L’Évolution des Techniques de ClonageLe Clonage des Souris : Un Parcours Semé d’Écueils

05.04.2026, 08:10 Uhr

Mice from the 26th cloning generation in a Japanese study
Ces souris représentent la 26e génération de clones dans l’étude japonaise. (Photo : Université de Yamanashi)

Le clonage désigne la génération artificielle de copies génétiquement identiques de plantes ou d’animaux. Une étude de deux décennies s’interroge sur le nombre de générations possibles pour les souris ainsi que sur les particularités génétiques qui en découle.

Une expérience de 20 ans sur le clonage des souris révèle que même les techniques les plus avancées rencontrent des limites biologiques. Débutée en janvier 2005, l’étude a d’abord montré une augmentation de la fécondité à chaque génération. « La taux de réussite s’est légèrement amélioré d’une génération à l’autre, ce qui nous a conduit à penser que le clonage sequencé serait illimité », explique l’équipe dans la revue « Nature Communications ». Cependant, la réalité s’est avérée différente.

Chaque cycle de clonage a été associé à une accumulation de dommages génétiques chez les souris, allant de petites mutations à des altérations significatives de la structure chromosomique, jusqu’à la perte d’un chromosome X. Selon les chercheurs japonais, bien que les souris clonées semblent normales jusqu’à la 57e génération et leur durée de vie moyenne d’environ deux ans soit acceptable, les dommages DNA accumulés ont fini par affecter le succès du clonage.

« Le taux de naissance du clonage séquentiel a commencé à diminuer à partir de la 27e génération, la 58e étant la dernière », indique l’équipe dirigée par Sayaka et Teruhiko Wakayama de l’Université de Yamanashi. « Tous les animaux de cette génération sont morts dès le lendemain de leur naissance », et le nombre de naissances était déjà très bas.

Des études antérieures avaient déjà montré que le clonage séquentiel a des conséquences sur les mammifères tels que les chèvres, les vaches et les porcs après un nombre limité de générations. Cependant, grâce à l’amélioration des techniques de clonage, l’équipe japonaise a pu générer un grand nombre de générations de clones, produisant au total environ 1200 animaux clonés à partir d’une seule souris femelle.

Voyage du Clonage : De Dolly à Uschi

Les chercheurs impliqués dans le clonage de mammifères retirent le noyau d’une cellule somatique et l’insèrent dans un ovule préalablement énucléé, celui-ci étant ensuite implanté dans un animal femelle. L’animal qui en résulte porte presque le même ADN que celui de l’animal d’origine.

Le clonage de Dolly, le premier mammifère cloné en 1997, avait déjà fait sensation. Suivirent ensuite d’autres créatures, telles que la souris clônée Cumulina, également produite par Teruhiko Wakayama, et la vache clonée Uschi, entre autres.

L’Indispensable Rôle du Sexe

Le processus de reproduction sexuée diffère : avant la formation des ovules et des spermatozoïdes, le matériel génétique est d’abord réduit de moitié. Par la suite, lors de la fécondation, les deux parties se combinent pour former un nouvel ensemble génétique complet, avec de nombreux mécanismes de réparation qui ne sont pas disponibles lors du clonage.

Quand des souris clonées de la 55e génération furent accouplées à des mâles, ayant des descendances par voie sexuelle, le taux de naissance augmenta à nouveau. Cela démontre que même des erreurs génétiques accumulées par le clonage peuvent être partiellement corrigées par la reproduction sexuée. L’équipe conclut que « la reproduction sexuée est essentielle pour la survie à long terme des espèces de mammifères ».

Points à retenir

  • Les techniques modernes de clonage, bien que prometteuses, rencontrent des limites biologiques.
  • Des dommages génétiques s’accumulent à chaque cycle de clonage, affectant la viabilité des générations futures.
  • Un passage à la reproduction sexuée permet de réduire certaines erreurs ADN accumulées par clonage.
  • Le clonage animal pose des questions éthiques et scientifiques soulevées par la communauté recherche.

En prenant du recul sur ces découvertes, je me demande si nous sommes véritablement prêts à embrasser les implications éthiques du clonage. Après tout, le défi qui nous attend ne réside pas seulement dans les techniques, mais aussi dans notre capacité à naviguer avec sagesse dans ce nouvel horizon scientifique. La nature, dans toute sa complexité, nous enseigne que l’innovation doit toujours s’accompagner d’une réflexion profonde sur les enjeux à venir.


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