche sur la légitimité et le succès de cette approche dans le rôle développemental des waqfs au sein de la société.

De plus, de nouvelles méthodes de recherche et de classification de l’information, notamment dans les moteurs de recherche coraniques, tiennent compte des caractéristiques syntaxiques et sémantiques du vocabulaire coranique et de la langue arabe, permettant des recherches plus précises selon les besoins des chercheurs.

Cela pourrait s’appliquer également à la recherche sur les hadiths prophétiques, où un robot dialoguant, alimenté par l’IA et d’autres réseaux artificiels, a été conçu pour assister les chercheurs à divers niveaux. L’objectif est de diffuser largement la tradition prophétique, en la connectant à un public par le biais d’applications dédiées.

Ces études mettent en lumière les dernières réalisations en matière d’IA dans divers domaines tout en suscitant des débats sur les défis et préoccupations qui en découlent. Par conséquent, l’ignorance face à ces évolutions n’est plus justifiable pour les chercheurs spécialisés.

Notre Opinion Tech

En tant qu’observateur des innovations technologiques, je pense que l’intégration de l’intelligence artificielle dans les sciences islamiques pourrait engendrer à la fois des possibilités fascinantes et des défis significatifs. À l’aube d’une nouvelle ère digitale, il est primordial d’aborder les implications éthiques et jurisprudentielles de l’IA. La question qui se pose est de savoir comment harmoniser les avantages de cette technologie tout en préservant la dignité humaine et l’intégrité des traditions religieuses. Il semble crucial de développer un cadre éthique, capable de guider l’application de ces nouvelles technologies au service de l’humanité.


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