L’intelligence artificielle s’invite dans nos métiers, et récemment, elle a atteint un nouveau sommet avec le « conducteur de rover martien ». Le mois dernier, le rover Perseverance a réussi à effectuer deux traversées de la surface martienne, entièrement planifiées par une IA, sans intervention humaine. Voici quelques détails fournis par la NASA :
Le rover martien Perseverance a réalisé les premières manœuvres sur un autre monde qui ont été orchestrées par une intelligence artificielle. Ces essais, effectués les 8 et 10 décembre sous l’égide du Jet Propulsion Laboratory (JPL) de la NASA, ont employé une IA générative pour créer des points de passage, une tâche complexe habituellement effectuée manuellement par les planificateurs humains.
Il ne s’agit pas ici de conduite autonome au sens traditionnel, car nous savons déjà que Perseverance excelle dans ce domaine par rapport aux véhicules terrestres. Le véritable défi réside dans la planification minutieuse des itinéraires, indispensable pour éviter les obstacles tels que les rochers, les terrains accidentés ou les pièges de sable. Une telle imprudence pourrait compromettre le budget fragile de la NASA, évalué à 2,7 milliards de dollars.
La conduite en temps réel du rover est un défi en raison de la distance considérable entre la Terre et Mars. Les signaux radio mettent entre quatre et vingt-quatre minutes pour parvenir à destination, et autant de temps pour revenir. Habituellement, les planificateurs humains étudient minutieusement les données photographiques et topographiques disponibles pour déterminer le chemin le plus sûr. Cette fois, le JPL a utilisé l’IA Claude d’Anthropic pour établir l’itinéraire.
Vers un avenir sans routes
La NASA n’a pas confié le trajet à l’IA sans vérifications. Étant donné que les modèles d’IA peuvent présenter des comportements inattendus, les ingénieurs ont dû s’assurer que le rover ne se jetterait pas volontairement dans le cratère Jezero. Pour cela, le JPL a conçu un « jumeau numérique » du rover, permettant de simuler les commandes avant de les envoyer au rover réel. Plus de 500 000 variables ont été testées pour garantir le bon fonctionnement de l’IA sur la surface martienne.
Le 8 décembre, Perseverance a parcouru un itinéraire de 210 mètres généré par l’IA, suivie par un autre trajets de 246 mètres le 10 décembre. Les systèmes autonomes du rover se sont légèrement écartés des plans initiaux en s’adaptant aux données réelles recueillies en cours de route, mais ces aventures ont été globalement réussies. Selon la NASA :
« Imaginez des systèmes intelligents non seulement sur Terre, mais aussi intégrés dans nos rovers, hélicoptères, drones et autres éléments de surface, formés par la sagesse collective de nos ingénieurs, scientifiques et astronautes », a déclaré Matt Wallace, responsable du bureau des systèmes d’exploration du JPL. « Cela représente la technologie révolutionnaire nécessaire pour établir les infrastructures et les systèmes nécessaires à une présence humaine permanente sur la Lune et pour mener les États-Unis vers Mars et au-delà. »
Bien que d’autres mondes présentent leurs propres défis, les astronautes avaient déjà conduit des rovers sur la Lune bien avant que l’IA ne devienne un sujet tendance. Les robots sur d’autres planètes, quant à eux, ne rencontrent pas les mêmes obstacles que sur Terre, comme des feux rouges ou des enfants courant devant eux. Même si l’idée que l’IA pourrait supplanter les planificateurs d’itinéraires est souvent moquée, il est logique qu’un rover puisse scanner son environnement et utiliser ces données, ainsi que la cartographie existante, pour se diriger de manière autonome sans attendre d’instructions.
Points à retenir
- Le rover Perseverance a réalisé des trajets entièrement planifiés par une IA.
- Cette avancée pourrait transformer la manière dont les missions spatiales sont exécutées.
- Les processus de validation sont cruciaux pour éviter des erreurs coûteuses.
- Les ravages de la distance entre la Terre et Mars posent des limites aux opérations humaines.
- Les systèmes d’IA pourraient prochainement permettre une autonomie accrue pour les rovers et autres machines sur d’autres planètes.
Nous devons explorer ces avancées dans le contexte des défis éthiques et techniques qu’elles soulèvent. À quel point sommes-nous prêts à laisser des machines décider pour nous, même dans un environnement aussi éloigné que Mars ? En tant qu’observateur passionné, je trouve fascinant de réfléchir à l’avenir que nous construisons avec ces technologies. Au-delà de la curiosité scientifique, c’est un véritable enjeu humain qui nous attend, révélant notre rapport à l’intelligence et à la technologie. Les discussions autour de ces questions sont essentielles, alors continuons d’échanger nos réflexions ensemble.
