mar. Juil 7th, 2026

Le 14 mai dernier, j’ai eu l’occasion d’assister à un événement captivant dédié à la santé des femmes et au monde du travail, à une époque où la franchise sur ces sujets reste rare dans les environnements professionnels. L’événement, intitulé Women’s Health Matters: Bridging the Gap, a marqué le lancement du Women’s Health Impact Report, une étude menée par Deloitte en collaboration avec l’Université de Milan et réalisée par IPSOS. Les discussions ont abordé des thèmes souvent tabous tels que la ménopause, le cycle menstruel, la fertilité et l’interruption de grossesse — des enjeux qui, bien qu’affectant des millions de femmes chaque jour, sont fréquemment considérés comme des sujets privés.

Une atmosphère de délivrance flottait dans la salle. Des participants, y compris de nombreux hommes, semblaient accueillir ce moment tant attendu. Cette expérience m’a amené à réfléchir sur le chemin parcouru pour faire reconnaître que le corps des femmes est différent de celui des hommes. Je vous encourage à explorer davantage ce sujet. En puisant dans mes deux décennies d’expérience professionnelle, j’ai noté plusieurs éléments : à un moment donné, souvent autour de cinquante ans, de nombreuses femmes choisissent de cesser de se plier en quatre. Elles n’essaient plus de rester positives à tout prix, de rechercher des retour positifs ou de consacrer leur énergie à des dynamiques familiales et professionnelles éprouvantes. Après avoir géré à la fois à la maison et au travail, elles réalisent avec une clarté saisissante qu’il est temps de dire stop. Les entreprises interprètent souvent ce changement comme un relâchement normal, renforçant ainsi des préjugés qu’elles n’avaient jamais vraiment abandonnés. Rarement voient-elles cela comme un retour à un réalisme désenchanté, qui peut être difficile à appréhender.

La santé des femmes, en tant que domaine d’étude qui examine les différences biologiques, psychologiques et sociales entre les sexes, offre des perspectives éclairantes sur cette transition. Les données de Gallup sur l’engagement montrent que, pendant des décennies, les femmes ont supporté une part disproportionnée du travail émotionnel dans les organisations. Non par choix, mais en raison de leur biologie et de certaines pressions culturelles qui les ont préparées à le faire.

Le rôle de la biologie

Les femmes possèdent des taux élevés d’oxytocine, un hormone essentielle pour la confiance interpersonnelle et la gestion des relations. En d’autres termes, cette composante neurobiologique, souvent qualifiée de “soft skills”, est intimement liée aux œstrogènes, qui accentuent la production d’oxytocine. Avec la ménopause, la baisse des œstrogènes réduit cette réactivité, engendrant des difficultés à évoluer dans des environnements conflictuels ou à investir dans des dynamiques jugées peu mutuelles.

Ce changement, désigné par la littérature scientifique comme un déplacement vers la “sélectivité relationnelle”, est plus couramment décrit par les femmes elles-mêmes comme le moment où elles cessent de faire des efforts. Dans des environnements de travail souvent conçus sur des modèles masculins de compétition et de gestion du stress, ce changement biologique peut apparaître comme un obstacle, non parce que les femmes donnent moins, mais parce que l’environnement n’a jamais vraiment été adapté à leurs besoins.

Les données de Gallup renforcent ces constats. Historiquement, les femmes affichent un engagement supérieur à celui des hommes, mais en 2024, le rapport State of the Global Workplace a révélé une chute significative de l’engagement parmi les femmes managers, atteignant une baisse de 7 points, le plus prononcé de tous les groupes démographiques. Cela illustre que celles qui se sont le plus investies ont souffert le plus lorsque les ressources se sont taries.

Points à retenir

  • Les sujets abordés à l’événement incluent la ménopause et la fertilité, des thèmes souvent évités.
  • Les femmes, souvent perçues comme médiatrices, commencent à changer leur approche autour de la cinquantaine.
  • Les sciences médicales et sociales apportent des éclairages sur la santé des femmes en milieu professionnel.
  • Un décalage existe entre les attentes organisationnelles et les réalités biologiques des femmes.
  • Les statistiques montrent un engagement des femmes historiquement supérieur à celui des hommes, mais il est en déclin.

Ces réflexions me poussent à considérer l’ampleur de ces enjeux dans notre société contemporaine. Il est primordial de ne pas reléguer la santé des femmes au second plan. En tant que société, nous devons encourager un dialogue ouvert et inclusif sur ces questions. C’est en prenant conscience de la diversité des expériences féminines que nous pouvons réellement avancer vers un monde professionnel plus équitable et empathique. J’invite chacun d’entre vous à participer à cette conversation cruciale pour stimuler des changements significatifs.


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