Avant même la sortie du film F1, il était clair que Joseph Kosinski prenait très au sérieux son passage dans l’univers de la Formule 1, avec Brad Pitt en vedette. Le long-métrage affiche une ambition comparable à celle que l’on avait vue avec les avions dans Top Gun : Maverick, en s’efforçant de recréer une expérience aussi immersive et réaliste que possible du sport automobile.
Reproduire à la perfection les scènes de course n’est qu’une partie du défi. Le film s’attache également à donner vie à l’environnement autour des voitures et des circuits. Pour cela, il s’est appuyé sur l’équipe fictive APXGP et une narration scénarisée, créant ainsi un univers crédible et cohérent avec l’univers réel de la compétition. Les réalisateurs ont travaillé en étroite collaboration avec l’organisation officielle de la Formule 1, et plusieurs scènes s’inspirent d’événements authentiques de l’histoire du sport.

Un aspect où le film s’autorise cependant plus de libertés concerne les personnages humains qui peuplent l’histoire. Dans la distribution de l’équipe APXGP, on note une volonté manifeste de diversité, avec un jeune pilote noir ambitieux et une intrigue abordant, même de manière indirecte, le stress d’être une femme en position de pouvoir dans un milieu sportif. Ce n’est pas révolutionnaire, mais c’est déjà un changement notable par rapport à la composition souvent homogène des véritables écuries.
Cette orientation ne relève pas uniquement de la créativité du réalisateur. Elle provient directement de la collaboration avec Lewis Hamilton, qui a endossé le rôle de producteur et de conseiller sur le film. Depuis 2023, le champion n’a cessé de rappeler que ce projet ne montre pas tant le présent que le futur du sport automobile.

La lutte de Lewis Hamilton pour plus de diversité est bien connue sur la scène de la Formule 1. Ce sport a longtemps été un domaine quasi exclusivement masculin et blanc. Jusqu’en 2007, année où Hamilton a fait ses débuts, la compétition n’avait jamais vu un pilote noir en quatre décennies d’existence. Il reste aujourd’hui le seul à ce jour.
Le film F1 s’inscrit donc comme une nouvelle occasion pour Hamilton de refléter son engagement social dans son sport. Par l’intermédiaire de la Hamilton Commission, il travaille à améliorer la représentation des pilotes noirs au Royaume-Uni. Cette année encore, il a annoncé un projet pluriannuel visant à attirer davantage de femmes en Formule 1. Au-delà de ces initiatives, Hamilton a également apporté un éclairage précieux au scénario, échangeant avec Brad Pitt et Joseph Kosinski afin de mieux transmettre la psychologie propre aux pilotes de haut niveau.
Points à retenir
- Joseph Kosinski mise sur un spectacle réaliste, presque immersif, comparé à ce qui a été fait sur Top Gun : Maverick.
- La création d’un univers crédible va au-delà des bolides : une équipe fictive, APXGP, sert de cadre à une histoire ancrée dans la réalité sportive.
- La diversité du casting est volontairement accentuée pour refléter un futur souhaitable, avec le soutien actif de Lewis Hamilton.
- Hamilton reste une figure emblématique, non seulement pour ses exploits sportifs, mais aussi pour ses combats sociaux dans un sport encore très homogène.
- Le scénario bénéficie grandement des conseils du pilote, ce qui ajoute au réalisme psychologique des personnages.
Au final, on pourrait presque dire que ce film est une version cinématographique de la Formule 1 rêvée par Hamilton : rapide, engagée et légèrement plus diverse. Reste à voir si les spectateurs, à défaut de piloter à 300 km/h, prendront autant de plaisir à découvrir cet univers que le champion lui-même. Mais bon, tant qu’il y a du drame, des coulisses, et un Brad Pitt qui fait vroom vroom, je suis prêt à parier que ça va le faire. Alors, qui osera dire que le cinéma ne peut pas accélérer aussi vite que ces bolides ?