Interview avec le talent japonais : “Le refus de Honda ? Je n’étais pas prêt. Acosta en freinage m’a vraiment impressionné”. L’idole Miller : “En 2014, son freinage était exceptionnel. J’aimais le voir prendre le dessus au freinage. Je dois améliorer mes qualifications.”
Jerez – Plus je vais interviewer Ai Ogura, mieux ce sera. Venons de deux cultures très différentes, moi, européen-italien-toscane, lui, asiatique du Japon, donc je ne savais pas à quoi m’attendre. Mes questions mêlaient des aspects techniques, émotionnels et personnels.
Sur le personnel: comment décrirais-tu Ai Ogura à un extraterrestre ? Sa réponse : “Mmmh, je ne suis pas intéressé.” Parfait !
À la fin de l’entretien, nous avons partagé quelques plaisanteries et rires, ce qui est prometteur.
Avis important : Il n’y aura pas de questions sur l’avenir d’Ogura chez Yamaha ni sur son départ d’Aprilia, car cela m’a été expressément demandé par Trackhouse.
Tu avais eu un excellent début de saison l’année dernière, puis, à cause d’accidents, tu n’as pas été constant. Te sens-tu plus fort pour cette deuxième année en MotoGP ?
“C’est vrai que j’ai commencé la saison dernière très fort, mais ensuite il y a eu beaucoup d’accidents et de blessures, et cela ne s’est pas passé comme prévu. Même les premières courses étaient un peu étranges. Je ne savais pas vraiment ce que c’était que la MotoGP. En Thaïlande, j’ai terminé à une bonne position, mais ce n’était pas mon vrai potentiel. Cette année, je me sens beaucoup plus à l’aise sur la moto, beaucoup plus fort. C’est normal, c’est ma deuxième année en MotoGP. Nous travaillons très bien avec l’équipe, la moto est compétitive. Nous n’avons fait que trois courses (l’entretien a eu lieu le jeudi de Jerez, ndr), mais nous avons l’impression d’être sur la bonne voie.”
Si tu devais décrire Ai Ogura en 30 secondes à un extraterrestre, comment le ferais-tu ? Et en tant que pilote ?
“Mmmh… Je ne suis pas intéressé à expliquer.”
Qu’est-ce que tu préfères dans ta MotoGP Aprilia ? Accélération, freinage, prise de courbe ?
“Pour aller vite, il te faut tout : freinage, prise de virage, pour l’instant je me sens bien avec toutes les caractéristiques de mon Aprilia.”
Qu’est-ce qui te manque le plus du Japon ?
“Je ne suis pas intéressé à répondre.”
Pourquoi la saison 2023 a-t-elle été difficile ?
“L’accident que j’ai eu avant le début de la saison n’a pas aidé, mais j’abordais aussi les choses de manière incorrecte. Je ne conduisais pas correctement. Vers la fin de 2023, j’ai commencé à comprendre que mon approche sur la moto était fausse et j’ai essayé de changer mon style, mais à ce moment-là, la saison était terminée et ils avaient changé les pneus arrière. Ce fut une année vraiment difficile, mais en même temps, 2023 est probablement l’année où j’ai le plus appris.”

Photo de René Pierotti
As-tu vraiment refusé Honda en MotoGP pour choisir Aprilia en 2024 ?
“J’avais un choix à faire. À ce moment-là, Aprilia performait bien, occupant les premières places, tandis que Honda était en difficulté. Sachant que cela serait mon premier contrat en MotoGP, j’ai finalement décidé d’aller avec Aprilia.”
En 2022, tu avais déjà refusé Honda, n’est-ce pas ?
“En 2022, je luttais pour le championnat et j’étais vraiment proche de le gagner, mais je ne me sentais pas prêt pour la MotoGP, que ce soit en tant que pilote ou personne. C’est tout : je ne me sentais simplement pas prêt.”
Quel pilote t’impressionne le plus en MotoGP ?
“Question difficile. Chacun a un caractère et un style de conduite différent. Peut-être qu’un pilote m’impressionne en freinage, un autre en courbe.”
Donne-nous un exemple de celui qui t’a impressionné en freinage.
“Mmmh (longue réflexion)… Acosta est l’un de ceux qui m’ont vraiment impressionné en freinage.”
Quelle est la meilleure qualité de Marc Marquez ?
“Difficile de n’en choisir qu’une.”
Et ta meilleure qualité ?
“Je suis assez fort à la fin des courses. Probablement cela.”
Qu’est-ce que tu dois améliorer ?
“Mes performances en qualifications.”
Penses-tu qu’Aprilia est la meilleure moto cette année ?
“Pour le moment, oui.”
Es-tu beaucoup apprécié au Japon ?
“Mmmh, évidemment.”
Jack Miller est toujours ton idole ?
“Oui, j’étais un grand fan de lui. En 2014, quand il était en lutte pour le titre en Moto3, son freinage était incroyable. J’aimais le voir doubler au freinage. C’était fantastique.”
Si tu fermais les yeux, quel est le premier souvenir qui te vient à l’esprit en moto ?
“La dernière course !”
Peut-être que cela illustre parfaitement les différences culturelles : la culture orientale est très ancrée dans le moment présent, moins encline à divaguer comme nous, Occidentaux. Le premier souvenir en moto d’Ai Ogura, le jeudi 23 avril 2026, était lié à sa dernière montée sur la moto, très simplement.

Points à retenir
- Ai Ogura continue d’apprendre des leçons précieuses tout en évoluant en MotoGP.
- Il exprime une confiance grandissante pour sa deuxième saison, renforcée par une forte collaboration avec son équipe.
- Les refus successifs de Honda reflètent une prise de décision réfléchie concernant son avenir en MotoGP.
- Les défis de la saison précédente ont été des occasions d’apprentissage pour Ogura, lui permettant d’ajuster son style de conduite.
- L’interview met en avant les différences culturelles qui peuvent influencer la perception et la manière de vivre les expériences en sport.
Il est fascinant de voir comment les différences culturelles se manifestent même dans le monde du sport, et comment des athlètes comme Ai Ogura évoluent dans un environnement aussi exigeant que la MotoGP. Cette discussion sur la professionnalisation, l’accumulation d’expérience et les choix stratégiques ajoute une autre dimension à la carrière de ce pilote prometteur. En tant que passionné de sports mécaniques, cela me fait réfléchir à la manière dont chaque expérience, bonne ou mauvaise, forge les champions de demain.
