Alpine a annoncé le retour de Steve Nielsen au poste de directeur général de son équipe de Formule 1, en remplacement d’Oliver Oakes, qui a quitté précipitamment ses fonctions de directeur d’équipe en mai dernier.
Steve Nielsen connaît bien Alpine, ayant travaillé pour l’écurie dans les années 1990 et 2000, notamment lors des deux dernières saisons de titres mondiaux, en 2005 et 2006. Ces sacres, sous l’ère Renault, étaient portés par Fernando Alonso, aujourd’hui pilote chez Aston Martin.
Avant de s’imposer dans le monde de la F1, Nielsen a entamé sa carrière dans un tout autre registre, en tant que policier – une aventure courte – avant de devenir chauffeur de camion pour la Formule 1. Il a ensuite intégré l’équipe Lotus, où il a gravi les échelons. Après un passage chez Williams en tant que directeur sportif jusqu’en 2017, il a rejoint Formula One Management (FOM) pour gérer les questions liées au règlement sportif du championnat.
En 2023, Nielsen quitte FOM pour un rôle comparable à la FIA, mais il s’en retire rapidement dans un contexte de changement sous la présidence de Mohammed Ben Sulayem, avant de retourner chez FOM comme consultant.
Ce retour chez Alpine rapproche Nielsen de Flavio Briatore, figure emblématique et ancien directeur de l’équipe lors des années triomphales sous Renault, également passé par Benetton dans les années 1990. Briatore occupe aujourd’hui le poste de conseiller exécutif et chef de fait de l’équipe, sans pour autant reprendre officiellement le titre de directeur d’équipe après le départ d’Oakes, survenu juste après le Grand Prix de Miami.
La décision spectaculaire de changer de pilote, avec l’arrivée de Franco Colapinto aux côtés de Pierre Gasly pour la saison 2025, alors que l’équipe végète en bas du classement constructeurs, avait d’abord été avancée comme l’une des raisons du départ d’Oakes. Cependant, il s’est avéré qu’Oakes avait démissionné suite à l’arrestation de son frère William, également directeur chez Hitech Grand Prix, inculpé pour « transfert de biens criminels » selon la police métropolitaine de Londres. Oliver Oakes lui-même n’est pas mis en cause.
Dans son communiqué officiel, Alpine souligne que sous la direction de Flavio Briatore, Steve Nielsen prendra en charge la gestion quotidienne de l’équipe à Enstone à partir du 1er septembre, juste avant le Grand Prix d’Italie à Monza.
Photo de Steve Nielsen aux côtés de Flavio Briatore : Clive Rose/Getty Images
Points à retenir
- Steve Nielsen n’est pas un néophyte chez Alpine, son expérience passée pourrait stabiliser une équipe en quête de souffle.
- Son parcours atypique, de policier à directeur sportif, prouve que la F1 réserve parfois des trajectoires surprenantes – et que les camions ont aussi leurs héros.
- Le retour de Nielsen sous la houlette de Briatore rappelle que, parfois, les bonnes vieilles recettes d’antan reviennent à la mode, façon vintage mais version piste.
- Le départ d’Oakes soulève une énigme mêlant politique interne et incidents familiaux, le tout avec un soupçon de mélodrame londonien comme on les aime.
- Alpine, malgré ses soucis actuels, semble vouloir reprendre le contrôle à l’aide de profils aguerris, mais le challenge reste gigantesque avec la saison 2025 en point de mire.
Dans cet imbroglio où passé et présent s’entremêlent, on pourrait se demander si la Formule 1 ne tourne pas parfois à une saga à épisodes, avec ses héros, ses drames et ses retournements dignes d’une série télévisée. Reste à voir si le retour de Nielsen va redonner des couleurs à Alpine ou si, au contraire, ce vieux routier s’embourbera dans un circuit bourré d’embûches. Moi, j’ai ma petite idée, mais je laisse le temps faire son job, et surtout, garder le pop-corn à portée de main.