Un objet « hostile » se dirige vers la Terre : un chercheur de Harvard évoque un « vaisseau-mère » avancé
Repéré pour la première fois en juillet par le télescope ATLAS, soutenu par la NASA et installé à Río Hurtado au Chili, l’objet nommé 3I/ATLAS intrigue la communauté scientifique.
Il s’agit seulement du troisième objet connu à provenir de l’espace interstellaire, c’est-à-dire venant bien au-delà de notre système solaire, ce qui dépasse les frontières habituelles de nos observations.
Les scientifiques ont rapidement constaté que sa vitesse, dépassant les 66 km/s, était trop élevée pour que l’objet soit capturé par la gravité du Soleil.
Déjà qualifié de « potentiellement hostile », ce corps céleste suscite des craintes quant à son impact possible sur notre planète.
Les experts poursuivent une surveillance attentive de sa trajectoire et de son comportement, après un avertissement lancé il y a peu.
« Les conséquences, si cette hypothèse s’avérait correcte, pourraient être graves pour l’humanité », indiquent les chercheurs dans leur étude.
Avi Loeb, Adam Hibberd et Adam Crowl, trois chercheurs associés à l’université de Harvard, suivent de près l’évolution de 3I/ATLAS. Selon leurs calculs, en novembre prochain, l’objet passera derrière le Soleil, devenant alors invisible depuis la Terre.
« Ce mouvement pourrait être intentionnel afin d’échapper aux observations détaillées des télescopes terrestres quand l’objet est le plus brillant, ou au moment où des engins potentiellement envoyés depuis lui atteindraient la Terre », commente Avi Loeb.
Lors d’un entretien accordé à CNN suite à la publication de leurs recherches, Loeb souligne une particularité de 3I/ATLAS qui le distingue nettement des comètes classiques.
« Habituellement, une comète laisse une traînée derrière elle. Ici, la lueur se trouve devant l’objet. C’est inédit. Aucune comète ne brille à l’avant », explique-t-il.
Cette théorie n’est pas unanimement acceptée. Une astronome de l’université de Regina, au Canada, estime que toutes les observations confirment qu’il s’agit d’une comète ordinaire, simplement expulsée d’un autre système solaire, à l’instar des nombreux comètes expulsées de notre système solaire.
Loeb lui-même reconnaît que son hypothèse peut paraître audacieuse et que les données pourraient encore évoluer :
« La conclusion la plus probable reste que 3I/ATLAS est un objet interstellaire naturel, vraisemblablement une comète. Ce papier présente une hypothèse remarquable mais testable. Les auteurs ne s’y accrochent pas nécessairement, mais elle mérite d’être examinée et rapportée ».

Points à retenir
- 3I/ATLAS est un objet interstellaire identifié en juillet, se dirigeant vers notre système solaire à une vitesse très élevée.
- Sa trajectoire et sa luminosité diffèrent de celles d’une comète classique, notamment par une lueur située à l’avant et non à l’arrière.
- Des chercheurs de Harvard évoquent l’hypothèse qu’il pourrait s’agir d’un « vaisseau-mère » extraterrestre, ce qui reste à confirmer.
- Une majorité de spécialistes reste cependant convaincue qu’il s’agit d’un objet naturel, un astre expulsé d’un autre système solaire.
- En novembre, l’objet passera derrière le Soleil, compliquant les observations depuis la Terre.
- La vigilance reste de mise, car les échanges et recherches scientifiques sur ce phénomène sont très actifs.
Si cette énigme du cosmos ravive l’imaginaire collectif et interroge sur notre place dans l’univers, elle nous rappelle aussi la prudence inhérente à la démarche scientifique : dans l’espace, tout est possible, mais rien n’est jamais gagné d’avance.
Et puis, entre nous, n’est-il pas un peu rassurant de savoir que même les meilleurs cerveaux du monde peuvent se poser la question… « Est-ce un vaisseau-mère hostile ou juste une comète un peu bizarre ? » Dans tous les cas, ça met un peu de piquant dans une vie parfois trop terrestre, non ?