Lorsque les événements mondiaux nous poussent à douter de la capacité de l’humanité à perdurer, il est naturel de se tourner vers d’autres mondes, d’autres formes de vie, d’autres civilisations intelligentes, et de s’interroger sur leur aptitude à surmonter les épreuves, parfois qualifiées de « Grands Filtres ».
Ces réflexions, certes teintées d’imaginaire, reposent sur une analyse rigoureuse, centrée sur l’identification des planètes situées dans la zone habitable de leur étoile, autrement dit, celles susceptibles de posséder de l’eau liquide et une atmosphère propice à la vie.
Le système TRAPPIST-1, découvert il y a quelques années, a suscité un grand enthousiasme. Composé de sept planètes rocheuses d’une taille proche de celle de la Terre, il compte trois, voire quatre, mondes dans la zone habitable d’une naine rouge compacte.
Parmi elles, TRAPPIST-1 d semblait prometteuse pour abriter de l’eau en surface, au moins en partie. Cependant, les observations récentes du télescope spatial James Webb (JWST) révèlent que cette planète ne possède pas une atmosphère comparable à celle de notre Terre, élément pourtant essentiel pour retenir l’eau en surface.

En novembre 2022, le JWST a observé deux transits consécutifs de TRAPPIST-1 d avec l’instrument NIRSpec/PRISM. Les analyses menées par des chercheurs du Canada, du Royaume-Uni, de France et des États-Unis concluent que cette exoplanète ne présente pas d’atmosphère similaire à celle de la Terre.
Ce constat, publié dans The Astrophysical Journal, souligne l’absence de molécules caractéristiques telles que le méthane, le dioxyde de carbone ou l’eau, pourtant essentielles à la vie telle que nous la connaissons.
« Alors que TRAPPIST-1 d pourrait n’être qu’un rocher stérile illuminé par une étoile rouge impitoyable, les planètes plus éloignées – TRAPPIST-1 e, f, g, et h – pourraient encore posséder des atmosphères épaisses. » – Ryan MacDonald, Université de St Andrews.
Le spectre atmosphérique obtenu est essentiellement plat, ce qui signifie qu’aucune caractéristique atmosphérique n’a été détectée. Cette absence peut être due à une atmosphère très ténue, similaire à celle de Mars, ou à la présence de nuages élevés et denses, comme sur Vénus, ou encore à l’absence totale d’atmosphère.
Cette découverte ne sonne pas la fin des espoirs pour le système TRAPPIST-1, car les planètes plus éloignées pourraient conserver une atmosphère plus épaisse et peut-être abriter des conditions plus favorables.

Ce système tourne autour d’une naine rouge de type M8, un type d’étoiles très répandu dans la Voie lactée. On sait cependant que ces étoiles, dont TRAPPIST-1, sont sujettes à de violentes éruptions, susceptibles de détruire les atmosphères planétaires.
Le JWST ouvre la voie pour mieux comprendre comment ces effets stellaires influent sur la capacité des planètes à conserver leur atmosphère, et donc leur potentiel d’habitabilité. Jusqu’à présent, les observations montrent que TRAPPIST-1 d ne correspond pas à la catégorie des « jumelles » de la Terre.

Au-delà de l’étude de TRAPPIST-1 d, cette recherche contribue à définir les limites entre planètes pouvant conserver une atmosphère et celles qui ne le peuvent pas, un pas crucial dans la quête de mondes habitables au-delà de notre système solaire.
Observer ces exoplanètes, c’est aussi poser un miroir à notre humanité, confrontée à ses accomplissements comme à ses contradictions. L’espoir d’autres intelligences, d’autres mondes vivants, nous invite parfois à croire que nous ne sommes pas seuls dans cet univers.
Si TRAPPIST-1 d ne sera pas cette échappatoire, la recherche continue, car dans l’immensité du cosmos, il y a toujours une prochaine planète à explorer.
Points à retenir
- Le système TRAPPIST-1 abrite sept planètes rocheuses, dont plusieurs dans la zone habitable.
- Les observations récentes du JWST révèlent que TRAPPIST-1 d ne possède pas une atmosphère similaire à celle de la Terre.
- Plusieurs hypothèses sont envisagées : atmosphère trop ténue à détecter, nuages denses masquant les signaux, ou absence totale d’atmosphère.
- Les planètes plus éloignées du système, telles que TRAPPIST-1 e, f, g et h, pourraient encore détenir des atmosphères épaisses.
- Les naines rouges, très nombreuses, représentent des cibles clés pour la recherche de mondes habitables, malgré leur activité flaring intense, potentiellement destructrice.
- Le JWST constitue un outil essentiel pour différencier les planètes capables de retenir une atmosphère de celles vouées à être des rochers stériles.
Ce travail nous rappelle que la quête d’une seconde Terre est un processus long, exigeant patience et persévérance. Entre la promesse et la désillusion, l’univers démontre son goût pour le suspense, et nous, simples terriens, devons apprendre à jongler entre espoirs renouvelés et réalismes scientifiques. Après tout, si même TRAPPIST-1 d nous tourne le dos, il faudrait peut-être commencer à envisager que la vie extraterrestre ait aussi ses petites crises d’adolescence… À suivre, donc, sur notre chaîne cosmique préférée !