mer. Juil 15th, 2026

La priorité de la FIA pour une grande partie de la saison 2024 de Formule 1 a été de s’attaquer à l’utilisation de termes déplacés par les pilotes à la radio et lors des conférences de presse. Le mot fuck, a-t-on clairement indiqué, n’est plus accepté. Toutefois, la position explicite du président de la Fédération Internationale de l’Automobile, Mohammed Ben Sulayem, sur le sujet, laissant entendre qu’il est nécessaire de faire la distinction entre notre sport, le sport automobile, et le rap, n’a pas été formellement inscrite dans les textes jusqu’au 23 janvier dernier. Le nouveau Code sportif international recommande des sanctions spécifiques pour les comportements inappropriés, définis comme des paroles ou des actions qui pourraient raisonnablement être considérées comme “offensantes, insultantes, grossières, rudes ou agressives”, ou menaçantes. Au cours d’une période de deux ans, une première infraction entraînerait une amende de 40 000 € (environ 41 000 $), une deuxième infraction une amende de 80 000 € et une suspension d’un mois, tandis qu’une troisième infraction entraînerait une amende de 120 000 €, une suspension d’un mois ainsi qu’une déduction de points au championnat. Les conséquences d’une quatrième infraction restent floues.

À première vue, l’idée qu’une ligue sportive professionnelle crée un système de sanctions pour jurons semble absurde. Néanmoins, bien que les instances dirigeantes aient souvent des comportements inattendus basés sur des hypothèses déconcertantes, il reste difficile de comprendre comment trois jurons en deux ans pourraient être considérés comme plus dommageables pour le sport que la suspension d’un pilote, comme, par exemple, le célèbre Max Verstappen, connu pour son franc-parler, pendant un mois. En effet, la sanction officielle infligée à Verstappen pour ses propos inappropriés à Singapour l’année dernière a été de réaliser des travaux d’intérêt général. De son côté, Charles Leclerc a écopé d’une amende de 10 000 € pour avoir utilisé un langage inapproprié au Mexique, dont la moitié a été suspendue pendant un an.

Cependant, il faut noter que toute confusion à ce sujet repose sur l’idée que ce changement de règles a été fait dans l’intérêt du sport. En effet, les implications d’une suspension d’un mois pour avoir proféré un “fuck” pâlissent en comparaison de la même structure de sanction pouvant s’appliquer à “tout mot, acte ou écrit ayant causé un préjudice moral ou une perte à la FIA, ses organes, ses membres ou ses dirigeants, et plus généralement à l’intérêt du sport automobile et aux valeurs défendues par la FIA”. En d’autres termes, la majorité, voire la totalité, des critiques venant des pilotes à l’encontre de la FIA en général – et de Ben Sulayem en particulier – peuvent être sanctionnées. Ce système de sanction pour jurons n’est qu’une partie d’une répression plus large sur l’expression des pilotes, ce qui isole davantage l’organe directeur du sport de toute forme de contrôle ou de critique élémentaire.

Ces nouvelles réglementations surviennent après que la FIA a modifié plusieurs statuts régissant ses comités d’éthique et d’audit en décembre. Ces comités avaient précédemment ouvert des enquêtes sur des allégations selon lesquelles Ben Sulayem aurait influencé certaines courses en 2023, ainsi que sur les finances de son bureau privé et l’établissement supposé d’un “fonds du président” financé par des parties votant pour la présidence de la FIA. Différentes personnes impliquées dans ces enquêtes, comme l’ancien PDG, l’ancien responsable du comité d’audit et l’agent de conformité qui reportait au comité d’éthique, ont soit quitté la FIA, soit été limogées. Selon la BBC, les nouveaux statuts exigeraient l’approbation du président du Sénat de la FIA pour ouvrir toute enquête et permettraient au président de la FIA, à savoir Ben Sulayem, de contrôler la nomination du responsable du comité d’éthique. Le président du Sénat de la FIA est Carmelo Sanz De Barros, un membre de l’équipe de direction de Ben Sulayem.

Dans une certaine mesure, la répression de l’expression des pilotes n’est pas nouvelle et précède déjà le mandat de Ben Sulayem. Peu après que Lewis Hamilton ait spécifiquement pas été enquêté pour avoir porté un t-shirt sur le podium affichant “Arrest the cops who killed Breonna Taylor” après sa victoire au Grand Prix de Toscane en 2020, la FIA avait modifié son règlement vestimentaire pour imposer que les trois premiers pilotes doivent porter leurs combinaisons zippées jusqu’au cou après la course. Une autre étape du mandat de Ben Sulayem à la présidence de la FIA a été marquée par un long bras de fer, principalement avec Hamilton, concernant la permission faite aux pilotes de porter des bijoux dans le cockpit.

Cependant, ces nouvelles règles apparaissent clairement comme les restrictions les plus flagrantes et étendues qui touchent chaque pilote, en particulier le Champion du Monde en titre. Selon la BBC, elles s’appliquent également aux directeurs d’équipe de F1. L’Association des pilotes de Grand Prix, syndicat des pilotes de F1, déclare actuellement n’avoir “aucun commentaire à ce sujet pour le moment”. Si des changements de règles devaient avoir lieu, cela dépendrait des actions de l’Association des pilotes de Grand Prix et des pilotes, qui avaient un soutien non officiel derrière Verstappen lors de la saga des jurons initiale. En définitive, les pilotes pourraient bien être les seuls acteurs avec une influence dans ce contexte dont les intérêts principaux demeurent le bien-être de la F1 en tant que discipline sportive compétitive, plutôt qu’une simple entreprise lucrative et glamour.

Bon à savoir

  • Le Code sportif international stipule que la première infraction entraîne une amende de 40 000 €.
  • La FIA a récemment modifié plusieurs statuts régissant ses organes d’éthique et d’audit, augmentant ainsi son contrôle interne.
  • Les sanctions pour jurons s’étendent également aux directeurs d’équipe, ce qui pourrait avoir des implications pour la communication au sein des écuries.


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3 thoughts on “Qui profite des nouvelles règles de la F1 ?”
  1. Ces nouvelles règles semblent étouffer l’expression des pilotes, à l’image d’un nuage masquant le soleil. Espérons que leur voix retrouvera bientôt son éclat au sein de la F1.

  2. Ces nouvelles règles de la FIA semblent un peu extrêmes. Est-ce vraiment ainsi que l’on doit gérer la communication dans un sport aussi passionnant que la F1 ?

  3. Les nouvelles règles de la FIA semblent restreindre la voix des pilotes, un rappel poignant de l’importance de l’expression dans le sport. La créativité doit s’épanouir librement.

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