
Plusieurs pilotes de renom de la scène moto et figures emblématiques du Grand Prix local envisagent de décliner les invitations lancées par le Comité d’Organisation du Grand Prix de Macao (MGPOC) pour prendre part à l’édition de cette année.
Selon des sources bien informées, ces pilotes, dont certains anciens vainqueurs de l’épreuve, sont mécontents du calendrier provisoire proposé, qui réduirait considérablement le temps de piste alloué aux motos.
Cette réduction des sessions d’entraînement et de qualification est perçue par les concurrents habituels comme un déclin de l’importance de la course dans le programme du GP, une source proche du dossier confiant à notre rédaction.
Le principal point de discorde concerne la programmation. Le MGPOC envisage une seule séance d’essais libres jeudi matin de 7h à 7h45, suivie d’une qualification unique vendredi matin de 7h à 7h30, un warm-up de seulement 10 minutes samedi à 7h15, immédiatement avant la course fixée à 8h.
Un tel agenda est jugé non seulement dégradant pour l’événement, mais aussi potentiellement dangereux, ne laissant pas aux pilotes suffisamment de temps pour appréhender le circuit et ses conditions dans un contexte toujours exigeant.
Depuis la reprise après la pandémie de Covid-19, le Grand Prix moto de Macao a connu plusieurs modifications incluant une réduction progressive des temps de piste, déplorée par les participants. Autrefois, le jeudi comportait deux séances d’essais, une le matin et une l’après-midi, auxquelles s’ajoutaient deux sessions vendredi avec une qualification en fin de journée, et le samedi mêlait warm-up et course en après-midi.
Le MGPOC justifie ces ajustements en invoquant la nécessité de dégager davantage de temps pour les événements FIA désormais présents, dont la nouvelle FIA F4 World Cup, ainsi que la volonté de dissocier la course moto du programme automobile afin d’éviter la dégradation du circuit liée aux accidents de voitures, survenue lors d’éditions précédentes.
Les pilotes expriment cependant une nette préférence pour l’ancien format qui partageait les temps forts de l’après-midi avec les courses automobiles, offrant une meilleure visibilité et un public plus nombreux.
Bien que l’identité précise des pilotes susceptibles de refuser cette annéeée ne soit pas confirmée, des indications laissent penser qu’elle concernerait la majorité des favoris des dernières éditions.
Interrogée sur le risque de voir la course annulée, une source estime que l’épreuve aura probablement lieu mais avec un plateau plus réduit, rappelant la 54e édition de 2022, limitée à quinze pilotes en raison des restrictions sanitaires, et absente des grandes figures du circuit telles que Davey Todd, Peter Hickman ou Michael Rutter.
À la fermeture de cette édition, ni le MGPOC ni l’Automobile General Association Macao-China n’avaient répondu à nos sollicitations.
Points à retenir
- Le calendrier réduit du Grand Prix moto de Macao suscite des inquiétudes auprès des pilotes, qui jugent cette évolution défavorable tant en termes de sécurité que de prestige.
- Les modifications sont en partie expliquées par l’arrivée de nouvelles compétitions FIA et une volonté de séparer les courses moto et auto pour préserver l’état du circuit.
- Le format précédent, plus généreux en temps de piste et organisé en partie l’après-midi, permettait une meilleure visibilité et une plus grande affluence.
- Le risque d’une édition avec un plateau réduit, à l’image de 2022, semble prendre forme si les tensions entre pilotes et organisateurs ne se résolvent pas.
- La course reste toutefois inscrite au programme, même si son attractivité pourrait s’en trouver affectée.
Cette situation soulève une question majeure qui dépasse le cadre de ce seul événement : comment concilier exigences des organisateurs, contraintes réglementaires et attentes des pilotes pour préserver l’âme d’une compétition historique ? Après tout, réduire le temps de piste à ce point, c’est un peu comme demander à un chef cuisinier de préparer un plat gastronomique en 10 minutes chrono… Peut-être que les motos vont finir par devoir se contenter d’un tour de chauffe, histoire de ne pas trop perturber le menu du Grand Prix ! Un pari risqué, mais peut-être pas si improbable…