Pise, le 26 avril 2026 – Finies les plages de gravier, place à un nouveau canal pour transférer les sédiments le long de la côte et encourager un réapprovisionnement naturel. C’est la proposition de l’ingénieur Giorgio Gentilini, présent vendredi à une rencontre organisée par l’association Amici di Pisa. Auteur du livre “Litoralis”, Gentilini étudie depuis des années les causes de l’érosion de la côte de Marina di Pisa et les solutions possibles, mettant l’accent sur la gestion des sédiments comme élément clé. Dans ses explications, il souligne que “l’érosion de la côte pisane est liée à des interventions ayant modifié l’équilibre de l’Arno : le détournement des méandres, les assainissements et des digues plus hautes ont accentué les crues, erodant les fonds marins. Les épis à l’embouchure éloignent aussi les sédiments. Il est désormais essentiel de réapprovisionner les fonds marins avec des matériaux fluviaux plutôt que d’investir dans des plages de gravier”.
L’ingénieur Giorgio Gentilini a une proposition contre l’érosion
Pourquoi pensez-vous que les interventions actuelles ne sont pas adéquates ?
“Elles représentent une défense côtière passive, sans véritable impact sur le réapprovisionnement des fonds. De plus, les plages de gravier, en plus d’être coûteuses à entretenir, sont vulnérables aux événements climatiques extrêmes : avec le changement climatique, tempêtes et houles deviendront de plus en plus puissantes, ce qui compromette la stabilité des digues”.
Quelle solution proposez-vous alors ?
“Les sédiments qui devraient alimenter les plages sont évacués du littoral. Une ligne neutre, identifiée dès 1891, empêche le dépôt des sédiments apportés par le fleuve en mer, empêchant ainsi l’expansion côtière”.
Comment contourner ce problème ?
“Il faut créer un canal déviant le parcours historique de l’Arno, l’Arnino, qui reliait l’aire des Bufalotti à Marina di Pisa. Ce tracé a été abandonné en 1606 lorsque le grand-duc Ferdinando Ier de Médicis a décidé de modifier le cours de la rivière”.
Comment cet aménagement pourrait-il changer la situation ?
“Lors des crues, les eaux troubles de l’Arno, riches en sédiments, seraient orientées selon deux directions : une continuerait vers Bocca d’Arno, tandis qu’une autre serait dirigée vers Marina di Pisa. La force des courants marins contribuerait à ce processus”.
Quel effet cela pourrait-il avoir ?
“Le courant marin pousserait les sédiments vers le nord. Ainsi, un réapprovisionnement naturel se mettrait en place, réduisant progressivement la profondeur et favorisant l’apparition de nouvelles plages au fil du temps”.
Un tel projet est-il réalisable ?
“J’ai effectué plusieurs visites sur le site et je le considère réalisable. L’aire des Bufalotti est essentiellement marécageuse, et le canal à créer ferait un peu plus de trois kilomètres. Ce n’est pas une opération particulièrement complexe, surtout compte tenu des bénéfices potentiels”.
Quelles seraient les conditions pour initier un tel projet ?
“Une volonté politique claire est nécessaire. Il est donc crucial de mettre en place un comité citoyen regroupant les habitants du littoral pisane et les associations environnementales pour inciter les décideurs à agir de manière plus efficace. L’objectif est de lutter véritablement contre l’érosion côtière et, avec le temps, de restaurer l’expansion des plages”.
Points à retenir
- La proposition de Giorgio Gentilini se concentre sur la gestion des sédiments pour lutter contre l’érosion.
- Les plages de gravier sont coûteuses et peu efficaces contre le changement climatique.
- Un historien canal, l’Arnino, pourrait redistribuer les sédiments de manière plus efficace.
- Le soutien politique et la mobilisation citoyenne sont essentiels pour concrétiser ce projet.
À travers cette approche innovante et durable, on peut imaginer un avenir où nos côtes sont non seulement protégées, mais aussi régénérées. Ce défi appelle à une prise de conscience collective et à des actions concrètes pour préserver notre environnement côtier. Cette vision, à la fois pragmatique et audacieuse, mérite sans nul doute d’être explorée et discutée dans nos collectivités.