(LesNews) – La saison 2026 de la MotoGP entre dans sa phase cruciale, et la lutte pour le titre est plus serrée que jamais : seulement 24 points séparent les trois premiers pilotes du classement général, alors que la catégorie reine se prépare à faire escale à Misano, l’une des courses préférées de Marco Bezzecchi.

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Marco Bezzecchi s’exprime lors d’une interview à Misano
Actuellement, Jorge Martin mène avec 256 points, suivi de près par Marc Marquez avec 237 points, et Bezzecchi lui-même avec 232 points, après avoir obtenu un doublé à Aragon et ainsi réduit son retard.
Bezzecchi a pourtant traversé une phase difficile récemment, marquée par des chutes, des blessures et une suspension qui ont terni ses performances et compromis sa position au championnat.
Dans un entretien accordé à Motorsport.com Italie, Bezzecchi se livre sur son état physique, ses réflexions sur cette bataille pour le titre et ses premières impressions sur le prototype d’Aprilia pour 2027.
Question : “Marco, commençons par une question peut-être banale mais cruciale : comment vas-tu ?”
Marco Bezzecchi : “Je vais plutôt bien. Mon épaule va mieux, je suis rétabli à 98%, ce qui me permet enfin de m’entraîner correctement ces derniers jours.”
“C’était dur, beaucoup plus difficile que ce que j’avais anticipé pour une simple blessure à la clavicule ! Mais tout est rentré dans l’ordre. Concernant mon genou, j’ai encore quelques douleurs. Cela prend plus de temps à guérir.”
“Le problème, c’est que je dois constamment gérer l’accumulation de liquide, surtout après un week-end de course. Après Aragon, j’ai dû suivre des soins pendant quatre ou cinq jours pour faire dégonfler.”
Question : “Quelle est la principale difficulté que ta blessure au genou te pose sur la moto ?”
Bezzecchi : “J’éprouve de fortes douleurs sous la rotule. Cette accumulation de liquide complique le maintien du genou plié. C’est difficile à expliquer…”
Un tournant à Misano ?
Question : “Penses-tu que Misano pourrait représenter un tournant dans le championnat, avec un écart considérable entre toi, Martin et Marquez ?”
Bezzecchi : “C’est un peu prématuré, chaque week-end offre désormais bien plus de points qu’avant. On peut rapidement gagner ou perdre beaucoup.”
“Jorge, Marc et moi sommes relativement proches, mais personnellement, je suis celui qui a pris un peu de retard à cause de mes blessures. Il sera crucial de continuer à progresser et de rester proche d’eux pour entrer en bataille dans la dernière partie de la saison.”
Leçons d’une période difficile
Question : “Tu as traversé une période difficile entre la Hongrie et le Sachsenring. Qu’en as-tu appris ?”
Bezzecchi : “C’est indéniable. En général, on tire plus de leçons des moments difficiles que des bons. Chaque week-end, on y fait face à des enjeux différents, ce qui nous apprend constamment.”
“Il faut apprendre à ne pas abandonner, même quand on se dit : ‘Pourquoi est-ce que je me mets dans cette situation ?’. C’est à ces moments-là qu’il est crucial de donner encore un peu plus.”

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Bezzecchi a vécu une période difficile en début d’été
Question : “Au cours de cette période difficile, tu as également subi deux chutes sévères. L’une d’elles était due à une différence de niveau entre l’asphalte et la zone de dégagement. Penses-tu que cela pourrait soulever des questions de sécurité pour la MotoGP ?”
Bezzecchi : “Si le gravier à Assen n’avait pas été présent, je serais allé directement à Groningen ! (rit). À 200 km/h, c’était un crash très impressionnant, croyez-moi, c’était aussi difficile à vivre.”
“C’est une zone où l’on roule vite, et il n’est pas simple de trouver une solution. Cela, et le choc que j’ai eu sur l’asphalte au Sachsenring, sont des situations normales à surmonter.”
Question : “Comment fait-on pour évacuer des expériences comme celle à Assen ? C’est difficile à expliquer de l’extérieur…”
Bezzecchi : “On s’y habitue presque. Certes, c’était un crash violent, mais conduire une moto comporte ce risque. Une fois que l’on enfourche, et qu’on commence, les sensations sont uniques à la moto. C’est ce qui en vaut la peine.”
Question : “Quelles sont ces sensations sur lesquelles tu ne peux pas faire l’impasse ? Explique-nous…”
Bezzecchi : “Premièrement, c’est la connexion avec la moto, ce lien qui se renforce au fil du temps et des courses. Ensuite, il y a le plaisir que seule cette expérience peut offrir.”
“Tous les autres sports sont plaisants, mais rien ne procure cette montée d’adrénaline. Être seul avec la moto, c’est peut-être ce que je préfère.”
Aragon, un retour vers la tête du classement ?
Question : “Revenons un instant en arrière, Marco. À Aragon, tu as obtenu deux troisièmes places. Les résultats semblent accentuer une reprise. C’était comme retrouver le Bezzecchi du début de saison.”
Bezzecchi : “En partie d’accord. En termes de vitesse, c’était de loin meilleur qu’à Silverstone. Après un bon vendredi, j’ai eu des difficultés le samedi, étant déjà exténué.”
“En course, cependant, nous avons été rapides, d’autant que ce circuit était historiquement plus favorable à notre moto. J’ai pris du plaisir à Aragon ; nous avons bien travaillé dès jeudi.”
Martin ou Marquez : qui est le plus redoutable ?
Question : “Concernant le championnat, les deux Aprilias et la Ducati de Marquez sont les adversaires clés. As-tu plus peur de Marquez ou de Martin ?”
Bezzecchi : “Ce n’est pas une question de peur. Ce sont deux défis différents. Martin est actuellement le pilote à surveiller car il est en tête.”
“Cependant, Marquez reste une figure à respecter. Il a une immense expérience et a gagné beaucoup. C’est pourquoi on ne peut jamais l’ignorer.”
Question : “Imaginons qu’il reste une lutte entre deux Aprilias contre Marquez. Pourriez-vous envisager une stratégie conjointe ?”
Bezzecchi : “C’est délicat. Cela ne se résume jamais à deux contre un. Chacun défend ses intérêts.”
Question : “Tu sais que tu as des points à rattraper. Quel Marco Bezzecchi verrons-nous à Misano ? Une approche agressive ou plus prudente ?”
Bezzecchi : “Je devrai jongler avec les deux. Actuellement, je dois encore récupérer physiquement.”
“Je connais la sensation d’être en pleine forme, et je ne suis pas encore là. Je n’aime pas me lamenter, mais c’est la réalité…”
“L’objectif demeure de continuer à progresser sur le plan physique et de retrouver cette confiance que j’avais en début de saison.”
Aprilia, cap sur l’avenir
Question : “Penses-tu que le matériel actuel sera suffisant pour rester compétitif jusqu’à la fin ?”
Bezzecchi : “La moto a clairement beaucoup progressé et est désormais très compétitive. Mais on ne doit jamais cesser d’évoluer, même en étant performant, car les adversaires avancent aussi.”
“Nous avons franchi un cap significatif, car auparavant, il y avait des circuits où nous étions en difficulté, alors que maintenant, nous avons su nous adapter. Cependant, ce n’est pas encore suffisant pour se reposer sur nos lauriers.”
Impressions sur le prototype 2027
Question : “Avec les changements techniques prévus pour 2027, notamment l’introduction de nouveaux pneus, quelles sont tes impressions sur le prototype testé ?”
Bezzecchi : “C’est vraiment intéressant. J’ai eu l’occasion de tester la nouvelle moto. Il m’est difficile de partager de nombreux détails car je n’ai pas encore eu assez de temps de conduite.”
“Il faut se réhabituer à tout afin de savoir ce qui fonctionne avec ce nouveau type de pneus. La transition sera sans aucun doute significative.”
Points à retenir
- MotoGP 2026 : Une compétition très serrée, avec seulement 24 points séparant les trois premiers pilotes.
- Marco Bezzecchi surmonte des blessures tout en se battant pour rester dans la course au titre.
- Jorge Martin considéré comme le principal concurrent de Bezzecchi, avec Marquez en permanence sur ses gardes.
- Le besoin constant d’évolution et d’adaptation face aux rivaux et aux conditions de la course.
- Un essai prometteur du prototype d’Aprilia pour 2027, bien que des défis subsistent sur le plan des pneus.
En guise de réflexion, il est fascinant de voir comment les pilotes naviguent entre des performances optimales et des défis personnels, tout en sachant que chaque course peut changer la dynamique de la saison. Je me demande où nous en serons après Misano, alors que la tension monte et que le public attend avec impatience les prochains affrontements. La passion du MotoGP est indéniablement présente, et chaque pilote doit non seulement se mesurer aux autres, mais aussi à lui-même.
