L’ancien pilote Nico Rosberg a sévèrement critiqué Lando Norris, pilote chez McLaren, suite à l’accident survenu lors du Grand Prix de Formule 1 au Canada. À l’inverse, il voit en Oscar Piastri un favori crédible pour le titre mondial, saluant sa sérénité et sa solidité.
Le choc entre les coéquipiers McLaren, Norris et Piastri, a révélé deux profils opposés : d’un côté, une erreur de jugement brutale (Norris), de l’autre, un calme presque stoïque (Piastri). Pour l’expert de Sky, Nico Rosberg, « Dès aujourd’hui, Piastri s’impose comme le favori clair pour le championnat. Sa constance est impressionnante. »
En revanche, le constat est plus sombre pour Norris : « Il enchaîne les erreurs, ce qui donne clairement l’avantage à Piastri, ce qui est assez surprenant vu son parcours récent. Sous la pression actuelle, il fait preuve d’une vraie force. »
Après seulement dix courses, le Britannique paraît-t-il déjà hors-jeu pour la lutte au titre ? Rosberg nuance : « Il reste encore 14 week-ends de course, mais ses erreurs répétées, notamment lors des qualifications, le pénalisent lourdement depuis l’an dernier. »
Cette tendance s’est confirmée lors de la troisième séance de qualifications au Canada. « Ses erreurs le poussent à s’élancer de loin sur la grille. Ensuite, il commet une faute en course, tentant un dépassement sur Piastri là où il n’y avait clairement pas d’espace. Il a fini dans l’herbe et abîmé sa monoplace contre le mur. »
Rosberg s’interroge : « Où voulait-il aller ? Où est sa vision pour imaginer qu’on pourrait se faufiler à gauche ? Il connaît le circuit, rien n’a changé dans les derniers tours. Le mur est toujours là. Pourquoi perdre la tête dans ces moments-clés ? »
En comparaison, Piastri affiche un comportement totalement différent : « Ce qui me frappe chez Oscar, c’est son calme apparent, comme s’il roulait en F1 depuis dix ans et avait souvent disputé la couronne mondiale. Il ne s’emporte pas sur la radio, garde la tête froide, finit sa course sans éclats. Il se construit une bulle autour de lui, fait preuve d’une intelligence remarquable dans son entourage. »
Géré par son compatriote et ancien pilote Mark Webber, Piastri bénéficie d’un encadrement stable. Rosberg raconte : « Je connais bien Mark Webber car j’ai été son coéquipier. Ce week-end, il me disait qu’après Miami, ils sont simplement allés manger une pizza, sans soirée ni fête. Que Piastri finisse premier ou cinquième, ça ne change pas grand-chose pour lui. Cette stabilité est sans doute sa plus grande force actuellement. »
Résultats du Grand Prix du Canada, Circuit Gilles Villeneuve
1. George Russell (GB), Mercedes, 1:31:52,688
2. Max Verstappen (NL), Red Bull Racing, +0,228 sec
3. Kimi Antonelli (I), Mercedes, +1,014
4. Oscar Piastri (AUS), McLaren, +2,109
5. Charles Leclerc (MC), Ferrari, +3,442
6. Lewis Hamilton (GB), Ferrari, +10,713
7. Fernando Alonso (E), Aston Martin, +10,972
8. Nico Hülkenberg (D), Sauber, +15,364
9. Esteban Ocon (F), Haas, +1 tour
10. Carlos Sainz (E), Williams, +1
18. Lando Norris (GB), McLaren, +4 (abandon suite accident, mais classé)
Classement du championnat après 10 des 24 Grands Prix
1. Oscar Piastri – 198 points
2. Lando Norris – 176 points
3. Max Verstappen – 155 points
4. George Russell – 136 points
5. Charles Leclerc – 104 points
Classement des Constructeurs
1. McLaren – 374 points
2. Mercedes – 199 points
3. Ferrari – 183 points
4. Red Bull Racing – 162 points
Points à retenir
- Oscar Piastri, à peine entré dans le grand bain, séduit déjà par son calme presque zen, qui tranche avec les agitations de son équipe.
- Lando Norris, lui, semble accumuler les maladresses, rappelant que la F1 n’est pas un simple jeu de pilotage, mais bien une affaire de sang-froid et de calculs.
- Les conseils d’un ancien, Rosberg, nous rappellent qu’il ne faut jamais sous-estimer l’importance du mental dans ce sport où tout s’accélère.
- La cohabitation dans une même équipe n’est définitivement pas un long fleuve tranquille, surtout quand l’un sombrait dans ses erreurs et l’autre excelle dans la stabilité.
- Stable, Piastri semble bénéficier d’un excellent encadrement managérial, loin des strass et paillettes qui font parfois perdre pied.
Au final, il semblerait que la Formule 1 ne soit pas seulement une question de vitesse, mais aussi de maîtrise de soi et de stratégie intérieure. Reste à voir si Norris, dans son rôle de punching-ball volontaire, saura redresser la barre ou si Piastri confirmera son ascension flamboyante.
N’est-ce pas amusant de constater que parfois, dans ce cirque ultra-médiatisé, le talent brut côtoie les erreurs de débutant comme pour nous rappeler qu’au-delà de la machine, il y a toujours un humain qui pilote (ou tente de ne pas tout casser) ? À suivre donc, avec popcorn et patience.