mer. Juin 24th, 2026

Dans le monde actuel de la Formule 1, rares sont les histoires qui auraient pu compenser l’absence de Lewis Hamilton sur le podium à Silverstone pour la première fois de sa carrière. Pas même celle de la victoire de Lando Norris lors de son Grand Prix à domicile. Pourtant, la troisième place de Nico Hulkenberg lors de la dernière course – mettant fin à la plus longue série sans podium de l’histoire de la discipline, soit 239 Grands Prix – a su captiver davantage encore.

Parti dernier, en 19e position sur la grille, le pilote allemand et son équipe Sauber, désormais dirigée par l’ancien stratège de Red Bull Jonathan Wheatley, ont parfaitement maîtrisé chaque call et chaque arrêt au stand dans ce chaos météo mêlant pluie et séchage de la piste. Hulkenberg a ainsi dépassé seize concurrents, décrochant ce podium devant Hamilton lui-même.

Un podium pour Hulkenberg au volant d’une Sauber avant qu’Hamilton ne monte sur le podium avec Ferrari ? Personne ne l’aurait imaginé dans votre bingo F1 2025.

Hulkenberg (à droite) sur le podium au Grand Prix de Grande-Bretagne
Hulkenberg (à droite) s’est illustré sur le podium lors du Grand Prix de Grande-Bretagne (Crédit photo : Getty Images)

Le sourire radieux de Hulkenberg, brandissant un trophée en Lego, restera l’image phare de cette saison, sans doute l’une des plus inattendues. « C’est la preuve du travail acharné de l’équipe », confie-t-il à notre rédaction à l’aube du Grand Prix de Belgique, avec désormais quatre courses consécutives à marquer des points.

« La mise à jour apportée à Barcelone (9e manche) a vraiment fait la différence. C’était un tournant dans notre saison. L’ampleur du progrès est une surprise. Avant, il était difficile de faire quoi que ce soit, maintenant les choses sont très positives. »

Ce week-end de Silverstone, chargé d’émotion pour le pilote de 37 ans surnommé « The Hulk », avait pourtant débuté dans la tourmente avec une attente de cinq heures à l’aéroport de Nice, frappé par une grève du contrôle aérien. D’où ce bref entretien dans l’intimité du motorhome transparent de Sauber, isolé au fond du paddock.

Et si tout ce succès n’était finalement que la réponse aux innombrables questions sur ses 238 départs consécutifs sans podium ? Hulkenberg ne s’en formalise pas. « Ce n’est pas quelque chose auquel je pense. C’est du passé, honnêtement. Nous cherchons tous le meilleur résultat possible. Il faut être prêt et savoir saisir sa chance quand elle se présente, que ce soit grâce à la météo ou autre », déclare-t-il d’un ton posé.

Hulkenberg a terminé troisième après être parti 19e sur la grille
Hulkenberg termine troisième après être parti 19e sur la grille (Crédit photo : Getty Images)
Hulkenberg célèbre sa pole position au GP du Brésil 2010 avec Williams
Hulkenberg fête sa pole position au GP du Brésil 2010 avec Williams (Crédit photo : Getty Images)

Cette renaissance de la carrière de Hulkenberg, originaire de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie et plus précisément d’Emmerich am Rhein, près de la frontière néerlandaise, s’inscrit dans la continuité de ses débuts prometteurs. En 2009, il remportait dès sa première année le GP2 (devenu Formula 2), un exploit réalisé auparavant seulement par Nico Rosberg et Lewis Hamilton.

Sa carrière en Formule 1, notamment chez Williams, Force India ou Renault, se révèle constamment solide mais sans jamais atteindre les sommets. Son seul sacre majeur reste sa victoire au mythique marathon des 24 Heures du Mans en 2015 avec Porsche. Ce faisant, il devenait le premier pilote F1 actif à triompher dans cette épreuve depuis 1991.

Hulkenberg (à droite) célèbre sa victoire aux 24 Heures du Mans 2015
Hulkenberg (à droite) célèbre sa victoire aux 24 Heures du Mans 2015 (Crédit photo : Getty Images)

Écarté à la fin de la saison 2019, il a passé trois ans en tant que pilote réserviste avant d’effectuer un retour remarqué en 2023. « Ce come-back en F1 est ma plus grande réussite », confie-t-il, plaçant cette résurgence au même niveau que son triomphe d’Endurance.

« J’avais besoin d’une pause, un peu de recul. Mais je sentais que je n’avais pas terminé. Je voulais revenir et redevenir compétitif. »

Si son look de rockeur au style ébouriffé tranche avec sa personnalité plutôt posée et discrète, « The Hulk » est aujourd’hui l’un des plus expérimentés sur la grille, père d’une fillette de quatre ans, Noemi. Aux côtés de Max Verstappen, ils sont les deux seuls papas pilotes du paddock.

Hulkenberg forme un duo avec Gabriel Bortoleto, 17 ans de moins que lui
Hulkenberg forme un duo avec Gabriel Bortoleto, 17 ans son cadet (Crédit photo : Getty Images)

Sous l’impulsion de Jonathan Wheatley, ancien stratège de Red Bull, Sauber affiche un visage revitalisé alors qu’Audi s’apprête à prendre les commandes dès la saison prochaine. L’équipe, déchue la saison dernière, semble prête à jouer un rôle majeur lorsque les nouvelles règles entreront en vigueur en 2026.

En dépit de ce podium enfin décroché, Hulkenberg conserve un objectif intact : briser le record du plus grand nombre de départs en F1 sans victoire. « On veut toujours gagner, c’est évident. Je n’y suis pas encore arrivé. Pour réussir, il faut être au bon endroit, avec les bonnes personnes. Aujourd’hui, je suis sur un gros projet très excitant. L’année prochaine sera un nouveau départ pour tout le monde. Audi est une marque sérieuse dans tous ses engagements sportifs. J’espère que nous serons un concurrent sérieux dans les années à venir. La F1, c’est avant tout une question de timing. Le mien n’est pas encore arrivé, mais qui sait. »

Points à retenir

  • Hulkenberg a enfin mis un terme à une insolite série de 238 Grands Prix sans podium.
  • Son retour en F1, après plusieurs années comme pilote remplaçant, montre qu’il n’a pas dit son dernier mot.
  • L’équipe Sauber, boostée par Audi et l’expertise de Jonathan Wheatley, semble renaître de ses cendres.
  • Le pilote allemand, tout en discrétion, se démarque des stars social media par son approche posée et pragmatique.
  • Malgré tout, il reste le roi incontesté du “presque mais pas encore”, avec toujours aucune victoire.

Il faut bien avouer que la Formule 1 adore les histoires de timing et de second souffle. Hulkenberg nous rappelle qu’un pilote peut rester dans la course, au propre comme au figuré, même quand on le croyait rangé des paddocks. Alors, la question qui brûle les lèvres : la consécration ultime est-elle pour bientôt ? Chez LesNews, on parie que si elle tarde, Hulk continuera à nous surprendre… au moins, il a le trophée Lego pour se consoler !


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